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9 avril 1951 : Golda Meir chez Peron


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Courrier - lundi 18 avril 2011

israel
Non, l'Argentine de Peron n'était pas antisémite, contrairement à ce que l'on veut bien nous laisser croire ! Voilà 60 ans, la visite de Golda Meir à Buenos Aires, le 9 avril 1951, démontrait le contraire.

Le gouvernement de Juan Perón est le premier à permettre aux citoyens juifs d’occuper des fonctions importantes dans l’administration. Perón nomme le rabbin Amran Blum professeur de philosophie de l’université nationale de Buenos Aires. Après avoir été le premier gouvernement latino-américain à reconnaître l’état d’Israël, le président de la république d’Argentine y envoie le premier ambassadeur juif. En 1946 il permet à des juifs de devenir officier. Et puis l’Argentine de son temps signe un accord commercial très généreux avec les israéliens, tandis qu’Eva Perón envoie une aide humanitaire importante aux pionniers israéliens.

Perón permet à des immigrés juifs de s’installer dans son pays en plus grand nombre que dans n’importe quel autre pays d’Amérique Latine. Certains viennent de Pologne communiste, où l’antisémitisme est bien réel. Juan et Eva Perón aident aussi plus de 45 000 sionistes à immigrer d’Argentine en Israël, comme le rappelle la Jewish Virtual Library.

De son côté, le premier ambassadeur d’Israël en Argentine, Iaacov Stur, répète inlassablement que les juifs ne souffrent d’aucune discrimination dans l’Argentine de Perón.

Le couple présidentiel demande de l’aide aux associations juives pour bâtir une nouvelle Argentine.

Selon Leonardo Senkman, en 1945, la communauté juive se méfie de Perón, de la réalité de ses réformes sociales et de ses idées. Mais l’appareil d’état, le parti justicialiste ou les syndicats ne commandent aucun acte relevant de l’antisémitisme. Certes, le président de la république a des opposants juifs, mais il compte aussi de forts soutiens parmi eux. C’est le cas de l’Association Israélienne Argentine (OIA), qui se crée en février 1947. L’OIA approuve ses réformes et l’aide à réaliser ses projets.

En 1949, Evita et Juan sont là pour célébrer la naissance de l’État israélien avec les plus importants membres de la communauté, ce qui est nouveau dans l’histoire de la république argentine.

Perón donne également la nationalité argentine à 10 000 émigrants très récents.

Il y a 60 ans, le 9 avril 1951, Golda Meir*, à l’époque ministre du Travail de l’État hébreu, visite l’Argentine. Elle y est accueillie personnellement par Eva Perón et remercie vivement celle-ci pour ses dons à Israël depuis sa création.

Chaïm Weizmann, premier président de l’État d’Israël, lui exprime également sa gratitude.

Pieter Kerstens.

*Golda Meir, née Mabovitz en 1898 à Kiev, devenue en 1956 Golda Meir. Ministre du Travail et des Affaires Sociales de 1949 à 1956, elle devient Premier ministre en février 1969 et démissionne en avril 1974, après une polémique sur les négligences du système défensif israélien durant la guerre du Kippour en 1973 et l’incapacité des services secrets israéliens à prévenir correctement l’attaque des armées égyptienne et syrienne. Elle décède en 1978 à Jérusalem.


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