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Acte II du quinquennat : espoirs et interrogations


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Rouxel Jean - mercredi 17 novembre 2010

sarkozy
Après des mois de supputations médiatiques et de tergiversations politiques, le nouveau gouvernement a enfin été présenté dimanche 14 novembre
Disons-le tout net. Son annonce est une bonne nouvelle.

D’abord, parce qu’elle lance la deuxième partie du quinquennat, dont on ose espérer (sans trop y croire) qu’elle sera plus réformatrice que la première.

Ensuite, et surtout, parce que nous évitons Jean-Louis Borloo à Matignon. Je n’ai rien contre Borloo à titre personnel. Je le trouve plutôt brillant. Mais son positionnement politique, de­puis une dizaine d’années, va de plus en plus vers le politiquement correct le plus pesant (alors que, dans les années 1990, il était plutôt un trublion dans la classe politique, capable de s’associer avec des gens très divers, de Tapie au Cidunati).

Le plus grave, c’était que la nomination de Borloo à Mati­gnon annonçait la fin des réformes et un « tournant social ». Comme l’a dit Fillon, à juste titre, il faut de la continuité. Cette majorité a été élue pour une politique donnée. Si elle en change tous les deux ans, il n’y a aucune chance d’obtenir quelque résultat que ce soit !

Fillon maintenu en poste, c’est le cap qui est maintenu
et c’est une bonne nouvelle.
Reste à savoir quoi faire de cette continuité. Et, sur ce sujet, les commentateurs, ainsi que Nico­las Sarkozy et François Fillon, sont pour le moment d’une discrétion de rosière.

Tout laisse à penser que le président n’avait aucune idée de ce qu’il ferait de ce fameux « acte II du quinquennat » avant la fin de la semaine dernière. Et cela n’est pas franchement rassurant.

Moins rassurant encore : le calendrier me laisse supposer que nous allons entrer dans une période de gel des réformes jusqu’en 2012.
Bref, je me réjouis volontiers d’avoir échappé au « tournant social » (qui cachait mal un véritable virage à gauche) annoncé par Borloo. Je me réjouis aussi de la fin de l’ouverture à gauche. Mais j’avoue ne pas discerner ce qui vient ensuite.

Nous avons perdu 3 ans, avec des réformettes, du « bling-bling » et une confusion politique sans égale (dont l’ouverture était le signe le plus visible). Le quinquennat pousse à ce que les 2 ans à venir soient perdus en manœuvres politiciennes.

Quand Sarkozy moquait le bilan de Chirac, il n’imaginait pas que le sien serait peut-être plus vide encore. Mais, après tout, il a tellement bouleversé les habitudes que l’on peut aussi rêver qu’il commence enfin les réformes à 18 mois des présidentielles !

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