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Augmenter les salaires : la dernière des bêtises


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Trémeau Bernard - mercredi 02 mars 2011

bce, inflation
Jean-Claude Trichet est un énarque qui a choisi d’abord d’être Inspecteur des finances. Puis, il devient gouverneur de la Banque de France en 1993 et, enfin, président pour 8 ans de la Banque centrale européenne (la BCE) en 2003.

Le titulaire de ce dernier poste a reçu une mission précise des gouvernements européens : maintenir l’inflation de l’euro en dessous de 2 %. Il est difficile de connaître mieux que lui tous les problèmes monétaires mondiaux actuels.

Jean-Claude Trichet a été interviewé ce dimanche 20 février sur Europe 1 et à la question « Faut-il augmenter les salaires pour relancer l’économie ? », il a répondu immédiatement et sans hésiter : « Ce serait la dernière des bêtises à faire. »

Il signale au passage que les salaires français ont augmenté en 10 ans de 35 %, alors que les salaires allemands n’ont augmenté que de 17 %.
François Baroin, actuel ministre du Budget, des Comptes publics et de la Réforme de l’État, et porte-parole du gouvernement, a qualifié cette déclaration de « curieuse » et l’a critiquée.

Puis, quand le journaliste a demandé à Jean-Claude Trichet si la France devait adopter actuellement une politique de relance, il a répondu qu’il ne fallait pas le faire, car les mesures proposées par le gouvernement français « ne seraient pas sages ».

Enfin, Jean-Claude Trichet, dans la suite de son interview, se montre totalement favorable à ce que tous les gouvernements européens rendent illégale la pratique du déficit budgétaire. En effet, depuis que les gouvernements européens ont renoncé « à faire marcher la planche à billets », ce qui leur permettait de dépenser plus qu’ils ne gagnaient en faisant de l’inflation, ils ont trouvé une autre façon de distribuer plus d’argent qu’ils n’en gagnent en faisant de l’inflation : ils empruntent de l’argent, ils font des dettes. Le gouvernement suivant, voire les enfants paieront… Quant à l’inflation, ce sont les marchands qui en sont responsables…

Le désaccord semble donc total entre, d’un côté, tous les ministres responsables du gouvernement français et, de l’autre, tous les gouverneurs des banques nationales et les responsables de la BCE.

Les premiers semblent encore croire qu’une augmentation des salaires financée d’une façon ou d’une autre par l’État relancerait l’économie en augmentant la demande. Cette relance réduirait donc le chômage.

Les seconds sont eux totalement persuadés qu’une augmentation des salaires serait la dernière des bêtises à faire. Ce qui est un très méchant qualificatif vis-à-vis des ministres français…

Il est une certitude. Plus un gouvernement prend des mesures inflationnistes, plus la Banque centrale doit s’opposer à cette inflation. Elle le fait en augmentant ses taux courts. Les banques privées répercutent cette augmentation du coût du crédit sur leurs emprunteurs. Il arrive un moment où plus personne n’emprunte. Les entreprises n’empruntent plus pour investir. Les particuliers n’achètent plus de voiture ou de maison à crédit. La croissance se ralentit et le chômage apparaît.

Cette interview de Jean-Claude Trichet a une très grande importance. Il annonce dans des termes très faciles à comprendre que, dans le marché européen d’une part, dans le marché mondialisé de l’autre, une augmentation des salaires est créatrice de chômage en France. Or, les syndicats ou les partis de gauche français se battent quotidiennement depuis des années pour obtenir des augmentations de salaires et ils obtiennent ainsi des adhérents. Les hommes politiques actuellement au pouvoir en France ont aussi tendance à le faire. Car ils ne croient pas aux méfaits de l’inflation et ils ne veulent pas perdre des électeurs. Tous vivent dans un monde irréel où l’inflation n’existe pas.

Par contre, le paysan français qui ne peut plus vendre son lait parce que les prix augmentent bien plus vite en France qu’en Allemagne, l’ouvrier de Peugeot ou de Renault qui voit la production des voitures quitter la France pour l’étranger, le cadre français qui va diriger une entreprise française partiellement délocalisée en Pologne ou en Chine savent que Jean-Claude Trichet a raison.

Dans un marché mondialisé, il est évident qu’augmenter les salaires serait la dernière des bêtises à faire.
Il faut au contraire diminuer les charges pesant sur les entreprises… n

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En bref
Déficit
En 2010, le déficit budgétaire français a atteint un nouveau record : 148,8 milliards d’euros !

Chiffres significatifs
Divorce > 130 000 divorces sont prononcés chaque année en France.

Arabe > 6 178 élèves apprennent l’arabe au collège ou au lycée et environ 5 000 présentent cette langue au baccalauréat !

PV > Chaque année, environ 7 millions de procès-verbaux sont dressés pour stationnement illicite.

Diplômes > 83,6 % des Français de 20 à 24 ans détiennent un diplôme de niveau CAP ou plus.

Chine > En 2010, le PIB de la Chine a dépassé celui du Japon pour la première fois : 5 878,6 milliards de dollars, contre 5 472. Mais le PIB par habitant reste dix fois supérieur au Japon…

Épargne > Les livrets A et livrets de développement durable (anciens Codevi) drainaient début janvier une épargne de 260 milliards d’euros !

Impôts > En 2009, avec des recettes de 31,3 milliards d’euros, la taxe professionnelle était le principal impôt local direct, loin devant la taxe sur le foncier bâti (22,3 milliards) et la taxe d’habitation (16,5 milliards)…

Dirigeants > Le salaire net moyen annuel des dirigeants d’entreprises s’élevait en 2008 à 61 500 euros, mais ce chiffre masque de grandes disparités. Le salaire des dirigeants d’entreprises de moins de 20 salariés s’élevait à 48 200 euros. Il était de 81 300 euros pour les dirigeants d’entreprises comprises entre 20 et 49 salariés et de 132 700 euros pour les dirigeants d’entreprises de plus de 50 salariés…




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