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Allemagne: la défaite du flou politique


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Rouxel Jean - dimanche 25 septembre 2005


Les élections législatives allemandes du 18 septembre ont donné un résultat mitigé: les démocrates-chrétiens remportent 225 sièges au Bundestag, tandis que le parti social-démocrate en conserve 222. Aucun des deux grands partis allemands n’obtient donc la majorité absolue. Et aucun ne peut même gouverner seul avec une autre formation politique (sauf à réaliser une coalition SPD-CDU). On ne saurait donc dire avec certitude, à l’heure où nous écrivons, qui sera le prochain chancelier allemand. Beaucoup de commentateurs en déduisent que l’Allemagne doit être gouvernée au centre et que ce résultat sonne le glas du bipartisme.
En réalité, ce désir de gouvernement au centre est rien moins qu’évident. Ce que les électeurs allemands réclamaient (comme les électeurs français), c’était de la clarté et de la crédibilité.
Or, les campagnes de Schröder et Merkel ne les ont pas satisfaits. Celle de Schröder, pour la simple raison que tous les discours du chancelier sortant se heurtaient à la dure réalité d’un bilan très médiocre. Et celle de Merkel, parce que la candidate de droite a multiplié les incohérences. En particulier, elle a commencé sa campagne – alors qu’elle caracolait largement en tête des sondages – en défendant une politique libérale, impliquant notamment la baisse des dépenses publiques et des prestations sociales. Mais, au moment où l’écart avec Schröder se réduisait, loin de maintenir des positions claires, Merkel a annoncé une hausse de la TVA. Elle croyait gagner en crédibilité; elle a, en réalité, beaucoup perdu en clarté, rééditant l’erreur de Juppé et Madelin en 1995. Qu’on le veuille ou non, remettre en ordre les finances publiques est une politique de droite et augmenter les impôts une politique de gauche. L’électeur sort difficilement de ce manichéisme!
Cette campagne mal engagée évoque à bien des égards la campagne de longue haleine de Nicolas Sarkozy qui tenait des discours clairs et musclés lorsqu’il n’avait pas de concurrent et ne cesse de gauchir son discours à mesure que les échéances se rapprochent et que les concurrents se font plus sérieux.
En tout cas, le résultat de cette mauvaise campagne d’Angela Merkel est que les petits partis se retrouvent propulsés au rang de faiseurs de rois, qu’il s’agisse des libéraux (61 sièges), du Parti de gauche des ex-communistes (54), ou des Verts (51). Voilà qui n’augure pas bien de la stabilité du prochain gouvernement allemand. Quant à la seule coalition qui pourrait être stable (l’union CDU-SPD), elle ravirait les extrêmes en leur offrant de nouveaux électeurs…


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