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Benoît XVI et le fanatisme musulman


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Rouxel Jean - mercredi 20 septembre 2006


Benoît XVI a jeté un énorme pavé dans la mare. Le 12 septembre dernier, à l’Université de Ratisbonne, il a défini les différences entre christianisme et islam. « Pour la doctrine musulmane, Dieu est absolument transcendant ; sa volonté n’est liée à aucune de nos catégories, pas même celle de la raison. »

À cela, Benoît XVI a opposé que la raison est à la jonction du message biblique et de la pensée grecque : « C’est cette rencontre qui a créé l’Europe et reste son fondement. C’est ce qui, justement par le biais de la raison, peut se nommer Europe ». Le Pape a mis en évidence les racines chrétiennes de l’Europe, que Jean-Paul II avait souhaité, en vain, voir inscrites dans le projet de Constitution européenne. En cela, Benoît XVI a marché sur les traces de son prédécesseur, retirant aux fondamentalistes musulmans le monopole de l’exercice de l’influence religieuse sur la vie politique européenne.

Mais le Saint Père est allé au-delà, en expliquant les racines théologiques du fanatisme musulman. Il a dit que « le djihad comme mode de diffusion de la foi [est] une chose irrationnelle », puisque « la violence est contraire à la nature de Dieu » et à la raison, à laquelle est liée « la compréhension de Dieu et donc la réalisation concrète de la religion ». La conception musulmane de Dieu « n’est liée à aucune de nos catégories, fût-elle celle de la raison ». Benoît XVI a transgressé un tabou, en rappelant que chrétiens et musulmans n’utilisent pas les mêmes catégories philosophiques, et n’ont pas la même vision de Dieu : le christianisme, héritier de la philosophie gréco-latine, est lié à la raison. Théologien de haut vol, érudit, Joseph Ratzinger a toujours estimé prématurées les tentatives de dialogue avec l’islam instaurées par Jean-Paul II.

En Turquie - où une visite du Pape est prévue pour novembre - et dans tout le monde musulman, sa prise de position soulève un concert d’imprécations. Étonné, Benoît XVI dit regretter d’avoir donné l’impression de vouloir offenser les croyants musulmans. Cela ne les calme pas. En Occident aussi, s’élèvent des protestations. Benoît XVI y prend à revers la machine à étouffer le débat de civilisation concernant l’islam : si la médiacratie, régie par le politiquement correct, peut ostraciser les intellectuels, hommes politiques et autres, qui essaient d’informer l’opinion publique sur ces questions essentielles, elle ne saurait passer sous silence les analyses du chef spirituel de plus d’un milliard de catholiques.
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Voir aussi : Le Salon Beige (Blog quotidien d'actualité par des laïcs catholiques).


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