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Bayrou Président ?


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Lance Pierre - mercredi 28 février 2007

bayrou, elections-presidentielles
Depuis avril 2002, l’obsession des politiciens est celle du « troisième homme ». Lors de la précédente élection, ce troisième homme fut, comme chacun sait, Jean-Marie Le Pen, arrivé second au premier tour derrière Jacques Chirac, ce qui pétrifia littéralement les socialistes et renvoya Lionel Jospin, assommé, dans les déchèteries de la politique, dont il peine à ressortir. Tout annonçait que ce scénario allait se reproduire en 2007, mais l’Histoire ne se répétant jamais exactement, des éléments nouveaux font augurer la possibilité d’une nouvelle surprise. Car tout indique à ce jour que le troisième homme ne sera pas cette fois Jean-Marie Le Pen, mais bien plutôt François Bayrou.

N’oublions pas que le grand chef d’orchestre des cacophonies politiciennes est toujours Jacques Chirac, et ce depuis bientôt 30 ans. Si notre Président sortant, qui ne semble pas être vraiment décidé à sortir, n’a jamais été très fort en philosophie politique de haut niveau, il faut reconnaître qu’en tant que manœuvrier électoral il a toujours fait preuve d’une habileté consommée, faisant et défaisant ses prédécesseurs de façon à s’ouvrir la voie de l’Élysée. Nous avons vu qu’il aida Mitterrand à éliminer Giscard en 1981. Il ne fait guère de doute qu’il aida Le Pen à être second en 2002 pour chasser Jospin et s’assurer une réélection triomphale. Je ne suis pas sûr qu’il ait définitivement renoncé à se représenter en 2007, bien que sa popularité soit au plus bas.

À ce propos, il faut admirer la remarquable prestation du couple présidentiel au cours de l’émission de Michel Drucker « Vivement Dimanche » du 11 février. En principe, il n’y était pas question de politique, mais si Jacques Chirac avait voulu préparer sa candidature, il n’aurait pas pu faire mieux. La première dame patronnesse de France brillant de tous ses feux en souveraine de la bienfaisance organisée ne pouvait qu’embuer les yeux dans toutes les chaumières. Inattaquable ! Je me garderai d’insinuer que Bernadette Chirac n’est pas sincère ni de sous-entendre qu’elle fait cela seulement en tant que « public relations » de son mari. Mais enfin rien n’interdit de joindre l’utile au charitable ni de redorer à coups de pièces jaunes le blason chiraquien. Et puis, si c’est vraiment profitable aux enfants en souffrance, nul ne saurait s’en plaindre.

L’interview du Président manifestant toute son admiration à l’épouse dévouée qui l’a toujours soutenu venait couronner le tout en portant au pinacle une famille française exemplaire à laquelle toutes les autres pouvaient s’identifier. Ce jour-là, les Chirac ont mis tous les Français dans leur poche. Du grand art !

En tout cas, si Jacques Chirac ne se représente pas, je doute qu’il ait renoncé à influer sur sa succession. Nul n’ignore qu’il digérerait très mal de devoir passer ses pouvoirs à Nicolas Sarkozy. Préférait-il les transmettre à Ségolène Royal ? Ce n’est pas exclu. Mais ce qui serait vraiment, je crois, sa tasse de thé, ce serait d’accueillir à bras ouverts François Bayrou sur le perron de l’Élysée.

Pour cela, il fallait d’abord que Bayrou dépasse Le Pen dans les intentions de vote. C’est fait, car au moment où j’écris ces lignes Bayrou atteint 16 % contre 11 % à Le Pen. Maintenant, il faudrait que la « poussée » Bayrou s’amplifie au point de dépasser Royal. Ce n’est pas insurmontable, car il n’y a que 9 points de différence entre eux (Mme Royal est à 25 %). La candidate socialiste a senti le danger, et elle a modifié sa tactique, renonçant à une certaine « originalité » apparente pour rallier en catastrophe autour d’elle les « éléphants » du PS, y compris l’emblématique Jospin. Mais cela va-t-il lui profiter ? Ce n’est nullement certain. Cela pourrait même tourner à la valse des éléphants dans un magasin de porcelaines. Car ces « barons » socialistes ne sont pas aussi populaires qu’ils se l’imaginent.

Et si Jacques Chirac fait glisser vers François Bayrou un certain nombre de voix, on pourrait bien voir celui-ci être second au soir du premier tour. Et dans ce cas, toute la gauche voterait Bayrou pour barrer Sarkozy. Décidément, les jeux ne sont pas faits…

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En bref
TF1

Patrick Le Lay, qui espérait rester jusqu’en 2010, quittera la direction générale de TF1 en mai prochain, à l’âge de 65 ans, 20 ans après y être entré. Il gardera cependant le poste de président pendant quelques mois. Son remplaçant : Nonce Paolini, directeur général de la société Bouygues Télécom, l’actionnaire principal de la chaîne. Paolini fera équipe avec Étienne Mougeotte.

Medias
France 3 > Les 11, 17 et 18 mars, France Europe Express - le magazine politique et européen animé par Christine Ockrent, Jean-Michel Blier et Serge July - recevra respectivement Ségolène Royal, Jean-Marie Le Pen et Nicolas Sarkozy, confrontés à trois thèmes majeurs de la campagne, trois grands témoins et un invité européen. Par ailleurs, à partir du 11 mars, l’émission sera diffusée en version sous-titrée. Depuis début décembre, France Europe Express donne la parole à tous les candidats à l’élection présidentielle.

FRANCE CULTURE > Samedi dernier, 24 février, en direct sur France Culture, Philippe Meyer a indiqué qu’il voterait pour François Bayrou.

« Le Point » > Claude Allègre tiendra chronique au « Point ». Il en avait une à « L’Express » depuis des années. Mais, lors de son arrivée à la direction de l’hebdomadaire, Christophe Barbier refondit la maquette en remerciant Claude Allègre.

« Le Monde » > Les pertes du quotidien « Le Monde » et de son imprimerie ont atteint 4,5 millions d’euros en 2006, contre 7,5 millions d’euros en 2005. Selon Jean-Marie Colombani, président du directoire du groupe, les pertes devraient être réduites à 1 million d’euros en 2007. Le groupe présentera fin mars un plan de développement stratégique pour le magazine « La Vie » et les éditions Fleurus, qui restent déficitaires.




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