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51% des Français contre les monopoles d’État


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Trémeau Bernard - dimanche 08 mai 2005


Le 25 avril, sur France 3, un débat sur le oui ou le non à la Constitution rassemblait plusieurs partisans  du non : Marie-Georges Buffet, Olivier Besancenot, Jean-Marie le Pen et Philippe de Villiers et plusieurs partisans du oui: Michel Barnier, François Bayrou, Dominique Voynet et Jack Lang. Un heureux mélange. Barnier a fortement animé le débat, quand il a annoncé qu’il était « désolé » en constatant que Madame Buffet votait comme Monsieur Le Pen…
Mais les huit débatteurs unissaient sans aucune difficulté leurs efforts pour bien montrer que l’Europe ne pouvait se faire que si elle respectait, conservait, voire augmentait les services publics  à la française. Il se dégageait sur ce point un consensus total entre tous. Depuis 60 ans, nos médias, nos syndicalistes ou nos hommes politiques nous rabâchent qu’il n’y a rien de mieux au monde que les services publics à la française et que tous les pays nous les envient.
Puis, au milieu de l’émission dominée par les dégâts que fait le chômage depuis l’entrée de la France dans l’Europe, tombe le résultat d’un sondage. La question posée était simple, sans aucune ambiguïté: « Seriez-vous favorable à la mise en concurrence d’un service public ? »  51% des Français ont répondu oui. Quand on entend un tel résultat, on n’en croit pas ses oreilles. Mais le chiffre de 51% était bien écrit sur l’écran.  La France d’en bas croit aux vertus de la concurrence.
Depuis toujours, les économistes condamnent le monopole privé, car la situation de monopole permet de vendre plus cher un produit médiocre. Seule la concurrence oblige le producteur à réduire ses coûts pour rester compétitif et à innover pour offrir un service supérieur à celui qu’offrent ses concurrents. Les hommes politiques, les médias et les syndicalistes  français ont tous facilement assimilé et accepté ces notions économiques de bon sens.
Mais, depuis 60 ans, au nom de l’égalité, la France a volontairement créé des services publics particuliers, qui sont des monopoles d’Etat. On a donc mis hors concurrence EDF, la SNCF, l’école de nos enfants ou l’assurance maladie.
On s’aperçoit, au bout de 60 ans, que les maux qui touchent les monopoles privés touchent tout autant les monopoles publics. 
En créant un monopole d’État, on retire  d’abord à tous les Français la liberté de choisir. Ils sont obligés de mettre leurs enfants à l’école qui n’apprend plus à lire et à écrire correctement. Ils sont obligés de prendre les transports étatiques qui se mettent en grève sans arrêt.
En créant un monopole d’État, on met ensuite ceux qui y travaillent dans une situation de privilégiés. Ils ont un emploi à vie et ne connaissent pas le chômage. Ils peuvent se mettre en grève sans risquer de mettre en faillite leur entreprise : c’est l’État qui paiera.
Ils ont ainsi obtenu en 60 ans des avantages salariaux ou sociaux qui font pâlir d’envie les pauvres salariés du privé. C’est au nom du principe d’égalité que le monopole d’état avait été mis en place. Il a créé une nouvelle classe de privilégiés, solidement protégée dans le sein de l’État.
Enfin, en créant le monopole d’État, on met le consommateur dans une situation de dépendance et d’irresponsabilité. Pourquoi ne pas abuser de la consommation médicale, puisque notre chère (très chère) Sécu paiera ?
51% des Français ont aujourd’hui découvert les vertus de la concurrence et pensent que leur intérêt personnel est d’introduire la concurrence dans les services publics. Le matraquage politico-médiatique qu’ils subissent aujourd’hui avec le référendum ne les touche absolument pas.
Si on leur posait une deuxième question économique du genre: « Seriez-vous favorables à la suppression des contraintes qui rendent nos entreprises non compétitives ? », ils seraient encore plus nombreux à répondre oui, du fait des délocalisations.
Chez tous nos voisins européens, ces idées de bon sens sont prises en charge par des partis politiques. Quand aurons-nous enfin un parti politique français qui proposera ces réformes? Il sait qu’il a déjà la majorité derrière lui. ..


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En bref
ENTREPRISE

On estime qu’un peu plus de 42 000 entreprises ont trouvé un repreneur en 2004. Dans le même temps, les créations d’entreprise ex nihilo concernait près de 224 000 entreprises.

Chiffres significatifs

MORTALITÉ á Chaque année, 3,3 millions de bébés viennent au monde morts-nés.

TRAVAIL á Si, en moyenne, 56% des Français considèrent qu’on ne travaille pas assez en France, ce chiffre monte à 69% pour les personnes dont le revenu annuel du foyer dépasse 60 000 euros…

DIVIDENDE á Les entreprises du CAC 40 ont versé 22 milliards d’euros de dividendes à leurs actionnaires en 2004, soit 36,8% de plus qu’en 2003…

ENDETTEMENT á Le nombre de dossiers de surendettement a augmenté de 13,7% en 2004 !

INTÉRIM á La France compte un peu moins de 555 000 intérimaires, soit environ 2% de la population active. Ce pourcentage s’élève à 4,8% en Grande-Bretagne, à 3,1% aux Pays-Bas, mais il n’est que de 0,5% en Italie et 0,6% en Espagne…

PORTABLE á Fin mars 74,5% de la population française possédait un téléphone portable, soit 44 929 000 abonnés !

ENFANTS SOLDATS á Environ 40% des enfants soldats sont des filles…

RUSSIE á On ne compte plus que trente milliardaires russes, contre 36 voici un an. Le plus riche est désormais Roman Abramovitch, dont la fortune est estimée à 14,7 milliards de dollars.

SÉCURITÉ á 44% des actifs recherchent d’abord la sécurité de l’emploi dans leur métier…




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