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Becketch : hommage à un homme libre


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Bonnal Nicolas - mercredi 24 juin 2009


On peut mourir pour la France. La famille de Serge de Beketch n’a cessé de mourir pour la France. Mais on peut également, lorsque la France n’est plus la France ou presque, mourir par la France. On peut avoir mal à la France, comme l’a joliment dit un jour Roger Chinaud. On peut aussi en crever, comme Serge, qui nous a quittés il y a presque deux ans. Toute la vie de Serge a été altérée par cet amour fou qu’il portait à la France, et par son corps torturant qui le faisait tant souffrir et tousser.

Voici ce qu’il écrit au début de ses fabuleux mémoires, qui témoignent de son génie de nouveau-né comme d’écrivain : « Je suis mort de naissance. L’accoucheur m’a arraché des entrailles maternelles, tout ensanglanté, le crâne déformé et la gorge déchirée par les mâchoires du forceps. J’étais inerte, asphyxié, bleu foncé, le cœur arrêté… »

Le nouveau-né aurait pu en terminer là. Nous aurions été privés du plus grand journaliste français et du dernier clerc mort pour la France. Mais la Providence intervient, grâce au médecin : « Alors, poliment, il a fait un petit effort. Il m’a secoué, j’imagine, comme on secoue une montre arrêtée. Et j’ai démarré. Depuis, j’essaie de me rappeler de ce qui s’est passé juste avant ce moment, mais rien. Il va falloir que j’attende pour découvrir le fameux tunnel de lumière ».

Être de lumière, Serge de Beketch est venu peut-être pas pour nous guider, mais pour nous éclairer. Je l’imagine dans la caverne de la Moria, portant comme Frodon, son personnage préféré, une fiole d’elfe lumineux.

Et pourtant, que d’obscurités n’a-t-il pas dû affronter ! Toujours de ses mémoires prodigieux, lorsque Serge évoque la disparition de son père :
« Les mois qui suivirent, les années, les décennies, apparaissent, quand je considère aujourd’hui mon adolescence et ma jeunesse jusqu’à mon mariage, comme une sorte de pays maudit, enténébré, peuplé d’ombres, chargé de nuées obscures, foudroyé par des rafales d’éclairs menaçants, assourdi par les hurlements des tempêtes et les coups de tonnerre. »

Serge était un fou de France, mais il fut aussi, comme je l’ai dit, un malade de la France, pays promis à toutes les prostitutions, à toutes les démissions. Mais c’était la terre où il était né et où il devait vivre sa passion d’éclaireur et de chrétien. Voici ce qu’il en dit de la France :
« Un pays que je traversais moi aussi en diagonale, tête haute et regard ailleurs, éperdu de chagrin et dévoré de peurs inexplicables. Un pays que je me suis résigné à aimer. » Et il l’a défendue comme personne, la France.

Je ne me serais pas permis une aussi longue préface (et même une postface) si Serge avait vécu pour nous délivrer plus que ces quelques chapitres de ses mémoires inachevés. Mais je l’ai fait dans un but bien précis : montrer comment il m’avait aidé, secouru, permis de m’exprimer, comme il l’a permis à tant de personnes. Il nous a nourris, rectifiés, consolés, comme disait Voltaire, son ennemi de toujours – inspiré pour une fois.
Par contre, je demanderai un effort à toutes celles et à tous ceux qui ont entrevu un monde meilleur grâce à notre Serge : achetez ce livre, pour Serge et pour Danièle !

Serge de Beketch
Mémoires inachevés
Éd. Les Vilains Hardis
193 pages – 24 euros
franco de port
À commander à Danièle de
Beketch – 21 bis rue du
Simplon, 75018 Paris.

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En bref
TNT
200 000 spots publicitaires ont été diffusés sur les chaînes de la TNT entre le 5 janvier et le 15 mars 2009, soit une augmentation de 15 % par rapport à la même période de 2008. Dans le même temps, les 6 chaînes historiques n’ont diffusé que 87 700 messages…

medias

M6 > Le résultat net de M6 en 2008 est en recul de 17,9 % par rapport à 2007, à 138,4 millions d’euros. Ce recul est essentiellement dû à la baisse (1,6 %) du chiffre d’affaires publicitaire de la chaîne – baisse qui n’est pas compensée par la hausse (1,3 %) des recettes publicitaires plurimédias. En revanche, une bonne nouvelle pour le groupe : la chaîne de la TNT W9 vient de finir son premier exercice bénéficiaire.

Grève > Le nombre de jours de grève à Radio France est passé de 4 500 en 2004 à 150 en 2008.

L’Humanité > Le quotidien communiste est lu chaque jour par 420 000 personnes.

Ebra > Le groupe de presse régionale Ebra, contrôlé par le Crédit mutuel, compte un grand nombre de quotidiens dans l’est de la France (« Le Progrès », « Le Bien public », « Le Dauphiné libéré », « L’Est républicain », « Les dernières nouvelles d’Alsace »). Ces titres sont diffusés à 1,1 million d’exemplaires par jour !

Management > Le mensuel « Management » édité par le groupe Prisma presse a connu une diffusion payée de 122 815 exemplaires, soit une hausse de 5,1 % par rapport à 2007.

Internet > Le site de l’« International Herald Tribune » compte 2,5 millions visiteurs uniques mensuels internationaux et 4,3 millions d’Américains.

SIC
PS «Le PS gagne les matchs régionaux : c’est bien. Mais on perd tous les grands matchs ! Il faut que ça cesse car il est frustrant d’avoir des idées et de rester toujours dans l’opposition.»
Charles Piétri, ancien patron
des sports à Canal+

Taxe «La taxe professionnelle n’existe chez aucun de nos voisins européens. Sa suppression est un outil anti-délocalisations.»
Xavier Bertrand, secrétaire
général de l’UMP

Réalisme «Tous ceux qui, à gauche, ont mis les mains dans le cambouis des institutions actuelles ont fini par faire des politiques de droite.»
Olivier Besancenot

Morale «Non seulement, je ne rougis pas de mon activité de consultant en Afrique, mais j’affirme que c’était une activité légale, transparente et même morale.»
Bernard Kouchner, ministre
des Affaires étrangères

Impertinence «Dans impertinence, il y a pertinence. Quand la pertinence manque à l’impertinence, le rire ne fait plus rire.»
Jean-Paul Cluzel,
ancien président de Radio France

Social «Le social va payer la facture de la crise, car, lorsqu’il y a une anorexie économique, il y a une obésité du chômage !»
Walter Cerfada, sec. de la Conf. européenne des syndicats

Chirac «Chirac a une relation confuse avec la vérité et la contrevérité…»
Alain Juppé




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