enseignement du gender
Offre gratuite !
La version papier :
pendant 4 semaines dans
votre boite aux lettres
Cliquez ici
Notre lettre d'infos

Assurance-maladie : les mauvais comptes !


envoyer cet article à un ami
Imprimer cette page


Voter pour cet article
2 VOTES
796 LECTURES

Rouxel Jean - dimanche 11 juillet 2004


L’assurance-maladie, qui rembourse aux Français 70 % de leurs dépenses de santé, sera cette année en déficit de 15 milliards d’euros.
Philippe Douste-Blazy a présenté un plan de réforme qui est en cours d’examen à l’Assemblée nationale. Il comporte 5 milliards d’euros de recettes nouvelles, réparties entre les usagers, les salariés, les retraités et les entreprises et, dit-il, quelque 10 milliards d’euros d’économies, faisant appel à ce que le Secrétaire d’État à l’assurance-maladie Xavier Bertrand a appelé « la dimension psychologique du plan ». Il s’agit, ni plus ni moins, de changer les comportements notamment en matière de consommation de médicaments. Une boîte de médicaments sur cinq achetée n’est jamais ouverte et, pour les trois quarts, les boîtes ne sont jamais terminées…
Au cœur de ce dispositif d’économies, il y a (article 2 du projet de loi) le Dossier Médical Personnel ou DMP qui, à lui seul, doit générer, selon le ministre de la Santé, un milliard d’économies, dès 2007.
Mais personne n’y croit ! Ni l’opposition socialiste, ni l’UDF, ni les services de Bercy, ni les syndicats de médecins, ni les sociétés de services en informatique qui répondront demain aux appels d’offre pour la mise en place du DMP.
Après plus de dix ans d’efforts opiniâtres, la carte Vitale n’est encore utilisée que par 80 % des praticiens français. Or, la mise en place, via Internet du DMP sera autrement plus compliquée ! Chaque patient doit pouvoir y accéder et même corriger certaines données. Chaque médecin-traitant aura aussi son code d’accès. Mais l’Ordre des médecins veille aussi au respect du secret médical, et s’efforce de tenir à l’écart les caisses et les compagnies. Le projet, au plan technologique, en est au tout début de son lancement et les quelques expériences développées à l’étranger donnent à penser qu’il faudra plutôt cinq années que deux ou trois pour qu’il soit opérationnel.
Quant à son coût estimé à 300 millions d’euros, il pourrait être dix fois, voire quinze fois plus élevé.
Avant d’être un facteur d’économies, le DMP sera un facteur de coût, puis, un peu plus tard, un élément peut-être utile de meilleure information... Ce n’est pas lui qui va sauver la Sécu.
Selon les règles prudencielles habituelles, un profit ne doit être inscrit dans les comptes que lorsqu’il est réalisé. Tandis qu’un risque doit être provisionné dès qu’il est identifié. Il serait temps que nos ministres apprennent quelques règles élémentaires de bonne gestion.

17 commentaires - Ecrire un commentaire


Recevez gratuitement
la version papier,
pendant 4 semaines !

Cliquez ici

En bref



Plan du site