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Entretien avec Béatrice Bourges : L’homoparentalité en question


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Entretien - mercredi 09 septembre 2009

homosexualite, livres
homoparentalitéEntretien avec Béatrice Bourges
Présidente de l’association pour la protection de l’enfance
http://www.protection-enfance.fr/

1) Le gouvernement envisage de refaire voter le Parlement au sujet du "statut du beau-parent". Vous craignez que cela n'ouvre la porte à "l'homoparentalité". Pouvez-vous nous dire pourquoi ?

Ce projet permet d’associer sans nécessité le tiers à l’autorité parentale sous prétexte qu’il vit avec l’enfant et un de ses parents. La fonction parentale est ainsi réduite à un investissement affectif envers l’enfant. La définition du parent se trouve déconnectée de son fondement biologique qui est l’engendrement de l’enfant, réel ou symbolique dans le cas des enfants adoptés notamment. Il devient possible d’appeler parent toute personne qui s’investit auprès de l’enfant sans référence à l’altérité sexuelle des parents.
Le projet, à plusieurs reprises, remplace dans le Code civil les mots « père et mère de l’enfant » par le mot « parents », en lui-même asexué. Le projet introduit ainsi dans le Code civil l’homoparentalité en privant la société française du débat auquel elle a droit sur ce sujet.

2) Un enfant adopté ne serait-il pas mieux dans un couple homosexuel stable que dans un couple hétérosexuel qui se déchire?

Cette question est biaisée et hétérophobe ! Elle sous-entendrait qu’un couple homosexuel est toujours stable et qu’un couple hétérosexuel, par définition, doit se déchirer…

Les statistiques prouvent que les couples homosexuels se séparent beaucoup plus que les couples hétérosexuels. Ce n’est pas très « politiquement correct » mais c’est la vérité ! La durée moyenne du mariage chez les homosexuels est de 3 ans ou moins pour 70% d’entre eux.

Un enfant confié à un couple homosexuel a donc plus de chance de voir ce couple se déchirer que s’il est confié à un couple hétérosexuel.

3) Vous dites que l'amour ne suffit pas. Pourriez-vous nous expliquer ce  que vous entendez par là ?


L’homoparentalité garantit la tendresse, ce qui est important. Mais la structuration psychique de la personnalité demande autre chose. Le complexe d’Œdipe, par exemple, repose sur une triangulation entre l’enfant, son père et sa mère.

Il n’est pas question ici de mettre en cause la réalité de l’amour homosexuel et de l’amour que deux « parents » homosexuels pourraient porter à un enfant. Mais aimer un enfant est une chose, aimer un enfant d’un amour structurant en est une autre. Les parents ne sont pas que des éducateurs.  C’est la psychanalyse qui nous l’enseigne : la conscience de la différence sexuelle et de la différence de génération est indispensable à la structuration psychique de l’enfant et, par le seul fait de l’existence de ses parents, il reçoit ces deux fondements. Il est essentiel qu’un enfant puisse se représenter d'où il vient. On ne se construit qu'en se différenciant, ce qui suppose de savoir d'abord à qui l'on ressemble.

Grâce à la différence sexuelle de ses parents, l’enfant sait qu’il est issu de leur relation. Les enfants adoptés, eux aussi, bien que leurs parents ne soient pas leurs géniteurs, se savent issus de l’amour et du désir de leurs parents. L’enfant a besoin de savoir qu’il est issu d’un homme, son père, qui a aimé une femme, sa mère, et s’est uni à elle.

Dans son développement, l’enfant connaît aussi un besoin d’identification et de différenciation et, grâce à cela, il découvre son identité : le petit garçon se sent homme comme son père, la petite fille se sent femme comme sa mère. 

Enfin, l’enfant a besoin d’une généalogie claire et cohérente pour se positionner en tant qu’individu. Il peut ainsi se situer dans la chaîne des générations.

Depuis des millénaires, le système sur lequel est fondée notre société est une généalogie à double lignée, celle du père et celle de la mère. Cette pérennité garantit à chaque individu de trouver sa place dans le monde dans lequel il vit, car il sait d’où il vient.

4) On lit souvent des statistiques sur la stabilité psychologique des enfants élevés dans des "couples" homosexuels. Vous semblez contester ces chiffres. Pourquoi ?

En premier lieu, pour obtenir des résultats aussi rigoureux que possible, il aurait fallu distinguer différentes catégories d’enfants, notamment ceux adoptés par des « couples » homosexuels avant l’âge de quatre ans, et ceux adoptés après l’âge de quatre ans car la construction de l’identité sexuelle se fait précisément à cet âge charnière.

Le nombre de personnes interrogées est très faible. Dans la grande majorité des cas, l’échantillon consulté n’est pas constitué par tirage au sort mais par candidature volontaire. Les questions posées concernent, dans presque tous les cas, les enfants pré-pubères.

Ce ne sont pas les enfants eux-mêmes qui sont interrogés mais très souvent leurs « parents », Des études, telles que « Ce n’est pas pareil », réalisées par des universitaires espagnols, montrent les conséquences subies par les enfants du fait d’être élevés par des «couples » homosexuels. On retient notamment des problèmes psychologiques, en particulier la faible estime de soi, le stress, l’insécurité quant à leur vie future et quant à leur crainte d’avoir des enfants, des troubles d’identité sexuelle et des troubles de conduite (dépendance de la drogue, dysfonctionnement dans la conduite alimentaire et échec scolaire).

5) Une bonne partie du dossier sur "l'homoparentalité" concerne la sémantique, pouvez-vous nous en parler ?

Le choix des mots a un poids considérable dans ce débat et ceux qui sont utilisés par les militants gays ne sont jamais pris au hasard.

Le recours abusif aux termes de « père », « mère », « parents » ou « mariage » pour désigner des situations qu’ils n’ont pas vocation, par définition, à englober, a pour effet un affaiblissement du sens de ces mots qui ne parviennent plus, aujourd’hui, à exprimer le sens profond et très précis qui est le leur et qu’ils doivent conserver.

Un père est la personne masculine lié à l’enfant par une relation de filiation et non seulement d’éducation. Une mère est la personne féminine liée à l’enfant par une relation de filiation et non seulement d’éducation.

Le mariage n’est pas que la « reconnaissance sociale de l’amour », mais l’institution d’une famille au sens juridique du terme, c’est-à-dire une cellule qui crée une relation de filiation directe entre ses membres. Au-delà de la vie commune de deux personnes, il organise la vie d’une Communauté composée de descendants et d’ascendants. C’est un acte d’engagement fondamental dans la construction et la stabilité des individus et de la société.

Béatrice Bourges
L’homoparentalité
en question
Et l’enfant
dans tout ça ?

Éd. du Rocher


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