actualité france, politique, journal de droite. Les 4 vérités Hebdo img, caricatures actualité, dessins L'actualité Française
vue de droite libérale

Offre gratuite !

La version papier :
pendant 4 semaines dans
votre boite aux lettres
Cliquez ici

Les fous furieux de Géorgie


envoyer cet article à un ami
Imprimer cette page


Voter pour cet article
48 VOTES
1661 LECTURES

Lance Pierre - mercredi 27 août 2008

russie
carte Ossétie du SudSelon certaines rumeurs, le président géorgien Mikhaïl Saakachvili serait une marionnette dans la main de George Walker Bush. Est-ce à dire que Bush serait parvenu à trouver un chef d’État plus sot que lui ? J’ai vraiment peine à le croire. Et pourtant, ne fallait-il pas se conduire comme le dernier des idiots pour lancer, le 8 août dernier, une bordée de missiles sur les troupes séparatistes d’Ossétie du Sud, soutenues depuis des années par Moscou, tout comme les séparatistes d’Abkhazie.

Comment Saakachvili a-t-il pu croire un instant que les Russes allaient le laisser faire, et s’imaginer que les Américains et les Européens allaient prendre le moindre risque pour aider sa folle entreprise ? Un tel abîme d’imbécillité est à vous donner le vertige. Au point que l’on peut se demander si Saakachvili n’est pas la marionnette de Poutine plutôt que celle de Bush. Parce qu’il a vraiment rendu un fameux service au nouveau maître du Kremlin, en lui offrant sur un plateau d’argent le prétexte idéal d’une intervention militaire directe à laquelle Moscou rêvait depuis longtemps.

Tout cela serait risible si des populations civiles désemparées ne faisaient, des deux côtés, les frais de ces bombardements à l’aveuglette ainsi que des exactions de milices incontrôlables. La vie humaine ne vaut pas cher dans le Caucase.

Ce qui me frappe dans cette sombre affaire, c’est que personne ne se soucie de savoir qui est ce peuple des Ossètes et ce qu’il veut vraiment. C’est un peuple qui habite ces montagnes caucasiennes depuis de nombreux siècles et il est considérés par les historiens comme celui des derniers descendants des fameux Scythes, qui eurent jadis leur heure de gloire et qui édifièrent une brillante civilisation au IVe siècle av. J.-C. Les Ossètes, qu’ils soient du Nord ou du Sud, sont très conscients de leur unité.

Ils ont conservé leur langue ainsi qu’une culture très particulière, mélange de christianisme, de paganisme et de vieilles traditions scythes.
La plus curieuse de ces traditions est la vénération de la chaîne à laquelle on accroche le chaudron de nourriture au-dessus du foyer de la cheminée (équivalent de ce qui était chez nous la crémaillère, d’où l’expression que nous avons gardée : « pendre la crémaillère » lors de l’inauguration d’un nouveau logement).

Mais chez les Ossètes, ce symbole du foyer familial est si fort que les hommes prêtent serment sur cette chaîne et que les jeunes filles s’inclinent devant elle lorsqu’elles quittent la maison parentale pour se marier. Aujourd’hui, les Ossètes sont divisés de part et d’autre de la chaîne montagneuse qui sépare la Russie de la Géorgie, comme les Basques le sont de part et d’autre des Pyrénées entre l’Espagne et la France.

C’est le drame historique de tous les peuples montagnards, car « leur » montagne et ses contreforts sont pour eux le domaine unitaire de leur patrie originelle, alors que, pour les grands États voisins, ils sont considérés au contraire comme une frontière naturelle.
La crise actuelle pourrait fort bien se résoudre si l’on organisait un référendum en Ossétie, au nord comme au sud, car il est probable que les Ossètes voteraient massivement pour une république indépendante. Il n’est d’ailleurs pas impossible que les Russes soient plus favorables à cette idée que les Géorgiens.

Je lis de tous côtés de nombreux commentaires désapprouvant l’action des Russes. Qu’elle ait été brutale sur le terrain, cela ne fait guère de doute, parce que toutes les armées sont brutales par définition, surtout lorsqu’elles comportent une forte proportion d’alcooliques.
Mais au niveau de la politique internationale, je ne peux pas donner complètement tort aux Russes, car ils avaient besoin de montrer qu’ils sont encore une grande puissance et que les Occidentaux, surtout les Américains, ne peuvent pas impunément marcher sur leurs plates-bandes et réduire comme une peau de chagrin leur sphère d’influence.

Pour autant, je ne crois pas que Vladimir Poutine tienne à envenimer les choses. Et comme Bush, qui va bientôt quitter la Maison-Blanche, n’y tient sans doute pas non plus, la crise va probablement s’apaiser. À moins que l’ineffable Saakachvili ne fasse quelque autre sottise…

Source de l'illustration : AFP via Varmatin


Promouvoir cet article

30 commentaires - Ecrire un commentaire


Recevez gratuitement
la version papier,
pendant 4 semaines !

Cliquez ici

En bref
M6 replay
 Le site de « télévision de rattrapage » que M6 a mis en place totalise plus de 1,3 million de visiteurs mensuels qui regardent au total 7 millions de vidéos…

Medias
Orange > L’opérateur de télécommunications Orange s’est lancé sérieusement dans la télé en proposant une offre satellite qui touche 24 millions de foyers depuis le début du mois de juillet (deux fois plus que n’en touchait l’opérateur avec son offre de télévision par ADSL). Il rompt ainsi un quasi-monopole qu’exerçait le groupe Canal+ sur la télévision par satellite (depuis le rachat de TPS par CanalSat en 2005) : 300 chaînes dont 58 en exclusivité. Cependant, malgré l’impressionnante force de frappe financière du nouvel acteur, la mise en place d’une télévision alternative n’est pas assurée : on estime par exemple que la grille de Canal+ coûte 1,3 milliard d’euros par an, alors qu’Orange n’envisage pour le moment qu’un investissement de 200 millions d’euros annuels dans le contenu télévisuel…

Vidéo > 40% de la « consommation vidéo » des jeunes de 13 à 24 ans passe désormais par des canaux alternatifs à la télévision (DVD, vidéo gratuite ou payante sur internet, téléphone mobile ou vidéo à la demande sur décodeur de télévision).

Pub > Les investissements publicitaires à la télévision ont chuté de 4,8 % au deuxième trimestre, aux États-Unis.

Bertelsmann > Le groupe allemand de médias emploie près de 100 000 personnes et réalise près de 20 milliards d’euros de chiffre d’affaires pour un bénéfice net de 400 millions d’euros…




Plan du site