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Ambiguïtés européennes sur la viande clonée


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Bonus WEB - lundi 09 août 2010

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La découverte de la commercialisation de viande issue d’animaux clonés en Grande-Bretagne sans que les consommateurs en aient été informés illustre la fragilité de nos sociétés face à ce type d’abus. Et l’hypocrisie de la commission européenne en cette matière n’arrange rien.

En témoignent les déclarations stupéfiantes de Marlene Holzner, porte-parole de la Commission, rapportées par Le Parisien du 7 août : « En Europe, l’importation d’animaux clonés, ou bien d’embryons ou de semence d’animaux clonés, en provenance des Etats-Unis ou du Canada, n’est pas soumise à des règles particulières. En fait, nous pouvons en importer, mais pas en fabriquer. »

Il en va de même des OGM : il est interdit d’en produire pour l’alimentation, mais il est licite d’importer d’Outre-Atlantique et de commercialiser chez nous des produits finis qui en contiennent. Pis encore : rien n’oblige les fabricants ni les commerçants à en informer consommateurs.

De deux choses l’une :
  • soit la viande provenant d’animaux clonés et les OGM ne présentent pas de danger, et il faut les autoriser : c’est l’argument de leurs partisans, qui font valoir que l’Europe prend du retard par rapport aux Etats-Unis sur ces techniques, ce qui pourrait à l’avenir handicaper gravement son agriculture.

  • Soit il existe un risque pour les populations et il faut alors interdire la commercialisation de ces denrées, importées ou non, au nom du principe de précaution.

Il est de bon ton de tourner ce principe en dérision ; la réaction de l’opinion britannique devrait nous rappeler des précédents fâcheux : c’est en Grande-Bretagne qu’est apparue la maladie de la vache folle, qui y a tué d’une mort très pénible près de 200 personnes. Les mêmes scientifiques qui nous assurent aujourd’hui que l’on ne risque rien en consommant des OGM ou de la viande clonée, n’avaient pas prévu à l’époque que l’utilisation de farines animales pour nourrir les bovins, c’est-à-dire l’alimentation d’herbivores avec de la viande, pourrait avoir des conséquences aussi dramatiques.

Il n’est jamais prudent de violer la nature ; et l’on ne dispose d’aucun recul pour affirmer avec certitude que l’absorption d’organismes génétiquement modifiés ou de produits – viande et lait – issus d’animaux clonés est anodin.

La sagesse voudrait que l’on se donne le temps de la réflexion et de l’expérimentation. L’esprit de lucre s’y oppose. C’est ainsi que surviennent les catastrophes.


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