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Courrier - mercredi 23 février 2011


Dans le n° 779, j’ai été attiré par des phrases relevées dans 3 chroniques : 1) La toute dernière phrase de Bernard Tré­meau : « Copier ce qui se fait en Allemagne ». 2) Aline Adam dans son texte sur les fameux voyages : « Ils verraient des exemples qui marchent ». 3) Enfin, sous la plume de Rémy Gigos : « Et ça fonctionne, comme le montre la diminution drastique de la criminalité en Colombie ou en Indonésie… ».

Dans ces trois cas, il est dit que des pratiques meilleures que les nôtres peuvent être observées ailleurs. Oui, cela fait des années qu’on le dit et autant d’années durant lesquelles les dirigeants français ont refusé d’utiliser la méthodologie du « benchmarking ». Cette mé­thode a fait et continue de faire ses preuves aux États-Unis et au Japon depuis les années 70.

En Europe, l’idée a été reprise en 1992, avec une conférence organisée par Bull, puis avec le Mouvement Français pour la Qualité et enfin avec un Forum Européen sous l’égide de Bruxelles (European Benchmar­king Forum).

Pendant 6 années, j’ai représenté la France au sein de l’EBF. Avec mes collègues européens, nous avons fait la promotion de la méthode. En 2003, au sein d’un groupe du MFQ, nous avons publié « Le guide du Benchmarking », édition aujourd’hui épuisée mais prochainement disponible sous forme d’ebook. Actuellement, je donne des formations en Université et autres écoles, je suis sollicité pour travailler en Afrique avec cet outil par l’ONUDI. Et, malheureusement, nos hommes politiques ne veulent pas comprendre en quoi consiste la démarche. Ils veulent toujours croire qu’il suffit d’avoir des statistiques, éventuellement constater sur place, pour faire du « benchmarking ».

Cela ne consiste pas non plus à copier, mais à analyser, comprendre et éventuellement adapter les bonnes pratiques, qu’on peut glaner ailleurs. Quand est-ce qu’on voudra bien le comprendre en France ?

Jacques Gautron

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