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Absentéisme des fonctionnaires


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Trémeau Bernard - mercredi 15 mars 2006


Dans la Revue « Société Civile » de février 2006 publiée par l’IFRAP, Léa Cannet et Sandrine Gorrerie ont rédigé un solide dossier de 12 pages consacré à « l’absentéisme dans la fonction publique ». Cette étude reprend une étude identique effectuée en 1998.

Un premier constat. La loi du 12 décembre 1977 a rendu obligatoire pour les entreprises privées de plus de 300 salariés de réaliser et de publier leur « bilan social ». La loi a été immédiatement appliquée et, depuis cette date, nous possédons pour le privé des sources fiables et solides. Il a fallu attendre 1987 pour qu’une loi étende à la fonction publique cette obligation. Mais 20 ans après, la loi est loin d’être appliquée dans de nombreux secteurs de la fonction publique. De plus, aucune statistique précise sur ce problème n’a été effectuée depuis 1990. Tandis que le privé se soumet strictement à la loi, la fonction publique le fait beaucoup moins et les gouvernements ne semblent pas désireux de connaître avec précision la situation.

Deuxième constat. Le taux d’absentéisme pour raisons de santé atteint 5,5 % dans le privé, contre 7,3 % dans la fonction publique d’État (FPE), 11 % dans la fonction publique hospitalière (FPH) et 11,3 % dans la fonction publique territoriale (FPT). Il y a donc en 2006, pratiquement deux fois plus d’arrêt de travail pour raison de santé dans le public que dans le privé, alors que chez les fonctionnaires, le niveau de qualification est en moyenne plus élevé que dans le privé, ce qui partout ailleurs entraîne un risque de maladie nettement inférieur.

Autre anomalie troublante, le taux d’absentéisme dans les cliniques privées est de 6 %, alors qu’il est de 11 % dans les hôpitaux publics. Notons que depuis 10 ans, le nombre des admissions dans les hôpitaux publics n’a pas évolué. Par contre, la durée d’hospitalisation se réduisant, le nombre de journées d’hospitalisation a baissé de 13 %, tandis que le nombre des salariés a augmenté de 30 %. On travaille donc en moyenne beaucoup moins dans les hôpitaux publics. « À l’hôpital d’Avignon, la productivité est inférieure à la moyenne nationale alors que le taux d’absence y est supérieur. À Marseille, l’IGAS constate, dans une enquête de 2002, que l’activité de l’hôpital n’est pas brillante et ses coûts élevés malgré un absentéisme massif ».
Troisième constat. Il y a de fortes différences d’activité selon les entreprises. Dans une entreprise privée ; on travaille en moyenne 213,3 jours par an. Le chiffre tombe à 196,31 à France Télécom, 192,2 à la SNCF et 192,4 à la Poste. Le métier de postier semble donc le plus fatigant de tous. L’absentéisme, toutes causes confondues y est de 22 % pour la ville d’Aix-en-Provence. Il n’est plus que de 7,2 % à Angers. Le climat du val de Loire semble nettement plus bénéfique pour la santé que le climat de la Provence.

L’évolution entre 1998 et 2006 offre aussi des chiffres intéressants à analyser. On constate une augmentation des arrêts maladies dans tous les secteurs ; privé ou public. Une baisse des arrêts maternité dans le privé, et une augmentation dans la fonction publique territoriale. Enfin, tandis que le taux des accidents de travail passe dans le privé de 0,6 à 0,5 %, il grimpe de 0,9 % à 1,2 % dans la fonction publique territoriale. Les patrons du privé poursuivent leur effort, mais que font les responsables administratifs ou politiques ?

Tous ces chiffres sont certainement un peu lourds à digérer. Ils ne sont que des chiffres statistiques. Il existe certainement des directeurs d’hôpitaux publics qui arrivent à motiver leur personnel ou des instituteurs qui ne prennent jamais de congés de maladie. Ces chiffres montrent que les responsables des entreprises publiques sont de très mauvais gestionnaires. Ils montrent aussi que les Français, n’étant plus responsables de leurs dépenses courantes de santé, ont tendance à considérer les congés de maladie comme des vacances supplémentaires.

Il faut rendre les Français à nouveau responsables de leurs dépenses de santé.


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En bref
GUANTANAMO
Depuis plus de quarante ans, Fidel Castro refuse d’encaisser le chèque de 4 085 $ que lui envoie chaque année le gouvernement américain au titre de l’occupation de cette base.

Chiffres significatifs

CFTC á À l’occasion de son 49e congrès, en novembre dernier, la CFTC, quatrième centrale syndicale française, disait compter 132 000 adhérents.

POLYGAMIE á Selon le député UMP Jacques Kossowski, il y aurait, en France, 30 000 familles polygames, rassemblant 300 000 personnes. Les seules allocations familiales versées à
ces fratries représentent quelque 300 millions d’euros.

TPE á Selon un sondage effectué par Fiducial auprès des dirigeants des « très petites entreprises », 19 % d’entre eux s’apprêteraient à voter en 2007 pour Dominique de Villepin et 45 % pour Nicolas Sarkozy.

LOBBYING á Quelque 35 000 lobbyistes sont officiellement enregistrés à Washington. Leurs cabinets réalisent plus de 2 milliards de $ de chiffre d’affaires par an.

INSÉCURITÉ á Plus de 410 000 personnes ont été victimes, en 2005, d’une confrontation physique avec un agresseur.

IUFM á Les Instituts universitaires de formation des maîtres, IUFM, au nombre de 31, ont vu leurs étudiants augmenter de 57 % entre 1991 et la rentrée 2002.

LIBAN á 17 000 personnes demeurent disparues, au Liban, depuis 1975, date du début de la guerre civile.

ÉGLISE á Le Denier du culte, en 2004, a rapporté 195 millions d’euros. Le don moyen était de 130 euros.




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