Rouxel Jean - jeudi 25 février 2010
regionales
Dimanche 20 février, François Bayrou était invité du grand jury RTL-Le Figaro-LCI. À moins d’un mois des régionales, il y a exclu toute possibilité d’un accord de second tour avec l’UMP.
Cela confirme malheureusement ce que j’ai toujours pensé : alors que les électeurs qui disent « ni droite, ni gauche » sont généralement de droite, les hommes politiques qui en disent autant virent clairement à gauche.
Les électeurs qui refusent le clivage droite-gauche le font pour des raisons de patriotisme. Ils contestent la « guerre civile » permanente qu’induisent les clivages électoraux. Et ils contestent les faux clivages dans lesquels la classe politico- médiatique nous noie pour nous distraire des réalités graves que connaît notre pays (typiquement, le débat sur la burqa, qui n’est pas sans intérêt, mais qui focalise sur un aspect microscopique d’une réalité infiniment plus grave : l’immigration-invasion et l’islamisation du pays).
En revanche, les hommes politiques sont, qu’ils le veuillent ou non, pris dans des logiques d’appareil. Or, si l’on se dit « ni de droite, ni de gauche », c’est en général que l’on n’est pas sectaire, donc que l’on vient de la droite. Et pour prouver sa « bonne foi », on en est réduit à s’allier avec la gauche…
Pourquoi n’y a-t-il aucune place en France pour un centre s’alliant tantôt à gauche, tantôt à droite, comme le souhaiterait Bayrou (qui se verrait bien ainsi en « faiseur de roi ») ? À cause du mode de scrutin législatif. Ce scrutin structure la vie politique française, dans la foulée de l’élection présidentielle. Or, avec une logique à deux tours, on est d’un camp ou on est de l’autre. Au demeurant, refuser de choisir, c’est manifester que l’on n’est pas un chef politique.
Cela n’empêche pas le président du Modem d’avoir des idées intéressantes. Mais cela le condamne à les faire toujours passer après les alliances politiciennes. Bayrou aggrave ainsi le mal dont souffre la politique française : elle est devenue un combat d’appareils pour amasser des prébendes et les Français s’en désintéressent chaque année un peu plus.
Sans partager toutes ses idées – il s’en faut de beaucoup –, je le soutiendrais s’il disait : Je suis de droite et voici les conditions (idéologiques) de mon alliance avec les autres partis de droite. Dans cette logique d’entente et de débat à droite que nous défendons aux « 4 Vérités ».
Nous en sommes loin. La politique n’est plus un combat d’idées. Et la France et les Français sont toujours plus éloignés de leurs prétendus « représentants » !
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