Bonnal Nicolas - vendredi 30 décembre 2011
Même Giscard, homme-lige en son temps de la mondialisation et de la Trilatérale, s’est mis à dénoncer la conspiration en direct à la télé, devant bien sûr des journaleux hilares… 2011… Je n’avais pas vu d’année aussi corrompue depuis longtemps, sans doute depuis la fin des années 90, qui virent la formation de la bulle internet, l’émergence du monde des manipulateurs de symboles, les guerres antiserbes et l’avènement de ce que Philippe Muray nommait l’après histoire, et que je me risque à nommer maintenant l’après apocalypse. J’ai donc décidé de ne plus suivre du tout l’actualité, ce qui du reste n’est pas si compliqué. Sortir de la matrice suppose une forme d’abstinence, d’ascèse, de jeûne médiatique dont on se satisfait facilement : on ne perd pas grand-chose à ne pas suivre un journal télé.
Mais cette année 2011 aura été quand même atroce en âneries infécondes. J’en citerai quelques unes, qui auront aussi marqué les lecteurs-commentateurs de l’actualité que nous sommes tous devenus, à coups de sites, de blogs et de réactions furibondes. La machine achève de gober notre attention sur l’écran tandis que le pouvoir achève de nous priver de nos libertés dans la rue.
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Le coup de la centrale nucléaire : le scandale de l’antinucléaire mérite dix mille pages. La seule source d’énergie moderne est délaissée au profit des plus polluantes qui ne cessent de nourrir des conflits et des… embouteillages. La lâcheté de Merkel dans cette affaire coûtera cher un jour à l’Allemagne. Tous les chiffres du nucléaire ont été faussés à Tchernobyl et puis ailleurs dans l’indifférence hébétée généralisée : il n’y a jamais eu 200 000 morts en Ukraine, ni 20 000, ni 2000, il n’y en a pas eu un au Japon, à comparer aux guerres du pétrole, en Irak ou au Nigéria.
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Le coup de Strauss-Kahn. Ce qui est grave dans l’affaire Strauss-Kahn, c’est de constater le dérèglement de la société américaine et de sa justice expéditive et à deux vitesses : il est vrai qu’on n’a qu’à revoir tous les John Wayne tournés par Howard Hawks (je préfère un grand film à mille articles). Mais ce qui est surtout grave, c’est que l’oligarque libertin, jongleur de filles et de millions, était le préféré des Français, ou de ceux qui ont pris leur nom et leur place ; et que sans le scandale médiatique, on l’aurait eu comme président cette année.
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Le sauvetage éternel de l’euro, éternel retour de l’horreur. Je n’ai même plus envie d’en parler. Peut-on préférer une monnaie politicienne à la vie d’un demi-milliard d’êtres humains ? la réponse est oui ! Retrouvez vos prix de l’an 2000, immobilier, alimentation, garagiste, et vous saurez de quoi je parle. L’euro est la plus fantastique extorsion de richesses de l’histoire depuis les famines staliniennes : je sais, il n’y a pas mort d’hommes, il a juste Mordor… Mais que ne fera-ton pas pour satisfaire les copains de Goldman Taxes que l’on a mis au pouvoir en Italie, Grèce et à la BCE ; en Espagne c’est le retour des morts-vivants avec Lehman Brothers ! Dans la société européenne, les zombies embrassent les vampires avant de nous étreindre.
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Le massacre Breivik : comment un désaxé, si c’est lui qui a fait le coup, peut se procurer une tonne d’explosifs, des armes de guerre, agir à sa guise comme dans un scénario du trop policier roman Millenium et faire accuser les nationalistes alors qu’il trône en tablier blanc de franc-maçon ? Comment en outre peut-il ne pas être écouté, décrété fou et enterré vivant sans une once d’explications ?
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Le printemps arabe, le printemps russe, etc. C’est le bazar partout, mais avec notre bénédiction ! Il semble que l’occident dirigé par les financiers et les services secrets, incapable de se régénérer moralement ou matériellement, ait décidé de déclencher la troisième guerre mondiale avec la Fondation du Qatar, et ce en se mettant à dos le monde arabe, la Russie, la Turquie, même la Chine et l’Amérique latine. Nos idiots font mine ensuite de s’étonner de la montée de l’islamisme ou du nationalisme turc, scandaleusement provoqué par nos parlementaires fatigués et affamés de pénal : on croit rêver. Je retiendrai longtemps l’image de ces fatmas islamistes, que l’on disait retardées, et qui se prenaient en photo avec leur portable devant le corps de leur ancien patron. Dire que nos impayables tribunaux internationaux recherchaient pour les juger les fils massacrés du dictateur alors qu’ils ont laissé faire un crime de guerre en direct !
2011 a toutefois eu un bon côté : l’année se termine. On verra si 2012 pour les six cents ans de Jeanne d’Arc nous réserve à nous Français une bonne surprise…
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