Rouxel Jean - mercredi 19 novembre 2008
parti-socialiste
À l’heure où j’écris ces lignes, le nom du nouveau Premier secrétaire du Parti socialiste n’est pas encore connu. Selon toute vraisemblance, à l’heure où vous les lirez, ce sera chose faite.
Mais, dès maintenant, nous pouvons tirer des conclusions du congrès de Reims, qui s’est achevé dimanche 16 novembre.
La première chose, qui saute aux yeux, tient à l’absence de consensus entre militants et chefs du PS sur la ligne politique. La question de l’alliance électorale avec le modem a été au cœur des discussions. Mais, plus profondément, il s’agit de savoir si le PS choisit la voie de la social-démocratie ou celle de la « rupture avec le capitalisme ».
À chaque fois qu’un observateur fait cette remarque, les chefs du parti répondent, agacés, qu’ils ont opté pour le marché depuis trente ans. Le problème, c’est que l’économie de marché ne fonctionne que sous le régime de la liberté et de la responsabilité. Être pour l’économie de marché et, simultanément, pour le durcissement des contraintes tatillonnes de l’administration ou pour l’augmentation des charges sur les entreprises, c’est à peu près aussi cohérent qu’être favorable à la décroissance en roulant en 4*4 !
Le principal problème du PS est donc un problème de stratégie. Soit il veut rompre avec le capitalisme (c’est encore ce que les trois candidats au poste de Premier secrétaire laissaient miroiter aux militants ce week-end…) ; soit il opte, comme la plupart de ses homologues européens, pour la social-démocratie.
En attendant, je ne crois pas qu’il faille se réjouir du désastre du PS. Toute démocratie a besoin d’une majorité et d’une opposition dont les idées soient clairement différenciées. On peut déplorer le clivage droite-gauche (c’est mon cas), mais il se trouve que notre système politique ne peut fonctionner correctement qu’avec lui.
C’est pourquoi les ouvertures à gauche de l’UMP sont regrettables. Mais l’absence d’un PS efficace et responsable est plus grave encore : faute d’une opposition crédible, la seule véritable opposition devient évidemment celle de Besancenot. Si le choix est entre Sarkozy et Besancenot, dans un premier temps c’est bon pour la droite. Mais, à terme, l’alternance jouera comme elle a toujours joué. Et elle sera donc trotskiste, ce qui n’est pas une perspective plaisante…
Le PS est dans un sale état et je m’en réjouirais si cela signifiait la fin du socialisme ; mais si cela signifie, comme je le crains, que l’ultra-gauche est désormais hégémonique à gauche, je ne vois pas de quoi se réjouir !
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