Milliere Guy - samedi 20 décembre 2003
L’arrestation de Saddam Hussein par l’armée américaine samedi dernier, constitue une avancée décisive vers la stabilisation de l’Irak. Les terroristes qui pouvaient encore entretenir le rêve fou de voir restauré l’ancien pouvoir voient leur rêve définitivement décapité. Les islamistes radicaux se battront peut-être encore un peu dans l’espoir de retarder l’inéluctable : ils n’empêcheront pas ce qui se profile d’une façon de plus en plus nette sur l’horizon : l’instauration de la liberté et de la décence en Irak. Je n’ai, pour ce qui me concerne, jamais douté de l’issue finale et je doute moins que jamais.
L’Irak a déjà un gouvernement provisoire constitué d’hommes décidés à faire de leur pays un exemple pour le monde arabe. Une police et une armée sont en cours de formation. Dans quelques mois, l’Irak sera pleinement gouverné et géré par des Irakiens. Les troupes de la coalition menée par les États-Unis pourront se retirer, mission accomplie. Saddam pourra être jugé pour l’ensemble de ses crimes par des juges irakiens libres.
Les vainqueurs, à court ou moyen terme, dans cette situation, peuvent être désignés sans le moindre doute : le peuple irakien, dont la joie d’être pleinement sûr d’être libéré définitivement du tyran criminel qui l’a si longtemps opprimé, faisait plaisir à voir ; l’armée américaine qui, à la tête de la coalition, peut commencer à voir la concrétisation et la signification de sa victoire ; George W. Bush, ce grand Président des États-Unis qui, n’en déplaise aux imbéciles du monde entier, pourra, au cours de son second mandat, parachever la recomposition du monde enclenchée lors du premier et mener jusqu’au bout les perspectives que j’ai décrites dans mon dernier livre (« Ce que veut Bush ») ; les autres membres du camp de la liberté, en tête desquels ces Européens dignes de leur civilisation que sont Tony Blair et José Maria Aznar. Mais les vaincus apparaissent d’une manière tout aussi nette...
Outre Saddam, se rangent dans cette catégorie tous les islamistes radicaux partisans du djihad à outrance qui savaient que la bataille d’Irak était décisive et qui voient leurs espoirs nihilistes partir peu à peu en fumée : l’islamisme n’est pas mort, il tue et tuera encore, mais il a plus que jamais du plomb dans l’aile. Se rangent dans cette catégorie les dictateurs du Proche-Orient qui comprennent que ce sera bientôt leur tour et qu’ils n’ont plus beaucoup de temps avant de finir eux aussi, minables, dans un trou à rats. Les premiers sur la liste devraient être Bachar El Assad et Yasser Arafat. Si j’étais mollah en Iran ou si j’étais le cheikh Yacine, chef du Hamas, je me ferais du souci également, et si j’étais roi d’Arabie Saoudite, je commencerais à avoir très chaud...
Se rangent dans cette catégorie aussi les pitres qui ont pris la tête du soi-disant camp de la paix, qui apparaît de plus en plus comme le camp de la collaboration avec l’ennemi. Schroeder en Allemagne ne s’est pas encore montré au moment où j’écris ces lignes : il va sans doute cacher sa joie un jour ou deux, puis tenter une ou deux formules hypocrites pour ne pas dire qu’il est dans une position de plus en plus honteuse. Chirac a esquissé un sourire. Mais on se doute de son état d’esprit. Il a perdu un ami, car il sait désormais qu’il a perdu Saddam, il va en perdre d’autres, car tous ceux qui sont sur la liste des perdants et des bientôt éjectés au Proche-Orient sont ses amis. Il ne va pas perdre l’honneur : il l’a déjà perdu depuis si longtemps qu’il ne sait plus ce que c’est. Il va être ridicule, et s’il l’est déjà à l’étranger, il ne peut plus compter que sur la désinformation journaliste pour le sauver de l’opprobre des Français.
Après un premier mandat qui a eu des allures de naufrage, le second mandat de Chirac devrait être un désastre de plus grande ampleur encore. Allié de dictateurs crapuleux et sanglants dont il ne peut empêcher la chute, Chirac va, titubant, d’erreurs en déroutes. En France même, l’islam et l’antisémitisme montent sur fond de délabrement de l’économie et d’un État-providence en faillite que le gouvernement Raffarin se contente de rafistoler vaguement. La délinquance monte et la réponse principale du gesticulant Sarkozy est de racketter honteusement les automobilistes. À l’étranger, la France s’est aliénée durablement les États-Unis où Chirac apparaît pour ce qu’il est, un opportuniste lâche, myope et sans scrupule ni envergure. La France s’est aliénée aussi une bonne partie de l’Europe et a vu déjoués ses projets de construire une Union Européenne politique qui serait rivale des États-Unis, susceptibles de contrer leurs initiatives. Tel est le sens de l’échec du sommet de Bruxelles. Nombre de pays d’Europe ne veulent pas d’une Europe conduite au suicide et au n’importe quoi par Chirac. Si Chirac insiste, ils préféreront descendre du bateau ivre.
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