Carbonnier Michel - samedi 22 novembre 2003
À Bagdad, les Américains, ont mis fin à une affreuse dictature. Ils éprouvent aujourd'hui de grosses difficultés pour imposer l'ordre et la loi qui permettraient, enfin, l'avènement d'un régime démocratique en Irak. La diplomatie française s'en réjouit « on vous l'avait bien dit !… ».
La France a accepté sur son sol des manifestations forcenées et haineuses, anti-américaines, antisémites et pro-palestiniennes, durant lesquelles le drapeau américain a été brûlé et Bush insulté. Ses médias ne manquent pas de souligner, à l'envie, tous les attentats en Irak, où accourent des nuées de volontaires islamistes de la mouvance d'Al Qaïda.
À Barbès, dix policiers venus pour intercepter des trafiquants de cigarettes, se font encercler par la foule aux cris de « Vive Ben Laden, vive Al Qaïda ». Ils risquent d'être lynchés, on les dégage à grand-peine. Cet incident très grave démontre une fois de plus, s'il en était besoin, l'existence en France de zones de non-droit, de l'ordre d'un millier. La police n'y pénètre plus qu'à l'occasion d'opérations coup de poing ou d'aller-retour de type commando. Elle y est en territoire ennemi. Cette situation est le résultat de démissions successives fort bien analysées par M. Rachid Kaci dans son livre « La république des lâches ».
Quand une télévision publique qualifie d'héroïne de l'indépendance une ex-poseuse de bombes algérienne qui déclare que les harkis sont des traîtres, ne nous étonnons pas que tout harki repéré comme tel dans une cité risque sa vie et celle de sa famille.
Quand l'antisémitisme est toléré, brûlent les synagogues.
Et plus généralement, le recours à la rue et à la violence se généralise, qu'il s'agisse d'un voleur abattu, d'un « jeune » poursuivi qui se tue au volant d’une voiture volée, de fermetures d'entreprises, de revendications salariales ou de motivations écologiques.
À Bastia, et ailleurs en Corse, cela fait plus de trente ans que sévissent rackets, magouilles et attentats. Les gendarmes sont tirés à balles ou bombardés de cocktails Molotov. Plasticages et destructions se multiplient, faisant fuir touristes et investisseurs. Certains Corses sont fiers d’avoir accordé l'hospitalité à l'assassin d'un Préfet, et le disent sans la moindre gêne. La population pro-française, terrorisée, se tait. Est-ce en espérant secrètement des jours meilleurs ?
Une certaine « altermondialisation » est en marche. Elle est globale et sanguinaire. Si elle devait réussir, elle engendrerait des dictatures, des régimes totalitaires, des républiques islamistes ou une anarchie mafieuse. Trouverons-nous un jour dans notre vieille Europe continentale des hommes politiques pour s'en rendre compte et assurer le retour à la loi, chaque fois que cela est nécessaire ?
Nos pays, repus et désabusés, retrouveront-ils le socle des valeurs qui ont assuré leur pérennité, et que l'on ne cesse de détruire depuis presque 60 ans, en déboussolant les jeunes, et en ruinant leur image et leur respectabilité ?
Peut-on vraiment l'espérer alors que s'achève à Paris un Forum international réunissant les révolutionnaires de toutes tendances ?
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