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Allocations familiales et chômage


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Barrucand Pierre - mercredi 21 mars 2007

chomage, securite-sociale
Le chômage est une catastrophe individuelle qui peut mener au suicide ou à de graves troubles psychotiques, mais il est aussi un facteur essentiel de déséquilibre social : une société où il sévit est une société malade même si des mesures, telles les indemnités sont prises pour améliorer le sort du chômeur lui permettant de survivre. Aussi la lutte contre le chômage est un impératif. Sa cause est essentiellement, mais pas uniquement, le coût salarial trop élevé. Ce coût salarial est bien évidemment alourdi par les prétendues « cotisations sociales ». Terme menteur !

En effet, rares sont les salariés qui ont versé un centime à la Sécurité sociale. Au lieu de cotisants, il serait moins erroné de parler de cotisés, puisque les salariés n’ont aucun contrôle sur des sommes versées par les employeurs. En réalité, comme l’avait observé il y a longtemps le journal « Valeurs Actuelles », les « cotisations » sont des impôts, plus exactement des impôts affectés, tout comme la « redevance » télévisuelle. Or, ces impôts pèsent essentiellement sur les salaires ce qui entraîne un cercle vicieux catastrophique.

L’employeur estimant le coût salarial trop élevé est amené à licencier créant ainsi et le chômage et le déséquilibre du budget de la Sécurité sociale, amenant ainsi la nécessité d’augmenter les impôts (ou « cotisations ») et abaissant la consommation intérieure, en aggravant une crise économique. De fait, la fiction de l’équilibre du budget de la Sécurité sociale est devenue irréalisable et l’on a été amené à inventer la CSG, impôt particulièrement mal conçu et rendu grotesque et odieux par l’aberration totale qu’est la CSG non déductible, créée par les socialistes et conservée, on ne sait pourquoi, par la Droite.

Laissons, pour le moment, les « branches » que sont l’« Assurance-maladie » et l’« Assurance Vieillesse » (qui ne sont pas des assurances de fait). Reste le cas paradoxal des Allocations familiales.

Les enfants sont les bénéficiaires de l’école qui est financée par l’État et pèse très lourd dans le budget. Jadis la gratuité totale ne concernait que l’école primaire, mais depuis les années trente, cela a été étendu au secondaire. De plus s’ajoutent à la scolarité pure et simple, diverses aides venant de l’État ou des municipalités… De toute façon, nul n’a songé à faire peser ces coûts sur les salaires !

Or, les allocations familiales sont destinées, elles aussi, aux enfants pour contribuer aux frais qu’ils entraînent : nourriture, vêtements, jouets, logement… Qui peut comprendre qu’elles soient financées par la Sécurité sociale et ainsi soient créatrices de chômage car pesant sur les coûts salariaux ? L’explication est purement historique. Quand la IIIe République créa l’École laïque et obligatoire, création nécessaire pour des raisons économiques et politiques, on ne manquait pas d’enfants, il y en avait même trop, si bien que l’argument nataliste n’avait pas à être pris en compte.
Mais certains patrons, notamment catholiques, estimaient juste un système de compensation des salaires en faveur des familles nombreuses et même de construction de maisons destinées aux salariés, tels les fameux corons. Leurs motivations étaient idéalistes certes, mais aussi il y avait le souhait de réduire le nomadisme des « prolétaires », considéré comme néfaste et immoral.
C’est de ces idées et pratiques qu’est sorti le système des allocations familiales considérées comme « salaire différé » : une ineptie. Ce qui l’excuse est le fait que l’on considérait alors l’emploi comme incompressible, d’où aussi la création d’un impôt sur les salaires, qui fut assez vite abandonné.

Financer les allocations familiales par l’impôt en général, c’est-à-dire par l’impôt sur les sociétés, la TVA… et non par une pseudo « cotisation » alourdissant la charge salariale, est donc un moyen logique et efficace pour réduire celle-ci.

Certes, c’est encore l’entreprise qui paye, mais c’est elle qui, finalement, paye tous les impôts y compris l’impôt sur le revenu des salariés même si elle ne le fait pas directement.

Bien entendu ce raisonnement peut s’appliquer aux autres « branches » de la Sécurité sociale, mais le bouleversement entraîné par une telle réforme et aussi certains problèmes auxiliaires fait qu’une telle réforme ne peut être faite « instantanément ». En s’attaquant d’abord aux seules allocations familiales, on pourra, en réduisant cette charge salariale, stimuler l’emploi. Donc augmenter la consommation, et finalement la « croissance ».

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