de Beaufort Hubert - vendredi 16 septembre 2011
dette
La faillite annoncée de la Grèce, petit pays semblant sans histoire, fait chuter les bourses, sème le trouble en Europe et se révèle un détonateur mettant le feu à la poudrière des déséquilibres mondiaux.
Comment cela est-il possible ?
La crise grecque est d’abord révélatrice du laxisme financier d’une grande partie de l’Europe et du leader mondial que se veut encore Washington. La croissance, ce sésame se voulant magique, devait garantir une prospérité indéfinie permettant d’effacer les dettes, d’autoriser les spéculations les plus folles, de garantir le développement de ce qui était appelé le tiers monde, développement qui fut d’abord celui d’une démographie exponentielle.
Cette crise grecque s’est déclenchée alors que les deux crises géopolitiques en cours prenaient des évolutions incontrôlables. La plus ancienne est due au pétrole, qui fut la cause des dernières guerres qui se continuent aujourd’hui en Irak, et en Afghanistan de façon indirecte. Répétons une fois encore qu’un pétrole abondant et bon marché reste indispensable au mode de civilisation occidentale.
L’autre crise géopolitique est due à l’explosion démographique du monde arabe qui a vu sa population multipliée par cinq en un siècle, avec une jeunesse férue d’internet et sans travail. Cette jeunesse espère que la démocratie qu’elle réclame la rapprochera de son rêve d’eldorado occidental. C’est malheureusement un mythe, car le progrès économique et social réclame soit du temps comme en Europe, soit un contrôle démographique draconien comme c’est le cas en Chine et au Japon.
Lancer une forme moderne du plan Marshall
Le dilemme du présent est que la crise financière et les crises géopolitiques se télescopent, alors qu’aucun arbitre n’est à même d’imposer la paix et un ordre nouveau.
Pourquoi ? Parce que la première puissance mondiale que sont les Etats Unis n’ont plus l’autorité économique et militaire qui leur a permis depuis 1945, durant un demi siècle, d’imposer leur suprématie.
Financièrement les Américains vivent à crédit et les conflits engagés tournent au fiasco en Irak comme en Afghanistan. Le président Obama a d’ailleurs été contesté pour son engagement en Libye aux côtés de la France et de la Grande Bretagne.
La crise grecque est un révélateur d’une crise mondiale qui n’a pas de précédent géopolitique. Il faut éviter à Athènes une faillite, car personne ne peut en prévoir les conséquences. L’incendie est encore limité, mais c’est un foyer de trop.
La mission des responsables politiques est aujourd’hui d’apaiser les tensions par la voie diplomatique et lancer une forme moderne du plan Marshall de 1945 pour donner une chance aux minorités lucides des pays en ébullition de lancer des plans de développement.
Quant à l’Europe et aux Etats Unis, ils doivent mettre fin à leurs errements et retrouver l’audace et l’exemple de leurs anciens : Roosevelt, Churchill, de Gaulle.
Les slogans vides ont fait leur temps. Il nous faut la vérité et la volonté, les deux V de la victoire.
4 commentaires - Ecrire un commentaire
|