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Ah ! ces pauvres riches


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Lance Pierre - mercredi 18 février 2009


Quand j’entends parler de ces gens qui collectionnent les millions de dollars ou d’euros à coups de parachutes dorés, de stock-options, de dividendes exorbitants ou de salaires faramineux, je ne peux pas m’empêcher de les plaindre et de me demander où ils ont pu contracter cette maladie orpheline que l’on appelait autrefois la fièvre de l’or.

Oh, rassurez-vous, je ne vais pas vous réciter la fable du savetier et du financier, bien qu’elle ne soit pas dénuée de bon sens et même si notre cher La Fontaine demeure sans conteste un de nos grands docteurs ès psychologie. Il n’en reste pas moins qu’il y a quelque chose de pathétique chez ces frimeurs aux dents longues qui jouent des coudes pour grimper aussi haut que possible sur l’échelle de la fortune comme si c’était le podium des Jeux Olympiques. Que voulez-vous, on a les médailles qu’on peut, et nul doute que la vanité reste l’un des moteurs les plus ronflants des actions humaines.

Je crois que ces richissimes assoiffés du « toujours plus » voient surtout dans leur tas d’or le symbole de leur réussite. « Voyez tout l’argent que j’ai gagné ! N’est-ce pas la preuve que je suis quelqu’un ? » Eh bien non, pauvre bougre, cela ne prouve rien du tout, si ce n’est que tu as besoin du regard d’autrui pour te sentir quelqu’un, et que tu es donc peu de chose.

Toutefois, dans un monde où tant d’êtres humains se demandent avec anxiété comment ils vont boucler leur fin de mois, il y a dans ces revenus démesurés une insulte et une provocation intolérables. Ce qui ne m’empêche pas d’être un partisan résolu du libéralisme, dont on peut dire ce que Churchill disait de la démocratie : « C’est le pire des régimes à l’exception de tous les autres. » Au reste, ces fortunes extravagantes ne sont pas le fruit du libéralisme, mais bien de son dérèglement. Que, par exemple, un dirigeant d’une entreprise qu’il a menée au bord de la faillite puisse obtenir un magot rondelet en échange de sa démission n’a rien à voir avec le libéralisme responsabilisant, car c’en est la négation même.

Cela dit, il ne faut pas non plus se faire trop d’illusions sur ce qu’on appelle la fortune. Personne ne peut avaler un kilo de caviar, ni se baigner dans trois piscines à la fois. Ce qui compte dans la richesse, c’est ce qu’on en fait. Les très fortunés ne mettent pas leur magot sous le matelas, c’est certain. Ils le placent ou ils l’investissent, donc le remettent en circulation. Pour en gagner davantage, me direz-vous. Sans doute, mais en attendant, cela profite à beaucoup d’autres.

Je me promenais dernièrement avec un ami sur le port de Cannes où nous admirions les yachts et surtout les magnifiques voiliers qui y sont arrimés. « Tout de même, me dit-il avec une pointe d’envie, il y a des gens qui ont vraiment du pognon. – Certes, lui répondis-je en souriant, mais vois la chance que nous avons : Grâce à eux, nous pouvons venir admirer ici cette belle ouvrage française qui fait la réputation mondiale de nos chantiers navals, et ça ne nous coûte pas un kopeck. »

Une civilisation ne se conçoit pas sans une certaine proportion de gens très riches, sans lesquels nous n’aurions ni châteaux, ni cathédrales, ni sculptures, ni musées, ni quartiers historiques, mais seulement des villes mornes et tristes de style stalinien aux avenues rectilignes bordées d’HLM tagués.

Pour autant, il ne faut pas tomber dans les excès, et si les fous du dieu Veau d’Or ne savent pas freiner leur voracité, il faudra bien établir des limites assorties de pénalités, sinon ces insatiables finiraient par nous attirer des révolutions. Car aujourd’hui, toutes les fortunes sont transparentes, étalées sur le petit écran ou diffusées par Internet, et on ne peut pas reprocher à ceux qui doivent se serrer la ceinture d’avoir envie de remonter les bretelles aux obèses du compte en banque.

Récemment, le Président Sarkozy a demandé à quelques PDG dorés sur tranche de renoncer à leurs « bonus ». Ceux qui avaient tout d’abord fait la sourde oreille, ont fini par s’exécuter. Tant mieux.

Pour autant, n’allons pas accorder du crédit à la fable évangélico-socialiste selon laquelle les pauvres seraient plus vertueux que les riches. Car un pauvre n’est pas autre chose qu’un riche qui manque d’argent. La preuve en est qu’ils jouent tous au Loto.

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Kiosquiers > En moyenne, à la fin de l’année 2006, la rémunération des kiosquiers représentait 17 % du volume de leurs ventes. Les négociations avec les NMPP, qui ont eu lieu depuis, envisagent de faire passer ce pourcentage à 25 %, courant 2010.

Lagardère > La branche audiovisuel et presse du groupe Lagardère a réalisé 2,1 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2008 (soit un peu plus du quart du chiffre d’affaires du groupe), en hausse de 0,4 %, malgré un recul de 0,3 % pour la presse seule.

omnicom > Le groupe américain Omnicom, numéro un mondial de la publicité, a réalisé un chiffre d’affaires de 13,4 milliards de dollars en 2008, en hausse de 5,2 %. Le bénéfice net du groupe a également augmenté de 2,5 %, pour atteindre un milliard de dollars !




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