Trémeau Bernard - mercredi 03 mai 2006
Seule une croissance supérieure à 3 % permettra au chômage français de baisser véritablement. Pour obtenir une telle croissance, les CNE ou les CPE peuvent favoriser l’embauche et réduire le chômage. Mais ils peuvent aussi favoriser le licenciement et alors le chômage augmente. Ces réformes introduisant plus de souplesse dans le marché du travail sont bonnes, mais elles ne sont que superficielles. Elles ne touchent pas au fond du comportement économique : produire plus pour gagner plus.
La CGT, provisoirement regonflée par les manifestations anti-CPE, vient d’achever son congrès. Elle réaffirme urbi et orbi son idéologie marxiste en consacrant à nouveau la lutte des classes moteur de son action. Nous revenons à 150 ans en arrière, au temps de la machine à vapeur, alors que 70 % de notre économie se situe maintenant dans la prestation des services, et que le marché a atteint une taille mondiale.
Par ailleurs, la CGT ne propose qu’une seule mesure pour relancer l’économie : augmenter les salaires. Une telle mesure augmentant la demande tout en réduisant les capacités de l’offre ne peut être qu’inflationniste. Or, avec l’euro, on ne peut plus dévaluer le franc pour rendre les entreprises françaises compétitives. Ce que propose la CGT ne peut qu’accentuer la non-compétitivité de nos entreprises, donc notre chômage et mener l’économie française à la catastrophe.
De nombreux pays étaient, comme la France d’aujourd’hui, englués dans le socialo-égalitarisme. Leur PIB ne progressait plus et leur chômage augmentait. C’est normal, puisque le socialo-égalitarisme repose sur une vision fausse du comportement humain. Il croit qu’en prenant aux riches (les entreprises et les capitalistes, dont les entreprises ont besoin pour financer leurs investissements) et en le distribuant aux pauvres (ceux qui ne gagnent rien ou peu), on crée une société plus juste.
En fait, un tel comportement pénalise ceux qui fabriquent des richesses, donc ralentit la croissance. Il met alors au chômage des millions d’individus, et crée une véritable nouvelle classe sociale : les exclus du monde du travail. Il crée une nouvelle cause d’inégalité encore plus douloureuse que les causes naturelles. Il habitue aussi toute une partie de la population à tendre la main et à exiger de plus en plus de l’État. Pour satisfaire de tels électeurs, il faut augmenter les impôts. L’économie stagne un peu plus. C’est malheureusement ce qu’a fait notre gouvernement en 2005.
Pour retrouver la croissance, il faut au contraire réduire les impôts. Entreprises et salariés se trouvent alors récompensés de leur action. Plus ils produisent de richesses achetées par les autres, plus ils gagnent de l’argent. Actuellement, l’État français prend plus de 40 % des revenus des salariés pour les redistribuer. Les salariés voient de moins en moins le rapport entre les richesses qu’ils mettent sur le marché et leurs revenus. Les entreprises ne disposent plus de l’argent dont elles ont besoin pour investir dans la recherche et le développement. Rappelons que seuls les investissements de productivité permettent une véritable augmentation des salaires…
Il y a trente ans, pratiquement tous les pays développés du monde appliquaient la politique économique socialo-égalitariste que la France continue à appliquer. Stagnation et chômage tuaient l’économie. Margaret Thatcher a pris le pouvoir en Angleterre le 3 mai 1975. Elle ne sortait pas de l’ENA. Elle était avocate de formation. Elle avait en tête une nouvelle vision de l’économie. Elle a appliqué à l’économie anglaise ses idées pleines de bon sens. Elle a rencontré une très force résistance des syndicats anglais et le pays a subi de très longues grèves, dans les charbonnages en particulier. Margaret a tenu bon. Aujourd’hui tous les pays qui ont copié ce qui se passait en Angleterre ont retrouvé croissance et plein emploi en baissant leurs impôts… Entre une droite molle, une gauche démagogique, des syndicats retrouvant la lutte des classes, et une population totalement désinformée, la France n’est pas sortie de l’ornière…
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