Trémeau Bernard - samedi 03 avril 2004
En 1945, le gouvernement français a créé la Sécurité Sociale regroupant dans un seul organisme, l’assurance maladie, l’assurance chômage et l’assurance vieillesse. Tous les salariés doivent être assurés à cet organisme. Tous les employeurs doivent remplir la caisse avec les charges sociales.
Très rapidement, des régimes spéciaux ont été créés pour certaines entreprises publiques, comme la SNCF ou l’Éducation Nationale. Outre les charges sociales identiques à celles du régime général, ces régimes très particuliers reçoivent des dons de l’État, dons qui permettent d’avoir des prestations bien supérieures. La République se dit égalitaire, mais crée avec délice des castes de privilégiés. C’est cela la Démocratie à la française vécue au jour le jour…
Puis d’autres Français, non salariés, ont eu leur régime particulier et obligatoire : les paysans, les artisans ou les médecins. Toutes ces catégories sociales paient de leur poche l’assurance obligatoire, sous la haute surveillance de l’État. Par exemple quand une caisse est excédentaire, l’État prend l’excédent pour boucher un trou trop insupportable d’une autre caisse.
Ce système d’assurance maladie obligatoire, construit au fil des années en différentes couches superposées, est devenu d’une fantastique complexité. Il est en principe géré ou surveillé par l’État, mais il est pratiquement devenu incontrôlable, même avec l’aide récente du Parlement.
C’est d’abord un monopole d’État. Il retire donc, sur un point essentiel de notre vie quotidienne, tout choix individuel. Nous subissons les choix de la Sécurité Sociale. Quand la Sécurité Sociale décide de rembourser les médicaments efficaces contre les diarrhées et de ne pas rembourser les médicaments contre la constipation, elle refuse aux millions de constipés français le remboursement du médicament dont ils ont besoin. Nous ne sommes plus des hommes libres et responsables. Nous sommes devenus des Assujettis, des Sujets irresponsables, qui subissent.
C’est ensuite un monopole d’État qui échappe aux rigoureuses et merveilleuses lois de la concurrence. Quand la concurrence existe, celui qui offre le même service au moindre coût attire les clients et augmente ses bénéfices. Tous les autres voient leur clientèle les abandonner. La concurrence contraint tout le monde à bien gérer. Le Monopole d’État, par définition à l’abri de la concurrence, est toujours mal géré, que ce soit en URSS ou en France. La mauvaise gestion coûte très cher aux contribuables.
Enfin, quand les concurrents existent, chaque entreprise cherche sans relâche les innovations qui vont lui permettre d’être la meilleure au moindre coût. Le service rendu s’améliore constamment au fil des ans. Le monopole d’État crée des entreprises sclérosées, évoluant à une allure de tortue, tournant de plus en plus pour elles-mêmes. Des mammouths ou des dinosaures. Les clients sont toujours les principaux bénéficiaires de la concurrence.
Conclusion. Il faut sans hésiter arrêter le massacre et rendre à chaque Français le libre choix de son assurance santé. Nous ne sommes plus dans l’URSS, à l’époque de Staline qui voulait le bonheur de tout son peuple. Le mur de Berlin est tombé depuis longtemps. Nous voulons prendre en charge notre propre bonheur. Nous voulons être libres et responsables.
- Il faut d’abord rendre à chaque Français l’argent qu’on lui prend pour alimenter les multiples caisses de Sécurité Sociale. On rendra ainsi beaucoup plus à l’employé de l’EDF qu’au paysan. Le retraité récupérera son droit à l’assurance, qu’il a payé quand il travaillait.
- Il faut alors mettre en concurrence la Sécurité Sociale avec les mutuelles ou les assurances privées. Si, comme le prétendent parfois les marxistes défenseurs du monopole d’État, la Sécurité Sociale est le meilleur système possible, elle écrasera automatiquement tous les autres…
- Il faut ensuite contraindre tous les Français à prendre une assurance contre le gros risque médical, rare mais coûteux. Comme on contraint tous les automobilistes à prendre une assurance au tiers illimité.
- Il faut enfin laisser chacun libre de gérer son petit risque comme il l’entend, avec sa mère la Sécu s’il considère qu’il a intérêt à rester dans ses bras protecteurs…
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