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Anne-Lorraine Schmitt : Le procès de la justice


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Rouxel Jean - mercredi 15 décembre 2010


Lundi 13 décembre commençait, devant la cour d’assises du Val-d’Oise, le procès de Thierry Devé-Oglou, meurtrier présumé de la jeune Anne-Lorraine Schmitt – dont le verdict devait être rendu le mercredi suivant, après le bouclage de ce numéro.

Pour ceux qui auraient oublié cette affaire, rappelons qu’Anne-Lorraine Schmitt, âgée de 23 ans, rencontra, pour son malheur, ce triste individu, le 25 novembre 2007, dans une rame du RER D. L’homme tenta de la violer et, devant la résistance de la jeune fille, la tua de 34 coups de couteau.

Sinistre fait divers. Il est difficile d’ignorer que les Français vivent dans des conditions d’insécurité dramatiques. Climat d’autant plus odieux que, comme toujours, les plus faibles paient le prix fort pour l’inaction des pouvoirs publics, comme cette jeune fille, aussi frêle que lumineuse, d’après les photos que nous en avons vues à l’époque du drame.

Mais, ce procès n’est pas seulement de Thierry Devé-Oglou, il est aussi – et peut-être surtout – le procès de ce que l’on appelle par une sorte d’antiphrase orwellienne la « justice française ».

Car Thierry Devé-Oglou avait déjà été condamné pour viol – commis également dans le RER D en janvier 1995. À l’époque, il avait été condamné, non pas à dix ans de prison ferme, comme le prévoit le Code pénal, mais à cinq ans, dont deux avec sursis. Et, en réalité, sa condamnation ayant été publiée le 14 février 1996, il a été libéré le 13 février 1997…Un état de faits ahurissant et scandaleux.

Quand les juges vont-ils se décider à appliquer la loi ? Et quand les juges d’application des peines, dans ce cas particulier des crimes sexuels, vont-ils comprendre qu’il est relativement facile pour un violeur d’adopter une « bonne conduite » en prison, pour la simple et bonne raison qu’ils sont rarement en contact avec des jeunes filles à violer dans leurs cellules !

Depuis le meurtre de sa fille, son père, le colonel (devenu depuis général) Philippe Schmitt, comme d’autres – parmi lesquels nos amis de l’Institut pour la Justice –, a entamé un long combat contre la récidive et le laxisme judiciaire.

L’objectif final est de mettre hors d’état de nuire ces prédateurs sexuels. Je m’associe bien volontiers à ce combat. Il faut au minimum une véritable perpétuité pour éviter toute récidive de ces crimes particulièrement monstrueux. Mais nous ne ferons pas l’économie aussi d’un véritable débat politique sur la peine de mort…

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