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Arnaud Guyot-Jeannin : Pour une décroissance durable !


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Entretien - mardi 16 juin 2009

ecologie
Arnaud Guyot-Jeannin Journaliste et essayiste, il dirige la collection « Vu autrement » à L’Age d’Homme. Il a notamment publié deux ouvrages collectifs qui traitent de l’écologie, Aux sources de l’erreur libérale (1999) et Aux sources de la droite (2000).

1) La croissance économique peut-elle être infinie?
Non, il ne saurait y avoir de croissance infinie dans un espace-monde fini. Nous avons perdu le sens des limites inhérentes à la vie des civilisations. Nos excès et notre irrespect envers nous-mêmes comme envers la nature détruisent la biosphère. Le capitalisme est fondé sur l’accumulation du capital et du profit. Il est indissociable de la démesure, laquelle entraîne logiquement le dépérissement de toute société.

2) A défaut d'une croissance infinie, pensez-vous qu'il soit préférable d'opter pour une croissance zéro, à la façon du Club de Rome, ou pour une décroissance, comme l'évoquent plusieurs penseurs de gauche actuellement?
Je suis partisan d’une décroissance soutenable. Il faut distinguer une « croissance zéro » impossible (plus du tout de croissance) avec une croissance négative possible (moins de croissance). Bien vivre ne passe pas nécessairement par la loi du « Toujours plus » : toujours plus de travail, d’objets, de consommation, de rentabilité etc. Au contraire, bien vivre renvoie à la fameuse décence commune chère à Orwell et une décélération des modes de production, de consommation et de spéculation, à fortiori. Cette dernière devant même cesser totalement. Cette décroissance soutenable commence à sensibiliser les réseaux de la droite anti-conformiste qui cherche à sortir de l’ère du productivisme, du consumérisme, de l’industrialisme et d’un capitalisme financier de plus en plus immatériel. Le livre d’Alain de Benoist, Demain la décroissance, témoigne de cette volonté d’affranchissement du système rapace de la marchandise à l’heure de la globalisation néo-libérale et hyper-technicienne. D’autre part, il faut rappeler que la croissance  se calcule d’après le PIB, qui intègre les richesses accumulées, mais jamais la pauvreté engendrée, ni même les dégâts enregistrés sur le plan environnemental. Il existe une règle entropique fatale à laquelle les occidentaux vont devoir se plier : on ne peut pas exploiter plus de ressources naturelles qu’on n’en possède.

3) La droite, qui encourageait au XIXe siècle à réfréner l'appétit de consommation, semble aujourd'hui être du côté de la société de consommation, au nom des libertés économiques. Comment comprenez-vous cette évolution?
L’idéologie du désir sur le plan commercial et publicitaire produit naturellement une consommation de masse profitant au capitalisme de marché. La droite libérale a défendu ce consumérisme en évoquant des «  libertés économiques » purement théoriques. En réalité, le jeu du marché libre a engendré de juteux profits pour de gros producteurs et de grands distributeurs, tous deux inféodés à l’actionnaire prédateur. Résultat des courses inverse de celui attendu par les libéraux : chacun se sent déposséder de sa responsabilité et de sa liberté fonctionnelle propre.
Il n’existe plus de libertés économiques dans un monde entreprenarial livré à la guerre de tous contre tous pour emporter un marché. La concurrence entre des partenaires de petite, moyenne et grande taille a laissé la place à la compétition entre les grosses multinationales de la planète qui monopolisent le marché. La grande distribution en témoigne. Flora Montcorbier a pu désigner justement le capitalisme occidental régnant comme un «  communisme de marché ».


4) L'un des aspects majeurs de la décroissance concerne l'écologie. La droite a eu longtemps une réflexion et une action dans ce domaine, mais semble aujourd'hui étrangement absente de ce débat. Comment l'expliquez-vous?
En 1945, la droite a réfuté l’écologie qui était un de ses thèmes de prédilection par peur d’être assimilé à Vichy et à Pétain ( «  La terre, elle, ne ment pas !). En 1968, la gauche a profité de l’enfermement de celle-ci dans le ghetto des réprouvés ou dans le camp de la gestion bourgeoise, le gaullisme immobilier et la société de consommation, pour reprendre l’offensive. Elle a monopolisé le thème de l’écologie, souvent en dévoyant son projet initial et en minimalisant ses revendications. Depuis 40 ans, la gauche politicienne s’est caractérisée par son ralliement à la société capitaliste en y mêlant son hédonisme festif. Syndrome Bobo ! Priorité au cosmopolitisme nomade, si prisé par le capitalisme transnational ! Quant à la droite, elle a fait le jeu du marché économiquement et a suivi la gauche dans ses thèmes sociétaux. Seuls quelques penseurs inclassables, revendiqué de droite par liberté d’esprit, comme Paul Sérant, Gustave Thibon ou Georges Suffert ont reposé urgemment la question écologique dans un milieux et une société qui leur étaient hostiles.


5) Selon vous, le développement durable peut-il être obtenu par le jeu du marché?

Le développement durable est une expression développant surtout un oxymore (mots contradictoires). L’idéologie du développement s’accompagne toujours d’une courte durée, car elle corrobore toujours les desseins de la rentabilité immédiate. Ainsi, le développement durable appelé aussi «  capitalisme vert », «  croissance verte » ou encore l’expression plus perverse «  croissance soutenable », est un instrument redoutable du marketing financier. Notamment par l’effet rebond ! Les voitures moins polluantes ne le seront pas, au bout du compte, puisque elles seront achetées en plus grand nombre. Moins de pollution aujourd’hui, pour en éprouver davantage demain ! La décroissance soutenable ne se confond donc pas avec le développement durable. René Riesel n’a pas tort d’insister sur le rôle primordial d’une écologie résidant en premier lieu dans l’éradication du capitalisme industriel. La destruction de la Forme-Capital complétées par celles de la Forme-Parti et de la Forme-Média sont nécessaires à l’éclosion d’une société organique où l’homme se réenracine dans ses communautés d’appartenance et renoue avec le lien cosmique qui unit la Terre au Ciel.

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Le groupe TF1 vient de racheter deux chaînes gratuites de la TNT pour 192 millions d’euros, au groupe AB (contrôlé par Claude Berda) : TMC et NT1. TMC a connu en 2008 2,4 % d’audience et un résultat opérationnel de 14 millions. De son côté, NT1 a connu une audience de 1,3 % et un déficit de 2,5 millions.

Medias
Publicité > Depuis le début de l’année 2009, le chiffre d’affaires publicitaires de TF1 a reculé de 14 % et celui de M6 a reculé de 6 %. Au total, l’investissement publicitaire en télévision a diminué de 5 %.

Super Bowl > À l’occasion de la finale du Super Bowl (championnat de football américain) en février dernier, la chaîne NBC, qui retransmettait le match pour la première fois cette année, a vendu pour 261 millions de dollars de publicité pour la journée, dont 206 millions pendant le match lui-même !

La Croix > La Croix est l’un des rares quotidiens à avoir connu une croissance significative de son lectorat ces derniers mois : 16,7 % de hausse entre juillet 2007 et juin 2008. À cette date, le quotidien catholique comptait 471 000 lecteurs en moyenne.

Bien Public > Le quotidien bourguignon a connu une diffusion payée de 46 446 exemplaires par jour en 2008.

Femme actuelle > Le magazine « Femme actuelle », édité par le groupe Prisma, est lu chaque semaine par 6,4 millions de personnes.

Mondadori > L’éditeur de presse italien annonce une perte de 1,8 million d’euros pour le premier trimestre de l’année 2009, contre un bénéfice de 17,7 millions pour la même période de 2008.




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