Rouxel Jean - mercredi 16 janvier 2008
sarkozy, reformes
Nicolas Sarkozy sait parfaitement ce qu’il faut faire pour redresser l’économie française : des réformes de structures simples, qui ont fait leur preuve partout ailleurs, pour réduire les dépenses publiques de 10 %. Cela permettrait à la France de redevenir un bon élève européen et relancerait son économie. Voilà le devoir de Sarkozy. Il s’y dérobe, préférant les billevesées d’une « politique de civilisation » que lui a soufflées son griot, Henri Guaino.
Tout est bon à Sarkozy pour échapper à ses obligations réformatrices. Il multiplie les diversions de politique étrangère. Il y eut la libération des infirmières bulgares en juillet dernier. Maintenant, c’est celle d’Ingrid Betancourt qui est sur la sellette. La libération de son ex-collaboratrice, Clara Rojas, et de Consuelo Gonzalez, est un excellent préambule pour la saga colombienne de Sarkozy. Il lui faudra toutefois ravir la vedette au président vénézuélien, Hugo Chavez, placé sur l’avant-scène par cette libération.
Les propos et attitudes provocateurs de Sarkozy, ses voyages tapageurs, son style « bling-bling » ne résultent pas seulement de ses penchants naturels. Mais aussi de sa volonté de faire jazzer, pour détourner l’attention des Français de leurs problèmes. Il joue la pipolisation à fond. Après son divorce avec Cécilia, il a vite fait entrer en scène la flamboyante Carla Bruni. Les escapades d’amoureux pour couvertures de magazines se sont multipliées.
Le mariage a été annoncé. Sarkozy a prévenu : le public en sera informé une fois que la cérémonie aura eu lieu. Les médias vont s’acharner à en découvrir la date et le lieu. Ça les occupera un moment. Et Sarkozy s’arrangera peut-être pour qu’ils le sachent un peu avant, afin de savourer ces photos de lui sur papier glacé dont il raffole. Et voilà que Cécilia réapparaît, avec trois ouvrages sur elle la semaine dernière. Celui d’Anna Bitton, « Cécilia » (Flammarion) – dont elle a tenté d’empêcher la parution – lui prête des propos désobligeants sur Sarkozy : il « ne fait pas président de la République », il « a un réel problème de comportement », il est « pingre », il « n’aime personne ».
Ça va loin, surtout concernant « ses enfants ». Mais ça sert les intérêts de Sarkozy.
Tous les magazines de la semaine dernière ont fait leur couverture sur ces ouvrages : excellent pour les ventes. Les directeurs de journaux jubilent. Sarkozy aussi : pendant ce temps, on parle moins du pouvoir d’achat en berne ou des négociations sur les 35 heures…
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