Milliere Guy - jeudi 07 janvier 2010
obama, economie
Lorsqu’une année s’achève, il est toujours utile de faire un bilan et de tracer des perspectives. Commençons par le bilan.
L’année 2009 aura été celle où une « crise », que certains décrivaient comme potentiellement pire que celle de 1929, se sera révélé n’être qu’un accident de parcours, un simple épisode parmi d’autres de ce que Joseph Schumpeter a défini comme la « destruction créatrice » inhérente au dynamisme capitaliste.
Des entreprises ont périclité, d’autres ont prospéré, des banques ont déposé leur bilan, d’autres ont grandi et fait des profits, de l’argent virtuel a disparu, de l’argent virtuel a été gagné. Le chômage s’est accru ici ou là. Des gouvernements se sont endettés au-delà du raisonnable. Mais, dans aucun pays développé, on n’a vu des millions de gens tomber brutalement dans la misère absolue.
La grande révolution technologique et la recomposition du monde qui sont au centre de mon dernier livre, « La septième dimension », se poursuivent.
Certains économistes ont su raison garder, ainsi Thomas Sowell, ou John B. Taylor. D’autres ont dit n’importe quoi. Il est regrettable qu’en France, on écoute essentiellement ceux qui disent n’importe quoi.
L’année 2009 aura vu aussi l’arrivée au pouvoir d’un nouveau Président des États-Unis, dans un contexte d’extase planétaire et d’idolâtrie délirante. Après une ascension d’une rapidité sans précédent, ce nouveau Président a commencé une dégringolade, également d’une rapidité tout aussi inédite. Le peuple américain, en proportion croissante, montre qu’il regrette son erreur. Les dictateurs de tous les continents ont déjà pris la mesure du personnage. Il n’y a guère qu’en Europe qu’on trouve encore des qualités extraordinaires à un homme qui restera sans doute dans l’histoire comme l’un des pires parmi tous ceux qui ont occupé la Maison blanche.
J’ai, bien avant l’élection, décrit en divers articles le vrai visage d’Obama, et j’aurais préféré me tromper. Divers politologues outre-Atlantique ont fait leur travail, de Bill Kristol à Charles Krauthammer. Les grands médias américains n’ont, eux, pas fait le leur et ont perdu une large part de leur crédibilité.
Là encore, en France, d’une manière quasiment hégémonique, les commentateurs se sont situés non pas du côté des politologues qui ont fait leur travail, mais du côté des grands médias qui n’ont pas fait le leur. C’est consternant et terriblement significatif.
L’année 2009, enfin, aura vu, du côté des très mauvaises nouvelles, se confirmer l’avancée de l’Iran islamique vers l’arme nucléaire et vers une férocité dictatoriale de plus en plus obscène. Elle aura également vu s’accroître la déstabilisation de l’Afghanistan et du Pakistan par les talibans. Voici les fruits amers du comportement inepte de l’administration en place à Washington.
Du côté des bonnes nouvelles, on peut placer l’échec du sommet de Copenhague : la prétention de certains à utiliser la falsification des données scientifiques pour faire avancer une confiscation planétaire de la liberté d’entreprendre est durement atteinte, même si elle n’est pas morte.
Sur la base de ce bilan, les perspectives peuvent être aisément énoncées. L’économie planétaire va poursuivre son redémarrage : plus vite en certains lieux, bien moins vite en d’autres, la France risquant fort d’être dans la seconde catégorie. Les États-Unis devraient voir s’opérer en novembre un changement de majorité à la Chambre des représentants et peut-être au Sénat : Obama ne pourra plus compter sur un Congrès acquis à sa cause, ce qui limitera les dégâts. Si le projet de réforme du système de santé a été une victoire temporaire pour Obama et ses compères, c’est une victoire à la Pyrrhus.
La déstabilisation de l’Afghanistan et du Pakistan risque de s’accroître encore : en s’obstinant à ne pas donner à l’armée de son pays les moyens qu’elle demandait et en annonçant un retrait dès 2011, Obama a tout fait pour qu’il en soit ainsi.
Le dossier iranien sera au cœur de toutes les préoccupations : Obama, pour l’heure, pratique le défaitisme actif, comme les Européens. Le gouvernement israélien sait qu’un Ahmadinejad disposant de la bombe serait un péril mortel. Et le peuple iranien, abandonné de tous, continue à s’insurger contre un régime que tous les peuples civilisés devraient souhaiter révolu…
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