Rouxel Jean - dimanche 28 mars 2010
C’est une information en forme de communiqué de victoire que nous lançons cette semaine : la direction du Figaro-Magazine a renoncé à limoger le journaliste Eric Zemmour, qui avait été convoqué le 29 mars à un entretien de pré-licenciement.
C’est un communiqué de victoire, parce que les 4 Vérités et ses lecteurs s’étaient clairement engagés en faveur du journaliste. Nous avions exposé les raisons de ce soutien dans une pétition adressée au directeur des rédactions du Figaro, Etienne Mougeotte, pétitions que de très nombreux lecteurs et internautes ont signée.
C’est ni plus ni moins que la liberté d’expression qui était en jeu. « Au-delà du cas de Zemmour et du "Figaro", la question est simple, écrivions-nous : a-t-on encore, en France, le droit de s’opposer à la bien-pensance antiraciste ? La question, c’est celle de la liberté de la presse et du "politiquement correct". Aux "4 Vérités", nous sommes clairement pour la première et contre le second. »
Pour licencier le journaliste politiquement incorrect, la direction figaresque prenait en effet prétexte des propos tenus par Zemmour sur Canal +, le 6 mars : « Les Français issus de l'immigration sont plus contrôlés que les autres parce que la plupart des trafiquants sont noirs et arabes... C'est un fait. ». Il se murmurait aussi, ajoutions-nous, que la chronique de Zemmour sur RTL, qui vaut à cette radio un certain succès d’audimat, déplaisait à certains caciques du Figaro.
Sans doute ces derniers n’avaient-ils pas bien mesuré l’audience dont leur victime propitiatoire bénéficie auprès de leur propre lectorat. Au-delà même du succès rencontré par la pétition des 4 Vérités, ou de la manifestation organisée devant le siège parisien du Figaro par les jeunes admirateurs du journaliste, le quotidien a été submergé d’appels et de courriels de protestation. Le chaos ! Selon nos informations, on considère au Figaro que lorsqu’un lecteur exprime son mécontentement, dix mille autres ont éprouvé la même irritation sans se donner la peine d’écrire ou de téléphoner. Si l’on respecte ces proportions, le licenciement d’Eric Zemmour aurait sans doute fait plus de mécontents qu’il ne reste de lecteurs au « Fig-Mag ». On conçoit qu’Etienne Mougeotte se soit hâté de faire machine arrière, même si, pour sauver la face, il a excipé des excuses qu’a présenté Eric Zemmour et des éclaircissements qu’il aurait apportés. Le K.O…
Une nouvelle opinion publique
Je tirerai néanmoins de cette affaire deux observations et une conclusion.
La première observation porte sur le Figaro. Ce quotidien ressemble à la droite parlementaire : ses dirigeants s’adressent à un lectorat de droite, mais eux-mêmes sont, au fond, de gauche. Quand Mougeotte envisage de sanctionner Zemmour pour des propos qu’il considère comme racistes, on croit entendre en écho Sarkozy confier à Frédéric Mitterrand qu’il ne s’est jamais senti de droite. Ce n’est pas nouveau : depuis des années, ce journal se débarrasse de ses collaborateurs « droitiers » dès qu’ils deviennent trop voyants ou bruyants. C’est ainsi que Le Figaro-Magazine a naguère sombré dans la médiocrité.
En second lieu, je ne sache pas que les propos tenus sur Canal + par Eric Zemmour soient beaucoup plus racistes que ceux tenus voilà quelques années par Malek Boutih, qui, à l’époque où il dirigeait encore SOS-Racisme, avait évoqué la sur-représentation des personnes originaires du Maghreb et d’Afrique dans les prisons françaises. Quant au bien-fondé de ses dires, il a été confirmé par l’avocat général Philippe Bilger, qui a déclaré : « Je propose à un citoyen de bonne foi de venir assister aux audiences correctionnelles et parfois criminelles à Paris et il ne pourra que constater la validité de ce fait. (…) Tous les Noirs et tous les arabes ne sont pas des trafiquants, mais beaucoup de ceux-ci sont noirs et arabes. »
Le magistrat risque semble-t-il d’être sanctionné par sa hiérarchie et a été rappelé au devoir de réserve par le Garde des Sceaux, Michelle Alliot-Marie. Le problème n’est donc pas de savoir si ce qu’a dit Zemmour est vrai ou faux, mais si les français ont le droit de le savoir, ou plus précisément encore, s’il est autorisé d’exprimer tout haut ce dont la plupart des Français se doutent déjà.
Ma conclusion, c’est que quelque chose bouge en France, où une autre opinion publique que celle artificiellement créée par les médias est en train de se faire entendre. C’est cette opinion publique qui vient de faire reculer Etienne Mougeotte. Et ce n’est peut-être qu’un début.
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