Lassieur Pierre - mardi 18 octobre 2011
J’ai trouvé récemment dans ma boîte aux lettres un prospectus ainsi libellé : « Le premier site de rencontres pour hommes et femmes mariés – Déjà 1 500 inscrits – Discrétion assurée – Pas d’ambiguïté – Efficacité – Enfin une escapade extraconjugale en toute discrétion ! N’attendez pas qu’il soit trop tard pour profiter de la vie… Inscrivez-vous sur… » Suivait une adresse internet dans laquelle figurait le mot « adultère », le tout accompagné de la photo d’une femme, pas très belle d’ailleurs, et d’un homme, nus l’un et l’autre, dans une position qui ne laissait aucun doute sur la nature de leur activité.
Quelque temps avant, j’avais vu dans le journal local, assez torchonnesque, une page entière à ce sujet, publicité mal dissimulée pour ce genre d’officine. On pouvait notamment y « apprendre » à quel point une pratique de l’adultère dépourvue de sentiments améliorerait les relations légitimes entre époux !
Bien entendu, Internet regorge d’ordures de ce genre.
Certes, de tout temps, il y a eu des gens vertueux et d’autres qui ne l’étaient pas.
À la fin du XIXe siècle, un de mes arrière-grands-pères connaissait un homme d’affaires allemand qui venait assez souvent à Paris et qui avait exprimé le désir « d’avoir une idylle avec une femme vertueuse ». Impossible compromis.
Cependant, il existe une grande différence entre jadis et aujourd’hui. Malgré les frasques de la plupart de nos gouvernants, la luxure était théoriquement condamnée par les pouvoirs publics. On se rappelle que Baudelaire et Flaubert ont été poursuivis sous le Second Empire pour le caractère immoral de leurs écrits.
Au XXe siècle et au début du XXIe, la femme a été « libérée ». L’adultère a cessé d’être un délit. Le divorce par consentement mutuel a été institué, le PACS aussi. L’avortement est devenu une pratique légale courante et les homosexuels, sortis de leur réserve, défilent, déguisés comme à carnaval, une fois par an dans les rues de Paris sans qu’on puisse esquisser la moindre critique à leur égard, ni même à leurs mœurs de façon générale, alors que – Dieu merci ! – on peut encore critiquer l’avortement ou le divorce…
Tout cela est allé très vite, parallèlement à la déchristianisation.
On se demande parfois si les mœurs se sont réellement décomposées ou si, plus simplement, on se cache moins.
J’ai, à ce sujet, un souvenir précis concernant l’avortement. Vers 1950, étant externe des hôpitaux de Paris, j’ai vu admettre, dans le service de chirurgie où j’étais affecté, une adolescente de seize ans qui s’était fait avorter et à qui il fallait faire un curetage. Eh bien ! Tout le service était stupéfait, scandalisé à cause de son jeune âge.
Pourtant, le milieu des chirurgiens n’était pas particulièrement prude, c’est le moins qu’on puisse dire. Aujourd’hui, on enseigne aux enfants des collèges, à l’aide d’organes génitaux en plastique, la façon de s’accoupler. Quelle poésie et comme l’amour est beau au XXIe siècle !
Les conséquences de ces dérives embarquent la société beaucoup plus loin qu’on n’aurait pu imaginer. Même des dames de la bonne société catholique, même des dames catéchistes, se mettent à penser à leur corps plus qu’il ne faudrait et se jettent dans l’adultère sans espoir de retour.
Jusqu’à l’économie de la nation qui est atteinte ! En effet, il faut beaucoup plus d’argent et plus de place pour deux personnes séparées que pour un couple uni. S’ensuivent des conséquences sur le commerce et sur l’immobilier.
La crise du logement dont on nous rebat les oreilles est, en partie, due à deux facteurs : la dissolution des familles, d’une part, et l’immigration, d’autre part, qui nous amène, elle, des familles très importantes et, pour certaines, non solvables mais très capables de dégrader les locaux qu’on leur attribue. Cela est une autre histoire.
Enfin, comme le laxisme sexuel est plutôt au programme de la gauche que de la droite (malgré la proportion étonnante d’experts en vagabondage sexuel dans notre gouvernement), les acteurs de ce laxisme ont tendance à exprimer leur reconnaissance en votant à gauche.
Face à ce péril, Sarkozy et les siens parviendront sans peine à convaincre leurs électeurs qu’ils ne sont pas, eux non plus, vertueux le moins du monde. Cela crève les yeux !
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