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Affaire Malik Oussekine


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Valandré Frédéric - mercredi 06 septembre 2006


Il est des sujets sur lesquels la désinformation a la vie dure. C’est particulièrement le cas pour l’affaire Malik Oussekine, du nom de cet étudiant d’origine algérienne mort dans la nuit du 5 au 6 décembre 1986, suite à une violente altercation avec deux policiers, lors d’une manifestation étudiante contre le projet de loi Devaquet sur les universités. Le drame avait déclenché à l’époque, un véritable pilonnage médiatique : visite de François Mitterrand à la famille du jeune homme, manifestations dans toute la France, campagne de presse d’une violence inouïe contre le prétendu racisme de la police française et le ministre de l’Intérieur Charles Pasqua… À l’approche du vingtième anniversaire du drame, L’Humanité Dimanche consacre un article à cette affaire, dans son édition du 24 août dernier ; l’hebdomadaire communiste n’hésite pas à parler du « meurtre » de Malik Oussekine, du « jeune étudiant assassiné à coups de pied dans le ventre et dans le dos par la police ». Vous avez bien lu : « assassiné » !

Il est plus que temps de remettre les pendules à l’heure. Les deux policiers n’étaient pas les brutes racistes dénoncées par la presse de l’époque : le brigadier-chef Jean Schmitt était membre de la FASP (syndicat policier de gauche), le gardien de la paix Christophe Garcia se chargeait de l’entraînement de football pour les jeunes des cités d’Aubervilliers, Bobigny et La Courneuve.

Par ailleurs, les conclusions des experts médicaux – notamment les professeurs Lecomte et Lagrue, que nos chers communistes se gardent bien de citer – avaient démontré que la mort de Malik Oussekine n’avait pas été directement causée par les coups reçus : souffrant d’insuffisance rénale, dialysé depuis un an, le malheureux était parvenu le soir du drame au stade terminal de sa maladie.

Enfin, si les deux policiers furent condamnés en janvier 1990 (avec sursis, ce qui fit hurler tous les « droits-de-l’hommistes » de service) c’est pour coups ayant entraîné la mort sans intention de la donner, et non pour assassinat ; « L’Humanité Dimanche » ajoute donc le discrédit jeté sur une décision de justice au mensonge le plus odieux.

Le traitement de cette affaire en dit long sur le mode de pensée des éternels détracteurs de l’institution policière : pour eux, quel que soit le contexte, la cause est entendue, c’est toujours le flic « le méchant de l’histoire ». Ce lobby « flicophobe », que j’ai déjà eu l’occasion d’évoquer dans mon livre France Intox (Éditions Underbahn, 2006) ne représente peut-être qu’une minorité en France, mais il a déjà remporté une victoire considérable : c’est depuis la mort de Malik Oussekine que nos dirigeants, craignant un remake du drame de décembre 1986 et de la campagne médiatique qu’y s’en est suivie, conseillent aux policiers de faire preuve de retenue lors des émeutes et autres manifestations. On a pu voir le résultat en novembre 2005…

France Intox -14 euros-
(Plus d'informations)france_intox_couv_small


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