Rouxel Jean - mercredi 05 juillet 2006
Excluant d’emblée toute idée de libération de détenus palestiniens en échange du caporal Guilad Shalit, Israël lança contre le sud de Gaza une attaque massive, mais peu sanglante : 5000 hommes, des centaines de blindés, des hélicoptères. Réaction « disproportionnée » ? Non.
Israël combat sans cesse pour sa survie et ne peut se payer de mots. En janvier dernier, plus de 12 ans après la signature des accords d’Oslo, et trois mois après le retrait israélien de Gaza, les Palestiniens avaient offert aux islamistes radicaux du Hamas 76 des 132 sièges parlementaires. Cette victoire électorale empêche la paix.
Certes le 27 juin, le Hamas signa, avec tous les mouvements palestiniens (sauf le Jihad islamique), l’Entente nationale, fondée sur le « document des prisonniers », qui reconnaît implicitement Israël en stipulant l’établissement d’un État palestinien indépendant sur tous les territoires occupés en 1967. Mais ce n’est pas une reconnaissance officielle, en bonne et due forme. Et les contreparties, comme le retour des réfugiés, sont inacceptables. Israël a récusé cet accord.
Prenant l’évacuation de Gaza pour un signe de faiblesse, les terroristes tirèrent maintes roquettes sur Israël ces derniers mois. Des membres des Comités de résistance populaire (formation hétéroclite allant du laïcisme à l’islamisme, née en 2000), des brigades Ezzedine al-Qassam (bras armé du Hamas) et de l’Armée de l’Islam (une nouvelle organisation jihadiste), tous proches du Hamas, percèrent un tunnel sous le mur de séparation pour attaquer en Israël, y enlevant Guilad. Le Mur n’assure pas une protection totale. Des incursions militaires en territoire palestinien s’imposent quand les islamistes y gouvernent et dopent le terrorisme. Le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, chef du Fatah, parti nationaliste et laïc, a condamné l’enlèvement, mais pas son Premier ministre, Ismaïl Haniyeh, représentant le Hamas, dont un porte-parole a glorifié l’« acte héroïque » du commando.
Dans la nuit du 28 au 29 juin, l’armée israélienne a enlevé en Cisjordanie 64 ministres, députés, maires et autres personnalités du Hamas. Le lendemain, elle découvrit à Ramallah un colon tué par les Palestiniens. Ceux-ci n’accepteront jamais l’État hébreu, pour des raisons tenant plus à la religion qu’à un nationalisme hypothétique : le credo de l’islam dénie aux « infidèles » (juifs et chrétiens) le droit d’avoir leur propre État dans le dar al-islam (la Maison de l’islam). Israël s’y trouve…
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