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Augmenter les salaires ou le chômage ?


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Trémeau Bernard - mercredi 14 octobre 2009

euro, charges-sociales
Les syndicats, soutenus par certains partis politiques, avaient appelé à manifester dans la rue cette semaine pour réclamer une augmentation des salaires. Ce qui aurait, selon eux, relancé l’économie. Leur manifestation fut un échec cuisant : les Français ne sont pas venus à leur appel.

Or, pratiquement tous les Français seraient très heureux de gagner plus. Mais ils savent qu’aujourd’hui l’augmentation des salaires ne provoquera pas une augmentation de leurs revenus, mais provoquera par contre une augmentation des difficultés de l‘entreprise dans laquelle ils travaillent.
Le chômage apparaît donc comme le résultat attendu d’une augmentation des salaires. Et nos compatriotes pensent qu’il vaut mieux toucher un salaire trop petit qu’une allocation-chômage.

Depuis le 1er janvier 2008, avec l’entrée de Chypre et de Malte dans le Marché commun européen, 15 États utilisent la même monnaie, l’euro. Or, les salaires payés à Malte sont bien inférieurs aux salaires payés en France. Quand une entreprise de transport maritime française augmente les salaires de ses employés, elle accentue sa non-compétitivité. L’entrée de Malte dans le Marché commun contraint donc ces entreprises françaises à déposer leur bilan ou à délocaliser.

La France aurait pu refuser l’entrée de Malte dans le Marché commun. Elle ne l’a pas fait. Le Marché commun européen a décidé d’ouvrir ses frontières aux produits venant du monde entier. Un ordinateur coréen, une voiture indienne, un logiciel japonais ou une chemise chinoise coûtent bien moins cher que les mêmes produits fabriqués en Europe.

Nous profitons tous de ces bas prix en achetant ces produits étrangers. Plus de la moitié de ce que nous mangeons provient actuellement de l’étranger. Une augmentation des salaires en France pousserait ce qui reste des entreprises françaises à déposer leur bilan ou à délocaliser.

Dans une économie mondialisée, tout ce qui accentue les charges des entreprises nationales ne peut que créer le vide économique.
Dans une telle situation économique, augmenter les salaires ne procurera donc pas une augmentation des revenus, mais créera immanquablement une augmentation du chômage. Les Français l’ont bien compris et ils ont montré aux syndicats et aux partis politiques qu’ils l’avaient compris. Mais de très nombreux responsables syndicaux ou politiques semblent, eux, ne pas l’avoir compris…

Que peuvent faire les responsables économiques du pays pour satisfaire les Français qui désirent, dans leur immense majorité, gagner plus en ne risquant pas d’être mis au chômage ?

1. Le retour au nationalisme économique serait une erreur mortelle pour deux raisons.


Fermer les frontières aux produits étrangers augmenterait pratiquement le prix de tout ce que nous consommons. Même le vin néo-zélandais, à qualité égale, est moins cher que le vin produit en France. Notre niveau de vie s’effondrerait.
En plus, dans un marché uniquement national, les entreprises ont bien moins de concurrents que dans un marché mondialisé. Or, plus la concurrence est forte, plus les prix baissent.

2. Le retour aux monopoles publics serait aussi une grave erreur. Actuellement, six entreprises étrangères concurrencent la SNCF pour le transport des marchandises en France. Leurs coûts de transports sont bien inférieurs à ceux que propose FRET SNCF. Car FRET SNCF offre à ses salariés des conditions de travail très coûteuses. FRET SNCF n’est absolument plus compétitif. Les syndicats nous annoncent une nouvelle grève réclamant une suppression de la concurrence étrangère. S’ils obtiennent ce qu’ils veulent, nous paierons bien plus cher tout ce que transporte la SNCF. Il faudra aussi empêcher les camions de rouler et de concurrencer l’entreprise nationale…

3. Réduire les charges pesant sur les entreprises françaises est par contre une excellente solution. C’est ce qu’ont fait l’Irlande en 1985 ou l’Allemagne de Schröder en 2002. La réduction des charges pesant sur les entreprises n’a pas réduit les recettes fiscales. Elle les a au contraire augmentées, en relançant chaque fois l‘économie. Pourquoi ne pas copier ce qui a marché ailleurs ?

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En bref
Absentéisme
Alors que l’absentéisme s’élève à 5,5 % dans le privé, il est de 7,3 % dans la fonction publique d’État, de 11 % dans la fonction publique hospitalière et de 11,3 % dans la fonction publique territoriale…

Chiffres significatifs
Permis > 98 057 permis de conduire ont été invalidés faute de points en 2008, soit 11 % de plus qu’en 2007 !

Internet > 17,7 millions de foyers français sont abonnés à l’internet haut débit, dont 16,8 millions par ADSL.

Rachat > En France, au cours du premier semestre 2009, 133 entreprises ont été rachetées par des fonds d’investissement s’endettant, pour cela, auprès des banques pour un montant de 636 millions d’euros, contre 240 au premier semestre 2008 pour un montant de 3,7 milliards d’euros.

Échec > 120 000 jeunes quittent le système scolaire sans diplôme, chaque année !

Nourriture > En moyenne, chaque année, un Français dépense 1 917 euros pour se nourrir.

Casinos > La France compte 197 casinos, qui réalisent au total 2,5 milliards d’euros de chiffre d’affaires annuel.

Deux-roues > 17 % des personnes tuées dans un accident de la route conduisaient une moto, un scooter ou une mobylette, alors que ces véhicules ne représentent qu’1 % du trafic !

Bourse > Dans le monde, le montant des introductions en bourse au troisième trimestre de 2009 s’élève à 37,8 milliards de dollars, soit trois fois plus qu’au deuxième trimestre. La Chine représente 63 % du total !




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