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2011 : l’année du grand effondrement


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Milliere Guy - mercredi 11 janvier 2012

europe, etats-unis, islam
Comme je le fais cha­que année, je vais tenter ici de brosser un bilan de l’année 2011.

Celle-ci a été marquée par ce que quelques naïfs ont appelé le « printemps arabe ». Cette ex­pression s’est retrouvée partout pendant quelques mois, jusqu’à ce que se fasse jour ce qui aurait dû être une évidence depuis le départ : à savoir qu’il s’agissait d’un hiver islamique.
La Tunisie, en ce début du mois de janvier, est gouvernée par les islamistes du mouvement En-nahda. L’Égypte est sous la coupe de l’armée, elle-même de plus en plus contrôlée par les Frères musulmans et des factions islamistes plus radicales encore. La Libye est régie par des islamistes et des gens issus d’al Qaïda, le Yémen aussi. L’Iran continue de s’approcher de l’arme atomique et devrait parvenir à ses fins si personne n’arrête le régime dans le courant de 2012.
La Turquie a rejoint ouvertement le camp islamiste : le pays qui dispose de la principale armée au sein de l’OTAN (après l’armée américaine) est dans le camp des ennemis de l’OTAN ! Situation intéressante…

Le Liban est sous l’emprise du Hezbollah. En Syrie, la décision finale se jouera dans les mois qui viennent entre Bachar Al Assad, agent iranien, et les Frères musulmans. L’Irak, abandonné par Obama est passé sous la coupe de l’Iran. Et l’Afghanistan, à la fin de 2012, devrait être remis aux talibans au sein desquels existe une lutte d’influence entre ceux financés par l’Iran et ceux qui s’appuient sur le Pakistan.
C’est la plus grande défaite du monde occidental, en termes d’influence régionale, depuis plusieurs décennies. Il faut re­monter aux années Carter pour retrouver une pareille débâcle et, comparé à Obama, Carter était un simple amateur.

La seule bonne nouvelle concernant cette région du monde est qu’un conflit a pris forme entre extrémistes chiites et extrémistes sunnites, et ce conflit va vraisemblablement durer. L’autre (relativement) bonne nouvelle est que ce qui sous-tend l’hiver islamique est un véritable effondrement économique qui de­vrait engendrer des émeutes et freiner les ardeurs anti-israéliennes et anti-occidentales de tous ces gens.

L’autre nouvelle marquante de l’année écoulée est l’effondrement de l’Europe
. Des colmatages ont été mis en place, qui ne sont que des subterfuges.

Si l’accord passé sous l’égide de Sarkozy et Merkel, et défini essentiellement par Merkel, même si Sarkozy parle et s’agite beaucoup, entre en vigueur, la technocratie européenne aura quasiment tous les pouvoirs économiques, politiques et fiscaux dans les pays de la zone euro. Les pays du Sud de l’Europe seront en récession durable, la France en stagnation, et l’Allemagne très près de la stagnation.
Les économistes les plus lucides donnaient à l’euro un maximum de dix ans avant la chute : dix années se sont écoulées, le compte y est. Dans l’année qui vient, l’effondrement de l’Europe devrait se poursuivre. Ou bien plusieurs pays se déclareront en faillite et quitteront la zone euro, avec des répercussions très douloureuses pour les banques françaises et allemandes. Ou bien tout le monde sera maintenu de force dans la zone euro, et la faillite sera retardée, mais sera plus vaste, le moment venu.

Dès lors que nul n’explique les causes et les effets des phénomènes, on peut s’attendre à des pleurs, des grincements de dents, du chômage, de la pauvreté, des grèves, et sans doute des émeutes.

L’Europe agonise, mais sa nomenklatura fait de la résistance et les « modèles sociaux » européens seront « sauvés », même si les populations crèvent à petit feu.

L’année 2011 a vu aussi les effets de la politique Obama devenir flagrants aux États-Unis où, aux déficits abyssaux et à la stagnation, s’ajoute le nombre record de pauvres vivant de bons de nourriture. Les États-Unis sont eux-mêmes au bord de l’effondrement : le peuple américain décidera s’il fait un pas supplémentaire vers le gouffre en novembre 2012. Je doute que ce soit le cas, mais Obama dispose d’armes de propagande et de corruption massives. Alors…

Ailleurs sur la planète, cela ne va pas mieux,
la Chine devrait voir sa croissance se briser et les grèves se multiplier, la Russie sombre dans les turbulences qui montrent l’usure du système Poutine.
Comment définir 2011 ? L’an­née du grand effondrement, bien sûr.

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