Rouxel Jean - mercredi 28 mars 2007
constitution-europeenne
L’Europe fut conçue pour six États membres : instauré par le Traité de Rome en 1957, le Marché commun fonctionna bien. Son moteur était franco-allemand. Le trop-plein d’États membres - 27 aujourd’hui - l’a noyé. L’Union européenne est un échec économique : malgré la soi-disant réussite de l’euro - la monnaie unique de 14 de ses membres -, sa croissance est la plus faible, et son chômage le plus élevé, des grandes régions de la planète.
Et c’est un échec politique : la mondialisation a affaibli les États européens, sans qu’une Europe politique, pourvue de réelles capacités d’action, prenne le relais. Les États-Unis ont un puissant gouvernement - disposant de la première armée du monde - qui épaule leur économie : pressions politiques pour l’obtention de marchés, sécurisation des approvisionnements et des voies commerciales. L’Europe n’a rien de semblable.
L’enlèvement de 8 marins et 7 Marines britanniques par les Iraniens est symptomatique. Londres a interdit à la Royal Navy de les défendre. Et la présidence allemande de l’Union européenne réagit mollement à ce rapt de citoyens européens.
Les rejets français et hollandais du référendum sur la Constitution européenne de 2005 ont été l’expression d’un refus populaire de l’UE. Voulant relancer la machine, Angela Merkel a fait approuver, dimanche dernier, la « Déclaration de Berlin », qui fixe pour 2009 - date des prochaines élections européennes - l’adoption d’un nouveau Traité européen. L’approbation de cette déclaration par les 27 a été jésuitique, puisqu’ils ne l’ont pas signée. Seuls l’ont fait la chancelière allemande - au nom du Conseil de l’UE qu’elle préside jusque fin juin - ainsi que les présidents de la Commission et du Parlement européens, ce qui en réduit la portée. Déjà, le Président tchèque a annoncé qu’il ne se sentait absolument pas lié par cette Déclaration…
L’avenir de l’UE est sombre. Sa politique agricole commune vacille. Son industrie périclite - la crise d’Airbus est un signe. Elle ne maîtrise pas son immigration, ni la fuite de ses élites. Elle est sous dépendance énergétique de la Russie - qui exerce des chantages - et du monde musulman. En panne d’identité, lancée dans une aberrante procédure d’intégration de la Turquie, l’UE se noie.
Dans 50 ans, quand toutes les activités économiques européennes auront été mises en concurrence, les institutions de l’UE pourraient bien être réduites à un simple Conseil de la concurrence…
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