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Lambert Christian - lundi 06 octobre 2008

sarkozy, economie
Les 4 Vérités exigeant la rigueur, je voudrais en premier lieu corriger deux petites erreurs que j’ai relevées dans le n° 659, « Religion et politique : la visite du pape en France ». J’ai écrit que la gauche contrôlait toutes les régions sauf une. En réalité, deux régions ne sont pas encore à gauche : l’Alsace et la Corse.
S’agissant de la Révolution de 1789 et de ses crimes, une faute de frappe m’a fait écrire : « Comme il ne fallait pas publier ce sinistre passé ». En réalité, il fallait lire : « Comme il ne fallait pas oublier ce sinistre passé ». Le lecteur, je l’espère, aura rectifié de lui-même.

J’en arrive maintenant à mon propos.

En France, il faut savoir attendre : chez le boulanger, chez le dentiste, ce qui est moins agréable. À la Poste aussi, surtout si un usager d’origine inconnue, occupe un guichet pendant dix minutes pour retirer cinq euros. On vous dit alors : « Monsieur, soyez moderne. Utilisez la machine là, tout près. Elle est faite pour vous. » Hélas, hélas, hélas ! la machine est en panne.

Il faut prendre les transports en commun. D’accord. Pas de voiture à CO2. De toute façon, on ne peut plus stationner dans les grandes villes. La pagaille y est organisée. Prenons donc le métro. Malheureusement, on entend souvent dans le métro : « Par suite d’un mouvement social, la durée d’attente est indéterminée. » Que faire ? Rien de plus simple. Circuler en trottinette.

Pour le TGV, c’est plus compliqué. Il est nécessaire, bien sûr, d’acheter un billet. Pas de problème ? Faux. Il faut s’y prendre largement à l’avance. Attendre son tour à l’agence de la SNCF, puis, le tour venu, attendre encore. Et attention, les tarifs varient en fonction du jour, de l’heure et peut-être de la température. On attend donc que l’ordinateur ait fait le calcul. Un peu comme si on négociait un contrat important. Et puis, après l’attente : « Place 36, voiture 9. Rompez ! – Merci, Madame. J’espère que la SNCF ne sera pas en grève le jour de mon départ. »

En matière de circulation automobile, c’est pire. La grande transhumance estivale – en langage châtié, on dit la « césure estivale » – donne lieu chaque année à quelque 900 km de bouchon chaque jour, des heures d’attente, des tonnes de CO2, des millions d’euros partis en fumée. Au retour, même chose. Si, par inadvertance, pendant cette transhumance, vous appelez M. Dupont, la secrétaire vous répondra : « Désolée, M. Dupont est en congé, rappelez la semaine prochaine. » On rappelle donc et on entend : « Désolée, M. Dupont vient de rentrer de congé. Il est littéralement débordé. Rappelez la semaine prochaine… » Les Français sont en effet soit en congé, soit débordés. C’est là un langage que je n’ai jamais entendu en Extrême-Orient, jamais. Les résultats sont là. Les cigales à l’Ouest, les fourmis à l’Est.

Si vous allez dans une grande surface, il faut attendre aussi, bien chercher pour découvrir un vendeur pour cette raison que les entreprises écrasées d’impôts et de charges, engagent le moins de personnel possible, ce qui contribue au chômage qui lui-même est générateur de déficit. C’est l’un des aspects du système vicieux qui sévit notamment en France et qu’on appelle le socialisme avec ses deux variantes : le socialisme de gauche et le socialisme de droite.

Mais il s’agit là d’attentes brèves et moyennes. Il y a aussi les attentes longues. Celles qui se comptent en années. En matière judiciaire, le minimum d’attente est de trois ans. Je connais le cas d’un dégât des eaux classique dans un appartement : une attente de six ans, un dossier de 6 kg chez le plaignant, 6 kg chez chacun des avocats, 6 kg chez le juge, soit 24 kg, pour une affaire d’importance secondaire qui aurait dû être jugée en six mois.

Venons-en maintenant à une autre attente longue, celle d’un président de la République pondéré, à la vie privée irréprochable, économe de ses discours, tenant ses promesses, remboursant la dette de l’État, mettant fin aux déficits, parvenant à l’immigration zéro et au renvoi d’où ils viennent des clandestins – 500 000 – et donc diminuant les prélèvements obligatoires. Souvenez-vous : « Je serai le président du pouvoir d’achat. Je baisserai de 4 points le taux des impôts. » Promis, juré ! Bref, un chef d’État efficace et respecté. Chers lecteurs, je ne veux pas vous faire de peine, mais je dois vous dire que, là, vous pouvez attendre très longtemps.

À ce propos, quelques mots encore. La formidable crise financière qui fait des ravages à travers le monde est une aubaine non moins formidable pour notre président. Ainsi pourra-t-il nous dire : « J’étais bien décidé à tenir mes promesses et à diminuer vos impôts mais c’est la crise qui m’en empêche. Je suis désolé ! » « C’est la faute à Rousseau, c’est la faute à Voltaire. » C’est là, bien sûr, des propos fallacieux, l’une des multiples facettes de l’hypocrisie officielle. Crise ou pas crise, les impôts, qui ont déjà augmenté depuis un an, augmenteront encore en raison de la grande faiblesse économique de la France, de son très lourd endettement, un pays où l’on ne travaille pas assez – les 35 heures –, où les prélèvements obligatoires sont les plus lourds du monde et qui abrite au moins 10 millions d’immigrés, en majorité assistés.

Ce que je veux dire, c’est que tout est fait pour compliquer la vie des Français. 30 ans de démagogie, voilà ce que cela donne.

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