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2010 : triste bilan – 2011 : sombres perspectives


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Milliere Guy - mardi 11 janvier 2011


Une année vient de s’achever. Une autre commence. De multiples rétrospectives ont été effectuées dans les grands médias. Des prévisions ont été énoncées. Je vais ici, comme je l’ai déjà fait plusieurs fois, tenter de souligner ce qui me semble devoir être retenu de l’année achevée. Je passerai ensuite à ce qu’on peut attendre de l’année qui vient.

Le fait marquant de 2010, en Europe, a été, à mes yeux, la crise de l’euro. Celle-ci a vérifié ce que tous les économistes dignes de ce nom disaient depuis le lancement de la monnaie unique. La Grèce n’a pas été placée en dépôt de bilan, l’Irlande non plus. Mais les coûts seront immenses pour tous les pays membres de l’Union européenne et pour leurs citoyens. La Grèce et l’Irlande sont face à des dettes qui ne pourront jamais être remboursées et vont s’enfoncer dans une stagnation et une baisse du niveau de vie qui ne sont, sans doute, que le commencement d’une douleur destinée à se propager, bientôt, ailleurs, au Portugal, puis en Espagne. Ensuite ? Je laisse un point d’interrogation. J’ai dit que l’euro serait sauvé. Cela ne signifie pas du tout que l’UE et ses populations le seront.

À l’échelle planétaire, le fait marquant a été – seuls les Français qui s’informent uniquement avec la presse française et pensent peut-être encore que le nuage de Tchernobyl s’est arrêté à la frontière allemande, l’ignorent sans doute – l’immense échec de Barack Obama en politique intérieure et en politique extérieure.

À l’intérieur, l’endettement des États-Unis a été démultiplié, les files du chômage s’allongent et la pauvreté se propage.
À l’extérieur, l’axe Moscou-Pékin-Téhéran s’est renforcé et pose des jalons du côté de l’Amérique latine et de l’Afrique subsaharienne. La Turquie a basculé largement vers l’islam radical. L’Otan est sur le chemin de l’impuissance.
Jamais un Président américain n’aura fait autant de dégâts en aussi peu de temps. Tous les ennemis de la liberté économique et politique l’adorent : inutile de demander pourquoi.

Je note, dans ce rapide tableau d’ensemble, un seul point positif : la mort des théories du « réchauffement global » partout sur la planète, sauf en Europe, et tout particulièrement : sauf en France où, disais-je, des gens pensent sans doute encore, grâce à des journalistes « intègres », que le nuage de Tchernobyl s’est arrêté à la frontière allemande.

Ce qui devrait marquer 2011 peut se déduire aisément de ce que je viens d’écrire. La crise de l’euro va s’accentuer. La douleur ressentie en Grèce et en Irlande va se propager : elle est déjà, en fait, très présente au Portugal et en Espagne. Il serait étonnant qu’elle épargne l’Italie, la Belgique et la France. Ceux qui ont aimé les émeutes de 2010 vont probablement adorer celles de 2011. Mais l’euro vivra, oui, l’UE aussi. Une fuite en avant constructiviste ne s’arrête que lorsque tout s’effondre autour d’elle. Nous n’en sommes pas encore tout à fait là.

Aux États-Unis, Obama devra choisir : se renier et adopter une attitude à la Clinton, ou persister et finir comme Carter. C’est un dogmatique, je l’ai dit. Mais il peut aussi faire l’impasse sur les deux années qui le séparent de 2012 pour tenter d’être réélu, de disposer à nouveau d’un Congrès à sa botte et donner alors le coup de grâce aux États-Unis d’Amérique. Je le pense capable de tout, spécialement du pire. C’est aux Républicains de montrer qu’ils sont dignes de l’épreuve qui les attend. C’est aux Tea parties de rester mobilisées.

Sur la planète, l’axe Moscou-Pékin-Téhéran se renforcera encore. Les ennemis de la liberté économique et politique gloseront sur un déclin américain inéluctable en se pâmant d’aise avant d’aller se vendre au dictateur le plus offrant. Ils parleront de l’ascension irrésistible de la Chine : c’est normal, c’est la plus grande dictature de la planète et elle a accumulé des réserves de change.

En France, on parlera toujours de « réchauffement global ». L’ONU organisera toujours des conférences sur le climat et, à ses moments perdus, cultivera l’antisémitisme et la propagation des thèses de l’Organisa­tion de la Conférence Islamique. Ceux qui ont apprécié Durban I et Durban II vont pouvoir assister en septembre 2011 à Durban III, à New York. Quel meilleur moyen de fêter le dixième anniversaire des attentats du onze septembre ?

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En bref
Intégration
68 % des Français et 75 % des Alle­mands jugent que les mu­sulmans sont mal intégrés.

Chiffres significatifs
Parlement > Alors que les États-Unis comptent un représentant pour 696 000 habitants, la France compte un député pour 110 000 habitants et même un élu pour 104 habitants…

Crédits > En 2010, les banques françaises ont accordé 3,6 % de crédits de plus qu’en 2009 (où elles avaient déjà accordé 2,7 % de crédits de plus qu’en 2008).

Réserves > On estime que le Bassin parisien contient 65 milliards de barils de pétrole brut. L’ensemble du territoire en recélerait 200 milliards. Toute la question est de savoir à quel coût on pourrait les extraire !…

Autoroute > Chypre est le pays d’Europe qui comprend le plus de kilomètres d’autoroutes par million d’habitants : 326, loin devant la moyenne de l’Union européenne (132). Si on rapporte le nombre de kilomètres d’autoroutes non plus à la population, mais à la superficie du pays, les Pays-Bas passent en tête avec 62 kilomètres d’autoroute par millier de kilomètres carrés (la moyenne de l’UE se situant à 15). La France, quant à elle, compte 177 km d’autoroutes par million d’habitants et 20 par millier de kilomètres carrés.

Congrès > Les 535 élus du nouveau congrès américain sont pour 56,8 % d’entre eux protestants (alors que ces derniers représentent 51,3 % de la population), pour 29,2 % catholiques (23,9 % de la population), pour 7,3 % juifs (1,7 % de la population), pour 4,3 % des chrétiens d’autre dénomination (3,3 % de la population), pour 1,1 % des athées (0,8 % de la population)…




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