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Affaire Danone : les politiciens français n’ont rien compris à l’économie de marché !


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Rouxel Jean - dimanche 31 juillet 2005


L’annonce d’une OPA de l’américain PepsiCo sur Danone a été lancée par le magazine économique « Challenges » (groupe Nouvel Observateur, de Claude Perdriel, proche de Franck Riboud, pdg de Danone…) dans son édition du 7 juillet. En fait, il ne s’agissait sans doute que d’une simple rumeur, d’ailleurs récurrente, et figurant comme telle dans toutes les études financières sur cette société, dont les titres sont sur le marché dans la proportion de 85 %, sans « noyau dur », ce qui en fait une cible idéale pour n’importe quel raider, à la seule condition d’être capable de mettre sur la table une quinzaine de milliards d’euros.
C’est une belle affaire. C’est le leader mondial de l’eau avec Évian, le leader mondial des produits laitiers avec Danone, et le numéro 2 des biscuits et produits céréaliers. Mais sa rentabilité est faible : le résultat net de la société ne représente que 10 % des capitaux propres et 4 % du chiffre d’affaires. Finalement, dimanche dernier, le groupe américain a fait savoir qu’il n’avait pas l’intention de lancer une OPA sur Danone. La spéculation est retombée… Jusqu’à la prochaine rumeur…
L’AMF, Autorité des marchés financiers de la Bourse de Paris, dira, après enquête, si cette flambée des cours avec de gros volumes d’échanges et des écarts de plus de 20 % en dix jours, est suspecte de délits d’initiés, ce dont se défendent évidemment les dirigeants du groupe.
Au-delà de cette affaire financière, ressemblant à toute spéculation boursière, on a vu se développer un psychodrame typiquement français qui permet de mesurer à la fois l’inculture économique de nos politiciens et le poids que conservent toujours chez nous les vieux mythes constructivistes.
On a enregistré, rien qu’entre le 19 et le 23 juillet, une cinquantaine de déclarations d’hommes politiques (le chef de l’État, le Premier Ministre, quatre autres ministres, 25 parlementaires, dix syndicalistes…) dont aucun n’avait le moindre moyen de s’opposer à ladite OPA.
Mais c’était l’occasion de faire cocorico… Et, au nom du patriotisme, pour défendre un champion de la mondialisation, on a vu  ressortir les vieilles lunes de la nationalisation. Le responsable de la Fédération CGT de l’agroalimentaire déclarait que la nationalisation de Danone pourrait créer des milliers d’emplois. En vérité, le repli sur l’hexagone de Danone ferait fondre comme neige au soleil les 90 000 emplois du groupe… En tout cas, on a pu mesurer la préférence des politiques pour des postures exactement contraires à la modernité, donc à la prospérité, et donc à l’emploi.


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