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Agriculture. Retour au productivisme |
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Barrucand Pierre - mercredi 03 octobre 2007
ecologie, agriculture, economie
Notre ministre de l’Agriculture vient de tenir des propos potentiellement dangereux en disant que, dans la situation actuelle, les paysans devaient produire davantage. Il y a là la menace d’une relance d’un productivisme malfaisant dont M. Valadier, ancien président de l’INAO (appellations d’origine), disait que si son but initial était de nourrir, il devint vite de “produire”, puis de “détruire”. En effet, le productivisme est une menace pour l’environnement, peut être la pire. Il aboutit à des contradictions économiques insupportables et pose des problèmes éthiques et politiques réels.
Pour lutter contre la surproduction, la commission Européenne prescrivit la mise en jachère de terres arables, ce qui d’ailleurs est une forme extrême de dirigisme. En même temps, la France se glorifia de ses exportations, sans qu’on dise vers quels pays on exportait : Europe ? Amérique du Nord ? ou autres pays ?
Dans le cas de l’Afrique, les conséquences furent catastrophiques, car en mettant en difficulté les paysans locaux, ces exportations à tout prix, poussèrent ce continent vers un chaos dangereux pour la paix du monde et vers le développement de “phénomènes pathologiques” : islamisme, terrorisme, émigration massive, conflits… En même temps, l’explosion des importations, conséquence perverse d’une mondialisation mal maîtrisée, depuis la Chine notamment, mit à mal beaucoup d’exploitations. Ajoutons à cela la multiplication d’échanges incompréhensibles de produits agricoles entre régions et entre nations. Ainsi il existe, dans le domaine de l’élevage d’extraordinaires circuits que rien ne justifie, transférant des animaux vers des endroits fort éloignés pour les « rapatrier » ultérieurement, contribuant ainsi à de multiples gaspillages.
Certes, il est hors de question d’empêcher la liberté de choix, mais à la condition qu’il y ait réellement un choix. Ainsi, par exemple, le consommateur ignore en général l’origine des produits qu’il achète.
Depuis des millénaires, le blé est un Organisme génétiquement modifié
Malheureusement, le productivisme devint le dogme d’une caste (ou d’une coterie) de hauts fonctionnaires du ministère qui imposèrent, sous couvert de compétences scientifiques, leurs points de vue, entraînant, hélas, de nombreux syndicalistes à les suivre et empêchant le développement de techniques plus efficaces. En conséquence, de nombreux agriculteurs furent incités, voire contraints à s’endetter pour financer leur « modernisation » (?) ; devenant alors de véritables serfs.
Certaines initiatives du ministère furent insensées tels les excès du remembrement, la destruction des haies du bocage, la rectification de cours d’eau, hier ruisseaux paisibles et utiles, devenant torrents dévastateurs entraînant l’érosion des sols ! En outre, l’emploi excessif des engrais, des pesticides et pas seulement aux Antilles, de l’irrigation provoque de graves pollutions des sols et des nappes phréatiques, ce qui met en danger la santé humaine.
La prise de conscience des problèmes environnementaux, atteignit lentement la France. Malheureusement, les premiers écologistes commirent l’erreur impardonnable de se focaliser de façon absurde sur le nucléaire, technique parfaitement maîtrisée, et restèrent aveugles aux drames de l’agriculture productiviste.
Ensuite, un démagogue « populiste » et gauchiste, centra sa critique contre les OGM. Certes, le développement de ceux-ci peut amener les agriculteurs à être soumis à certains groupes « semenciers ». Mais, la recherche génétique ne fait que continuer une évolution poursuivie depuis dix mille ans et il n’y a pas plus de risque de « contamination » que quand le blé que nous connaissons s’est développé à partir du blé sauvage, aujourd’hui presque disparu.
Enfin certains milieux « animalitaires » (Digard) connaissent les problèmes posés par le développement de choses monstrueuses telles l’élevage intensif, or ils s’attaquent surtout à des pratiques « anecdotiques » telles les corridas ou la chasse (surtout à courre).
Il y a donc une série de fausses voies qui ont détourné l’attention des vrais problèmes, notamment de l’absurdité que sont, ou furent, l’élevage intensif qui pose de vrais problèmes éthiques, les porcheries industrielles, la pollution des rivières et aussi, la désertification excessive de certaines campagnes qui pose, elle aussi, un problème d’équilibre sociologique.
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