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486 niches fiscales |
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Trémeau Bernard - mercredi 18 juin 2008
impots
Tel est le chiffre ahurissant tiré d’un rapport rédigé par une commission spécialisée du Parlement sur la fiscalité. Il y aurait 486 façons d’échapper à l’impôt sur le revenu. Et, comme plus de la moitié des Français lui échappe, une forte majorité lui est donc favorable. C’est l’autre qui paye.
En 1914, pour financer les dépenses issues de la guerre, le premier impôt progressif sur les revenus a été créé en France. Conservé à la paix, il a été maintenu et modifié plusieurs fois depuis.
Cet impôt touche en principe tous les revenus. Et, comme il est progressif, plus les revenus sont élevés, plus l’impôt est lourd. La situation actuelle en France est la suivante. D’abord, tous les Français dont le revenu est inférieur à 5 687 e ne sont pas imposés. Ensuite l’impôt monte progressivement jusqu’à 40 % et tous les revenus supérieurs à 67 546 e sont imposés à 40 %. Notons au passage que ces catégories fiscales sont définies à l’euro près. Comme si notre administration pouvait connaître nos revenus à l’euro près…
L’extension aux revenus du principe d’égalité inscrit au fronton de nos mairies est à l’origine de cet impôt progressif. Parfait. Mais notons qu’un impôt progressif introduit automatiquement une inégalité fiscale entre les Français, ce qui est contraire au même principe d’égalité.
Les réactions des Français aux impositions progressives sur le revenu ne se sont pas fait attendre. Plus ils ont des revenus élevés, plus ils trouvent un moyen d’échapper à l’impôt. Avec la création du marché commun et la rapidité des transports, il devient très intéressant d’avoir un domicile fiscal dans un pays étranger imposant moins les revenus. Il existe aujourd’hui des entreprises spécialisées dans le choix du meilleur pays en fonction de ses revenus.
Les joueurs de football de « l’équipe de France » sont pratiquement tous fiscalement domiciliés à l’étranger… Ce qui est amusant. Tous les jours, plus de deux Français quittent fiscalement la France, ce qui est moins drôle. Mais, surtout, un million de jeunes Français dynamiques et diplômés préfèrent aujourd’hui aller travailler et vivre à l’étranger. Ce qui n’est plus drôle du tout.
Supprimer l’IRPP
Pour s’opposer à ces effets pervers, les différents gouvernements français ont réagi. En 94 ans, ils ont offert à leurs électeurs 486 façons parfaitement légales de réduire leurs impôts. Plus de cinq niches sont ainsi créées tous les ans. La course à la niche devient un jeu gagnant à tout coup. L’État perdrait de ce fait la bagatelle de 73 milliards d’euros… Sans compter le temps que perdent les contribuables, les conseillers fiscaux et les fonctionnaires du ministère des Finances à remplir ou à contrôler les feuilles d’impôts, qui s’allongent tous les ans. Sans compter la fraude et les fuites vers l’étranger.
Mais, sur le plan des principes, le système est encore plus pervers. L’inégalité devant l’impôt était déjà une atteinte condamnable au principe d’égalité. Les 486 niches fiscales créent 486 catégories d’individus jouissant d’un privilège particulier. C’est plus qu’anormal, c’est scandaleux. La suppression d’une niche le serait tout autant. Elle risquerait en plus d’être mal acceptée.
Il y a schématiquement deux façons d’apporter une solution au problème.
Soit on conserve globalement le système et on « l’améliore » en créant au besoin quelques niches supplémentaires. Notre administration fiscale est experte en la matière. Le mal empirera.
Soit on supprime l’impôt progressif sur les revenus, ce qui est la seule solution logique. On supprime en même temps les 486 niches. Du fait de la reprise économique qu’un tel choix entraînerait, les revenus de l’État ne baisseraient pas, ils augmenteraient. Mais une majorité de Français n’est pas favorable à la suppression d’un impôt payé par les autres, et créé au nom de la « Justice Sociale ».
La Commission européenne a repris cette idéologie trop lourdement administrative. C’est une des principales raisons qui a poussé les Irlandais à voter NO. Finalement, merci l’Irlande !
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SRU
Les quelque 3 500 communes de plus de 3 500 habitants sont tenues au titre de la loi SRU de respecter un quota de 20 % de logements sociaux. En 2007, 730 se sont dispensées du quota en question !
Chiffres significatifs
Seniors > La France compte aujourd’hui 4,9 millions de personnes âgées de plus de 75 ans. Ce chiffre devrait s’élever à 10,9 millions en 2050…
Mariages > La France a connu 274 084 mariages en 2006, nettement moins que les 305 385 de l’an 2000.
Eau > 72% de la surface du globe est recouverte d’eau.
Paternité > 20% des pères seraient prêts à interrompre leur travail pendant trois ans ou plus pour élever leurs enfants (contre 44 % des mères). Ils sont par ailleurs 21 % à être prêts à s’interrompre entre un et trois ans et 29 % à le faire moins d’un an. Seuls 30 % des pères ne seraient pas prêts à interrompre leur activité professionnelle pour garder et éduquer leurs enfants…
RMI > Le nombre d’allocataires du RMI s’élève à 1,13 million : il a baissé de 1,8 % au premier trimestre 2008, et même de 6,6 % de mars 2007 à mars 2008…
Obésité > 67% des hommes de 35 à 74 ans sont en « surpoids » (et 50 % des femmes) ; 20,6 % des hommes (et 20,8 % des femmes) sont même obèses…
Complémentaires > Avec 20,4 milliards d’euros de prestations en 2007, les organismes d’assurance maladie complémentaire couvrent 13,1 % des dépenses de santé des Français, ce qui en fait le deuxième contributeur à ces dépenses devant les ménages (8,6 %) et derrière la Sécu (77 %)… |
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