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Assurance-maladie : un replâtrage coûteux et autoritaire


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Rouxel Jean - samedi 22 mai 2004


Le plan de redressement de l’assurance-maladie annoncé lundi dernier sur France 2 par Philippe Douste-Blazy est loin d’être définitif : dans la situation politique très précaire où se trouve le gouvernement auquel il appartient, aucune décision de cette importance ne peut être prise sans recevoir préalablement l’aval de quelques organisations syndicales et de différents lobbies… Ainsi la contribution d’un euro par acte médical qui serait exigé de tous, sauf évidemment des « exclus » (couverts par la CMU) et des étrangers en situation irrégulière (couverts par l’AME). Cette nouvelle version du ticket modérateur a toujours fait l’effet d’un chiffon rouge aux yeux de tous les responsables syndicaux pour lesquels il ne doit pas y avoir de restriction au sacro-saint principe communiste de la gratuité des soins. On peut donc faire le pari que cette mesure de bon sens sera abandonnée.
Les autres mesures touchant aux recettes ont un caractère plus probable. Que ce soit l’augmentation de la CSG pour les retraités imposables, de la contribution spécifique de solidarité sur les sociétés faisant plus de 750 000 euros de chiffre d’affaires (C3S) ou bien encore, la prolongation au-delà de 2014 de la CRDS, pour éponger une dette déjà supérieure à 30 milliards d’euros, elles ont un point commun : elles frappent des catégories de personnes qu’on ne voit pas défiler dans la rue, en particulier pour la troisième mesure, puisqu’elle frappe les générations futures…
Du côté des dépenses, les mesures envisagées s’analysent comme un effort de rationalisation d’un système qui, nous dit-on, pour devenir plus efficace, doit aussi devenir plus centralisé et plus autoritaire. C’est la logique de tout monopole.
Les partisans affichés de celui-ci ont donc de bonnes raisons de considérer que le plan de Douste-Blazy ne va pas assez loin. Le parti socialiste rêve par exemple d’un système à l’anglaise où chaque famille se verrait imposer un médecin référent, un peu, comme chez nous, en matière d’éducation, avec la carte scolaire, chacune se voit imposer une école publique.
Par contre, les adversaires du monopole ne trouveront rien de bon dans le plan Douste-Blazy. La création d’une nouvelle Haute Autorité, dont les sages seront désignés par le Président de la République, le Président du Sénat, le Président de l’Assemblée nationale et celui du Conseil économique et social, aura vocation, au-delà de l’évaluation de l’efficacité des molécules, à dire comment chacun doit se soigner. Et cela constitue un grand pas en avant dans la voix de la construction du nouveau Léviathan…

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