enseignement du gender
Offre gratuite !
La version papier :
pendant 4 semaines dans
votre boite aux lettres
Cliquez ici
Notre lettre d'infos

Augmenter le pouvoir d’achat : par la productivité


envoyer cet article à un ami
Imprimer cette page


Voter pour cet article
16 VOTES
2035 LECTURES

Trémeau Bernard - mercredi 19 décembre 2007

inflation
Joaquin Almunia, commissaire européen aux Affaires économiques et Monétaires, vient de demander aux salariés européens de modérer leurs demandes d’augmentation de salaires. Pour éviter, dit-il, une reprise de l’inflation, un ralentissement de la croissance et une augmentation du chômage. Ce sont les grèves des cheminots allemands, réclamant une augmentation de 30 %, qui l’ont poussé à faire cette demande.

Comme la France subit depuis plusieurs semaines des grèves multiples exigeant des augmentations de salaires, il est nécessaire de bien faire comprendre que Joaquin Almunia a malheureusement raison : car quand on augmente les salaires, on diminue le pouvoir d’achat…
Toute augmentation de salaires qui ne correspond pas à une augmentation équivalente de l’offre ne peut globalement produire que de l’inflation. Elle ne peut pas produire d’augmentation du pouvoir d’achat. On ne peut consommer que ce que l’on produit… Si on ne produit que 10 paires de chaussures, une augmentation de 30 % des salaires ne permettra pas d’en acheter 13…

Par contre, une augmentation de 30 % des salaires, uniquement à la SNCF, donne pratiquement une augmentation de 30 % du pouvoir d’achat des agents de la SNCF. Ils font augmenter le coût des billets de 15 % environ. Cette inflation diminue d’autant le pouvoir d’achat de l’ensemble de la population. L’augmentation des salaires à la SNCF n’augmente pas le pouvoir d’achat des Français. Elle effectue seulement un transfert de pouvoir d’achat de l’ensemble de la population vers les salariés de la SNCF.

En 1968, après les fameux “accords de Grenelle”, une augmentation globale de tous les salaires, a provoqué une augmentation de tous les prix. Elle n’a pas favorisé une catégorie particulière de salariés. Mais comme il existe toujours un délai entre le moment où l’on touche son augmentation de salaires et le moment où l’inflation rééquilibre l’offre et la demande, les salariés ont eu pendant quelques semaines une augmentation de leur pouvoir d’achat. Ce qui leur fait croire encore aujourd’hui que les accords de Grenelle ont été une « grande avancée sociale »… Grenelle a, en fait, été le départ d’une forte inflation, accentuée après 1973 par le premier choc pétrolier.

Pour lutter contre cette inflation, la Banque centrale est obligée de réduire les crédits qu’elle accorde aux particuliers et aux entreprises. Les particuliers n’achètent plus de voitures à crédit et les entreprises font moins d’investissements de productivité. De ce fait, le pouvoir d’achat de l’ensemble de la population stagne et le chômage apparaît. C’est ce qu’on observe en Europe depuis 1983. Cependant, en 2002, Schröder a fortement réduit les charges pesant sur les entreprises allemandes, la BCE a pu augmenter les crédits. Une sérieuse diminution du chômage a suivi en Allemagne, et même un peu en France.

Dernier point. Depuis 1969 le marché français est ouvert aux produits étrangers et, depuis 1999, une même monnaie unit les pays européens. Une monnaie commune n’est qu’un système à parité fixe particulier, où la dévaluation est devenue impossible… Or, depuis 1999, les salaires français progressent bien plus rapidement que les salaires allemands. Les produits fabriqués en France sont de plus en plus coûteux. Pour augmenter leur pouvoir d’achat, les consommateurs européens (et français) délaissent les produits français. Pour continuer à faire des bénéfices, Peugeot installe des ateliers dans la République Tchèque ou utilise des informaticiens indiens. L’augmentation plus rapide des salaires en France fait progressivement le vide économique dans notre pays.

Une augmentation de 30 % des cheminots allemands serait merveilleuse pour « Fret SNCF » français qui risquerait de redevenir compétitif. Mais, elle obligerait la BCE à réduire ses crédits, donc à réduire notre pouvoir d’achat. Le bilan pour les Français serait finalement négatif.
Tel est le rôle incontournable de l’inflation. Pour augmenter le pouvoir d’achat des salariés, il ne faut pas augmenter leurs salaires. Il faut augmenter la productivité de leurs entreprises, en investissant.

18 commentaires - Ecrire un commentaire


Recevez gratuitement
la version papier,
pendant 4 semaines !

Cliquez ici

En bref
ARMEMENT
En 2007, Israël est devenu le quatrième exportateur mondial d’armement, derrière les États-Unis, la Russie et la France, devant la Grande-Bretagne.

Chiffres significatifs
RANçON > Les ravisseurs du journaliste français Gwen Le Gouil, en Somalie, exigent, pour sa libération, une rançon de 70 000 dollars. Il y a plus de 10 000 kidnappings crapuleux chaque année, à travers le monde…

Catastrophes > De 1997 à 2006, le nombre des catastrophes naturelles est passé de 4 241 à 6 806, progressant d’environ 60 % par rapport à la décennie précédente.

Record > 2007 est une année record au Pakistan : près de 700 tués dans des attentats kamikazes.

Travail > 78 % des Français – dont 70 % des sympathisants du PS – veulent effectuer des heures supplémentaires.

Surconsommation > Le divorce d’un couple augmente sa consommation d’électricité et d’eau de 56 %.

Dégraissage > Dominique Strauss-Kahn, président du FMI, va licencier 400 personnes : 15 % du personnel.

Dispendieux > Le musée des Arts premiers du quai Branly, cher à Jacques Chirac, a coûté 85 millions d’euros de plus que prévu.

Export > La France compte 2 000 PME exportatrices de plus de 500 salariés, l’Allemagne 5 000.

Immobilier > En France, de 1990 à aujourd’hui, la proportion des ménages propriétaires est tombée de 54 % à 46 % dans les classes moyennes, de 51 à 33 %, dans les classes plus modestes.




Plan du site