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Avec lui, l’Amérique avait retrouvé sa fierté


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Milliere Guy - samedi 12 juin 2004


Il y aurait beaucoup à dire sur la façon dont les cérémonies du 6 juin ont été organisées, et je le ferai. Mais la trace immense de la disparition de Ronald Reagan domine tout l’horizon de cette semaine.
La presse française a parlé et parlera, comme un ultime crachat de grenouille sur la tombe d’un grand homme, d’un acteur de série B reconverti dans la politique, d’un « communicateur » qui a eu de la chance, d’un anticommuniste viscéral et irrationnel, d’un homme peut-être sympathique mais doté de capacités intellectuelles limitées. Les Français en leur immense majorité partageront vraisemblablement les avis de leur presse et ne comprendront guère la ferveur populaire et les démonstrations d’amour et de tristesse qui marqueront ses funérailles nationales.
J’écrirai moi, concernant l’homme que j’ai connu, que j’aime et que j’admire.
Ronald Reagan était un homme immense, mais simple, imprégné de bonté, mais déterminé à accomplir ce qui lui semblait devoir l’être. Il avait une réelle culture économique acquise au temps de ses études universitaires, et connaissait mieux que n’importe quel autre politicien aujourd’hui en activité sur la planète, les vertus de la liberté d’entreprise et les dangers de l’intervention de l’État dans l’économie. Parce qu’il était sensible et humain, il avait effectivement en horreur le communisme, doctrine criminelle qui a tué cent millions d’êtres humains, et le détestait autant qu’il avait détesté le nazisme génocidaire et antisémite dans les années de guerre.
Il avait effectivement été acteur après avoir été journaliste sportif le temps de ses études. Plutôt que de continuer une carrière confortable à Hollywood, il a choisi dans les années cinquante d’être du côté de ceux qui se battent et qui font leur devoir jusqu’au bout. Cela l’a conduit à être gouverneur de Californie pendant huit ans, et pour la Californie elle-même, il fut plus qu’un gouverneur : celui qui reconduit gestion saine et dignité à Sacramento, quarante années avant Schwarzenegger. Il s’était à l’époque entouré de grands esprits regroupés sous l’aile de mon ami Martin Anderson : plusieurs prix Nobel ou futurs prix Nobel d’économie tels que Milton Friedman et George Stigler.
Son aura d’ex-gouverneur lui a donné la crédibilité qui lui a permis de l’emporter à la présidentielle de 1980 et de rester huit ans à la Maison Blanche.
Sa présidence a eu trois résultats majeurs qui marquent à jamais l’histoire de la planète :
• il n’a pas simplement contribué à remettre l’économie américaine en marche après des années de stagnation et de glissement vers le désastre. Il a remis l’économie américaine en marche tout en favorisant la création d’une économie entièrement nouvelle. La micro-informatique telle que nous la connaissons aujourd’hui, la réalité virtuelle, Internet, les biotechnologies agricoles et médicales n’existaient pas avant Reagan et ont pu exister grâce à une politique de baisse d’impôts, de déréglementation, de renouveau de l’esprit d’entreprise qu’il a mis en œuvre sans fléchir. Toute la croissance que les États-Unis ont pu connaître depuis 1981 est due aux Reaganomics, qui ont réinventé l’économie américaine. La croissance des années Clinton doit tout à Reagan. Le retour à la croissance sous Bush aujourd’hui doit tout à Reagan encore une fois.
• Reagan a permis aux États-Unis et au monde libre de remporter la guerre froide. La chute du mur de Berlin, la libération des peuples d’Europe centrale, la chute du régime soviétique en 1991, la démocratisation de l’Amérique du Sud, la fin de l’apartheid à Pretoria furent son œuvre. Elles furent le fruit de la doctrine Reagan, au point dès 1981 et dès le discours d’investiture prononcé par Ronald Reagan à l’aube de son premier mandat : « les dernières lignes de l’histoire triste du communisme soviétique sont en train de s’écrire et d’ici dix ans, la page sera tournée », disait-il. Peu ont compris à l’époque qu'il ne s’agissait pas d’une prophétie, mais du résultat d’une analyse. L’analyse a débouché sur une stratégie qui, menée à son terme, a produit les résultats attendus. Des centaines de millions de gens doivent leur liberté à Reagan.
• Reagan a, enfin, réinscrit les États-Unis au centre de l’histoire du monde, a rétabli leur puissance au service de la liberté, a redonné aux Américains la légitime fierté d’être américains.
Winston Churchill a été le plus grand homme du premier vingtième siècle, Ronald Reagan a été le plus grand homme du second vingtième siècle. Les Européens qui ne le discernent pas ne méritent pas d’être libres : ils n’ont ni la connaissance nécessaire, ni l’éthique requise pour faire preuve de gratitude. Adieu, Ron.

Retrouvez les écrits de Ronald Reagan dans le livre :

Ecrits personnels
de Ronald Reagan

Les écrits personnels de Ronald Reagan, traduit par Guy Milliere

 

 

 

 

 

 

 


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En bref
UMP
« Sur la nouvelle “question d’Orient“, comme d’ailleurs sur le reste, l’UMP a le choix entre la rupture avec le chef de l’État et le mensonge aux électeurs » (Jean-Louis Bourlanges).

Sic

Racisme
« Si une communauté n’est pas acceptée, c’est qu’elle ne donne pas de bons produits, sinon elle est admise sans problème. Si elle se plaint de racisme à son égard, c’est parce qu’elle est porteuse de désordre. Quand elle ne fournit que du bien, tout le monde lui ouvre les bras » (Général de Gaulle).

Confiance
« À moins que le gouvernement ne fasse confiance au peuple et se conduise honorablement, le peuple ne lui fera pas confiance » (Archibald Cox).

Redoublements
« Toutes les études montrent que les redoublements de classe ne sont pas efficaces… Mais aucune ne démontre que passer automatiquement dans la classe supérieure soit, pour les élèves en difficulté, un gage de réussite… » (François Fillon).

Histoire
« Quand on remonte dans l’histoire, on découvre que presque tout ce qui a été européen a été simultanément juif » (Shlomo Ben-Ami).

Homosexuels
« Aucune société ne s’est jamais appuyée sur l’homosexualité pour se développer » (Tony Anatrella, prêtre et psychanalyste).

Européennes
« Je n ‘ai jamais vu une campagne électorale comme celle-là. Il n’y a pas de débat. Tout le monde s’en fout » (Charles Pasqua).

MPF
Selon Philippe de Villiers, Jean-Pierre Raffarin et Alain Juppé seraient d’accord pour faire évoluer l’organisation de la majorité, avec un pôle central, l’UMP, un pôle centriste UDF et un pôle souverainiste, le MPF.




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