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Bernard Coll : Algérie Française, besoin de la vérité


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Entretien - mercredi 17 mars 2010


LES 4 VERITES – JPN – Bernard Coll, Secrétaire général le 14 mars 2010 

1 - Vous contestez le 19 mars comme date de commémoration des victimes de la guerre d’Algérie. Pouvez-vous nous dire pourquoi?

 Déjà dans une lettre du 25 février 1987 aux Parlementaires, M. W. MAREK, président de la FNACA, affirmait : "C'est le cessez-le-feu du 19 mars à 12 heures qui a mis un terme aux opérations militaires en Afrique du Nord". Un terme aux activités militaires de l'armée française contre le seul FLN, mais pas du FLN contre l'armée française ou les populations fidèles à la France. Le 19 mars 1962, l'armée française légaliste devient alors l'alliée du FLN pour écraser les Français d'Algérie trahis par leur propre gouvernement au mépris de tous les engagements publics les plus solennels du général De Gaulle de maintenir l’Algérie dans la France lors de son retour au pouvoir. S’il y a bien eu un accord signé le 18 mars au soir entre trois ministres représentant le gouvernement légal de la France - Louis Joxe, Robert Buron et Jean de Broglie - et un représentant Krim Belkacem - d’une organisation terroriste  le FLN (et non par le GPRA comme cela est souvent présenté par des historiens peu scrupuleux ou incompétents), celle-ci ne représentait aucun Etat constitué et reconnu internationalement, en encore moins l’ensemble de la population algérienne.

Ces "accords" ont été désavoués peu après par les dirigeants réels de FLN. Le soir même, Robert Buron écrit dans ses carnets :
« J’ai apposé ma signature au bas d’un bien étrange document ». Un document désigné sous le titre de « conclusions des entretiens qui se sont déroulés à Evian ». Aucun représentant des autres tendances de la population n’était présent. Les « déclarations gouvernementales » françaises sont unilatérales et n’engagent que la France, notamment en ce qui concerne le « cessez-le-feu » qui ne sera pas appliqué par le FLN. Dès le 19 mars au soir, commencent les premiers massacres des Harkis, comme celui des moghaznis de Jean-Pierre Chevènement à Saint-Denis-du-Sig en Oranie, qui fera la « une » de France-soir du 20 mars 1962, massacre dont témoigne le ministre dans l'émission sur France Culture de Patrice Gélinet "L'Histoire en direct" de 1992.

 Affirmer que le cessez-le-feu du 19 mars marque officiellement la fin de l’état de belligérance entre la France et l’Algérie est une affirmation sans fondement juridique. Cette affirmation laisse croire que la guerre entre la France et l’Algérie était une guerre conventionnelle entre deux Etats constitués. Or l’Algérie n’a jamais existé avant la présence française et l’Etat algérien d’aujourd’hui est une création purement française. Il n’y a jamais eu de nation algérienne avant le 3 juillet 1962. Le général De Gaulle lui-même s'est refusé à utiliser le terme "d'accords". Il qualifiait le document paru le 19 mars de "déclarations" gouvernementales françaises. C'est d'ailleurs sous le terme de "déclarations" du gouvernement français que les "accords" d'Evian sont présentés à la presse et publiés par le J.O français le 20 mars, puis par la Documentation française.

 Une vaste campagne médiatique organisée dès le 19 mars 1962 par le pouvoir français va laisser croire à la signature d’un cessez-le-feu bilatéral. En réalité, il n’y a jamais eu d’accords officiels entre la France et une organisation représentative de la population algérienne. Si cela avait été le cas, ces accords auraient été ratifiés par le nouvel Etat algérien après l’indépendance du 3 juillet 1962. Ce fut le contraire qui se produisit. Le GPRA fut balayé par l’arrivée de Ben Bella et de Boumediene qui prirent le pouvoir. Ben Bella, désigné premier Président de la République Démocratique et Populaire d’Algérie, contesta immédiatement les « accords d’Evian » qu’il refusa d’appliquer. L’Etat français ne chercha pas à faire tenir les engagements de ces « accords » qui le liaient à l'Etat algérien car il les sait fictifs.  Mais le gouvernement français continuera à signer de multiples accords commerciaux, économiques, culturels et de transfert des biens des institutions et organismes français au nouvel état algérien (cf. Accords passés entre la France et l’Algérie de juillet 1962 au 31 décembre 1963 – La Documentation française – 1963), spoliant les Français d’Algérie de leurs biens et alors que des dizaines de milliers de Harkis et de Pieds-noirs sont emprisonnés dans les bagnes algériens.
 

Un faux cessez-le-feu pour un vrai « crime » d’Etat prévu dans le plan d’abandon de l’Algérie élaboré durant l’été 1961 par Alain Peyrefitte à la demande du général De Gaulle et publié dans « Faut-il partager l’Algérie » (Plon – octobre 1961) : «Pour réussir la prise du pouvoir simultanée sur l'ensemble du pays, il faut qu'ils (les dirigeants du F.L.N.) amènent le gouvernement français à éliminer, lui-même tous leurs adversaires; à organiser lui-même l'évacuation de la communauté européenne en métropole; à sacrifier lui-même à l'autorité exclusive du F.L.N. les autres tendances (Musulmans élus sur les listes «Algérie française», Musulmans à tendance «association» ou «soutien au général de Gaulle», M.N.A., etc.) ; à installer lui-même un exécutif provisoire unitaire, qu'ils ne peuvent accepter que s'il est composé de leurs doublures; à créer lui-même les conditions d'une dictature du F.L.N. Les objectifs du G.P.R.A. peuvent se résumer en un seul :: obtenir de la France un fidéi-commis pour toutes les populations algériennes» (les "lui-même" sont souligné par  Alain Peyrefitte dans son texte). Un plan confirmé par l’auteur dans Historia N°400 de mai 1980 et dans le tome 1 de son ouvrage "ç'était De Gaulle" (Fayard - 1995)

Pour tenter de justifier l'injustifiable, la loi du 18 octobre 1999 qui remplace « événements d’Algérie» par "guerre d'Algérie", laisse sous-entendre que la France était en guerre contre la Nation algérienne. Or, cette Nation n'a jamais existé avant le 3 juillet 1962 ! Tous les habitants d'Algérie étant Français jusqu'au 2 juillet 1962. Historiquement, la Nation algérienne n'a jamais existé avant le 3 juillet 1962, date à laquelle De Gaulle reconnaît l'indépendance de nos départements algériens, manquant ainsi à sa fonction de garant de l'intégrité du territoire français et en violation de sa propre Constitution. Cette guerre de sécession n’est rien d’autre qu’une guerre civile menée par une partie minoritaire de la population contrainte au terrorisme pour s’imposer. On ne tue pas ses concitoyens lorsqu'on a une majorité de la population avec soi. Dès 1954, la principale victime du FLN fut la population algérienne d’origine arabe ou berbère. Le gaullisme et ses continuateurs inventent l’Histoire à effet rétroactif en transformant la réalité historique. Le même phénomène est actuellement appliqué à la « force noire » coloniale française du général Mangin dont les sacrifices en 1914-18, puis en 1939-45 sont aujourd’hui attribués à des Etats indépendants qui n’existaient pas !

 La loi N°74.1044 du 9 décembre 1974, donne qualité de combattant aux personnes ayant participé aux opérations effectuées en AFN entre le 1er janvier 1952 (pour la Tunisie), le 1er juin 1953 (pour le Maroc), le 31 octobre 1954 (pour l'Algérie) et le 2 juillet 1962. Et non pas le 19 mars 1962 ! Le Titre de Reconnaissance de la Nation est délivré jusqu'au 1er juillet 1964 marquant la fin de la participation militaire au conflit algérien. Le TRN reconnaît l'existence de l'insécurité juridique et du risque d'ordre militaire en Algérie jusqu'au 1er juillet 1964. La déclaration du ministre à l'Assemblée nationale (séances des 20 octobre et 6novembre 2003 publiées au JO) est sans ambiguïté : « La nature du TRN marque la participation à un conflit armé comportant un risque d'ordre militaire. »

Le statut des victimes de la captivité en Algérie précise : « avoir été capturé après le 2 juillet 1962 et détenu pendant au moins trois mois en Algérie ». Ceci prouve que « l'insécurité », la « violence », et le « risque diffus » existaient après le 2 juillet 1962 sur le territoire algérien. Il y a eu plus de 1300 Harkis qui se sont évadés des bagnes algériens entre 1963 et 1975 (cf. l'article du Monde "Selon la LICA : 500 Harkis sont incarcérés dans les prisons algériennes" du 8 novembre 1977). Après le 2 juillet 1962, il est à déplorer plus de 500 militaires « Morts pour la France » en Algérie, dont plus de la moitié ont été tués ou enlevés par l'ALN. D'après les archives du Service Historique du ministère de la Défense, il est constaté en 1962 : 1 039 morts (hors supplétifs). De juillet à décembre 1962, on compte 305 « Morts pour la France », 120 disparus, 75 blessés. En 1963 : 122 militaires « Morts pour la France ». Avec pour le seul mois de juin 1963 : 20 tués et 57 blessés (2 officiers et 55 hommes de troupe). En 1964 : 46 militaires « Morts pour la France ». 23 « Morts pour la France » par mois, de juillet 1962 à 1964. Ces chiffres prouvent à eux seuls l'absence de paix et que le critère « d'insécurité permanente » et de « risque d'ordre militaire » retenu pour l'attribution de la carte du combattant doit s'appliquer en Algérie après le 2 juillet 1962. Or, dès fin juin 1962, les derniers commandos de l’OAS avaient été évacués en accord avec le FLN et l’Armée française. Ces 535 militaires français « Morts pour la France » puisqu’ils figurent sur la liste des victimes du Quai Branly ont bien été tués, voire assassinés, par le FLN ou l’ALN.

La fin de la « guerre d’Algérie » contre le FLN est bien le 1er juillet 1964 et non pas le 19 mars 1962. La "paix" du 19 mars 1962, pour les Français d'Algérie fut le seul choix entre "la valise ou le cercueil" selon le slogan humaniste du FLN lancé dès les émeutes du 8 mai 1945, jour de la victoire des Alliés contre le nazisme, qui virent le massacre de plusieurs centaines d’européens et de Français musulmans assassinés simplement parce qu’ils représentaient la France. Ces émeutes sanglantes eurent lieu à cette date parce qu’elles bénéficiaient de l’absence de plus de 400.000 Pieds-noirs et Français musulmans qui se trouvaient encore engagés en Europe, au sein de la 1ère Armée française du général de Lattre de Tassigny, après avoir contribué victorieusement à la libération de la France et à la victoire des Alliés contre l’Allemagne nazie ! Des émeutes qui furent durement réprimées par le général De Gaulle, alors Président du Gouvernement provisoire de la République française et son ministre de la Guerre André Diethelm dans un gouvernement comprenant des élus communistes qui n’ont pas protesté.

La liste des Harkis massacrés et des victimes civiles assassinées ou disparues compte entre 100.000 et 150.000 noms que la FNACA et son président « oublient » de mentionner dans leurs documents. Une semaine après le « cessez-le-feu » du 19 mars 1962, l’armée française tirait sur une foule désarmée selon Jean Mauriac ("L'après De Gaulle - Notes confidentielles 1969-89" - Fayard 2006) sur ordre de Christian Fouchet, Haut Commissaire en Algérie depuis le 19 mars 1962. Aucune plainte n’a été déposée par la famille de Christian Fouchet ou ses amis contre Jean Mauriac.

 2 - Quelle date proposez-vous à la place du 19 mars et pourquoi ?
 Les débats qui ont précédé la proposition de la commission présidée par l’historien Jean Favier, membre de l’Institut, en 2003 montrent que d’autres dates ont été proposées : le 1er novembre, le 11 novembre, le 16 octobre, le 26 mars, le 14 juin, le 20 août… et le 5 juillet. Le choix du 19 mars est d’autant plus contestable qu’il ne concerne que l’Algérie et non la Tunisie et le Maroc. Si cette date correspond à l’arrêt de combats du côté français, elle ne marque pas l’arrêt des exactions du FLN contre la population civile et contre les militaires français. Le choix d’une date neutre, en l’occurrence le 5 décembre, a été retenu à la suite de la recommandation du 22 janvier 2003 de la commission Favier, réunissant douze associations les plus représentatives des Anciens Combattants. Après discussion et vote démocratique, dix associations représentant plus de 800.000 adhérents ont opté pour le 5 décembre contre deux (LA FNACA et l’ARAC) totalisant moins de 400.000 adhérents. Le choix d’une date neutre a été retenu car on ne commémore pas une capitulation politique masquant une victoire militaire, comme le reconnaît lui-même M. Marek en soulignant : « l’idée fausse que notre armée a été vaincue militairement alors que l’indépendance de l’Algérie résulte de l’accord politique du 18 mars 1962 ». Victoire de l’armée française qu’il confirme : « Les fêtes nationales algériennes sont le 1er novembre ; anniversaire du déclenchement de la guerre, et le 5 juillet, date de l’indépendance, et non pas le 19 mars même si elle en fait à tort une victoire militaire. » (Lettre de M. Marek aux Maires de France du 1er mars 2010). En faisant ce constat, M. Marek reporte la responsabilité de la décision politique prise le 18 mars 1962 sur le Chef de l’Etat français d’alors, le général De Gaulle, et sur les membres de son gouvernement qui l’ont exécutée. M.Marek, découvre maintenant que la date du 5 décembre est une « mascarade », « relevant de l’arbitraire et de la fantaisie », selon la commission KASPI. Alors pourquoi y a-t-il assisté depuis l’inauguration officielle en 2002 et durant 6 années sans s’en apercevoir ?
 

La date du 25 septembre choisie pour rendre hommage aux Harkis, n’a pas elle non plus de signification historique. L’important n’est-il pas que la Nation se souvienne du sacrifice de ses enfants « Morts pour la France » en portant les armes ou parce qu’ils la représentaient par le simple fait d’être Français ?

Par décret N°203-925 du 26 septembre 2003, le Président de la République, Jacques Chirac, a institué le 5 décembre journée nationale d’Hommage aux « Morts pour la France » pendant la guerre d’Algérie et les combats du Maroc et de Tunisie. Cette date à été confirmée par la loi N°2005-158 du 23 février 2005 dont  l'article 2 reconnaît la « violation des accords d’Evian du 19 mars 1962 », et y associe désormais les victimes civiles. L’annonce le 5 décembre 2009 faite par Hubert Falco, Secrétaire d’Etat à la Défense, aux Anciens combattants et aux Rapatriés d’inscrire au Mémorial national de la Guerre d’Algérie et des Combats du Maroc et de Tunisie les victimes du massacre par l’Armée française de la rue d’Isly à Alger le 26 mars 1962, une semaine après le 19 mars, en prélude à l’inscription de toutes les victimes civiles françaises disparues ou assassinées par le FLN, est la suite logique de loi du 23 février 2005. Cette décision, à la demande des Associations de Rapatriés, de l’Etat français d’inscrire les milliers de victimes postérieures au 19 mars 1962 démontre que la « guerre d’Algérie » n’était pas finie à cette date.
 Un récent sondage réalisé par Jeune Pied-Noir auprès des Français d’Algérie montre que la date du 5 juillet remporte le plus d’adhésion pour des raisons historiques évidentes. Le 5 juillet marque en effet la prise de possession par la France de la régence turque d’Alger en 1830 et aussi, malheureusement, la date du massacre du 5 juillet 1962 à Oran qui sonna le glas de la présence française en Algérie. Ce massacre des Français d’Algérie programmé par le FLN-ALN avait pour but de chasser définitivement les derniers européens qui pensaient pouvoir rester, malgré les violations constantes des « accords » d’Evian, dans une Algérie qu’ils aimaient et dont leurs ancêtres et eux-mêmes étaient les bâtisseurs. C’est aussi la date des dernières victimes connues en France de la guerre civile d’Algérie, le jeune Jean-Claude Saint-Aubin, 23 ans, et sa toute jeune compagne, Dominique Kaydash, 18 ans, assassinés par erreur le 5 juillet 1964 par les services spéciaux français pensant « neutraliser » un membre important de l’OAS. Un crime commis, un jour après le 4 juillet 1964, date demandée par l’Union Nationale des Combattants pour l’obtention de la carte du combattant en Algérie. La date du 5 juillet permettrait en outre de rendre hommage à tous les « Morts pour la France » en Afrique du Nord depuis le début de notre présence au Maghreb jusqu’à la fin de la « guerre civile » franco-française d’Algérie, c’est-à-dire de 1830 à 1964.
 

Si l’Etat algérien a choisi le 5 juillet pour commémorer l’indépendance de l’Algérie, qui est en réalité officialisée par la lettre du 3 juillet 1962 du général De Gaulle au Président Abderrahmane Farès, Président de l’Exécutif provisoire de l’Etat algérien, c’est par volonté de masquer la réalité historique de 132 années d’Algérie française. Une lettre dans laquelle le général De Gaulle parle d'ailleurs de « mise en vigueur des déclarations du 19 mars 1962 » et non des « accords d’Evian ». Ce choix volontaire du 5 au lieu du 3 juillet 1962, date réelle de l’indépendance de l’Algérie, répond à un besoin politique et non à une réalité historique. La conquête de l’Algérie précédant son indépendance de 132 ans, il convient de ne pas abandonner cette date d’une victoire de la civilisation par celle d’un retour à la « barbarie » comme l’a si justement qualifiée le Président Jacques CHIRAC dans son discours du 25 septembre 2001 lors de la première journée nationale d’Hommage aux Harkis

 3 - D’année en année, on annonce des mesures en faveur des harkis, mais elles ne semblent jamais arriver. Pouvez-vous nous dire où on en est?

 48 ans après la tragédie des Harkis de 1962, l'Etat français continue à gérer les survivants et leurs descendants dans la logique des gouvernements français qui se sont succédés et qui attendent que "ce résidu disparaisse par voie d'extinction" comme le soulignait déjà un rapport de 1963 du Comité pour les Français musulmans à propos du camp de Bias où étaient parqués les grands mutilés et traumatisés Harkis de la guerre d'Algérie. Les mesures pour les Harkis et leurs enfants, depuis les lois Santini 1987 et Romani de 1994, n'ont pour objet que de faire semblant de pallier les carences les plus criardes de l'Etat en épuisant les intéressés dans des luttes sans fin avec les administrations pour leur application.

Pour les anciens, ils attendent toujours la reconnaissance du "crime d'Etat" dont ils ont été les victimes que le candidat Nicolas Sarkozy s'était engagé à reconnaître le 31 mars 2007 devant plus de 200 représentants de la communauté harkie, réunis à son siège de campagne, avant la fin 2007 : "Si je suis élu, je veux reconnaître officiellement la responsabilité de la France dans l'abandon et le massacre des Harkis et d'autres milliers de "musulmans français" qui lui avaient fait confiance, afin que l'oubli ne les assassine pas une nouvelle fois." . Il ne reste aujourd'hui que quelques milliers de vrais Harkis survivants et leurs veuves. Pour la plupart ils s'en sont sorti par eux mêmes. Les moins chanceux terminent leur vie dans des conditions indignes de beaucoup de personnes âgées sans ressources.

 En ce qui concerne les jeunes, je ne prendrai que les mesures pour l'emploi et la formation des enfants de Harkis de la 2e génération. Des enfants qui ont aujourd'hui, 48 ans après, pour les plus jeunes ont entre 25 ans et dont les plus âgés sont proches de la retraite, ou à la retraite ! Plus de deux ans et demi après l'annonce d'un plan voulu par le Chef de l'Etat, le Président de la Mission Interministérielle aux Rapatriés, M.Renaud Bachy, en charge de ce dossier en est à faire des statistiques sous forme de camemberts pour essayer de valoriser un travail de recensement de plusieurs milliers de demandeurs d'emplois qui n'a abouti qu'à quelques dizaines d'emplois réels. Un audit a été demandé par Hubert Falco pour apprécier ce travail sans résultat sur le terrain. Pendant ce temps, les enfants de Harkis sont toujours frappés par le chômage ou se débrouillent, comme leurs parents, par eux-mêmes avec l'aide des associations.
 
4 - Nous venons de nous laisser insulter une nouvelle fois par l’Algérie de Bouteflika – au moment même où le gouvernement français s’engageait à augmenter le nombre de visas pour les ressortissants algériens! - voyez-vous un moyen de sortir du cercle infernal de la repentance pour un passé dont nous n’avons pas (nous!) à rougir?

Les Etats français et algérien sont liés par un pacte de sang, celui de leur crime commun du "19 mars 1962". La loi du 23 février 2005 reconnaît dans ses articles 1 et 2 la réalité des conséquences des crimes commis contre les Français d'Algérie "en violation des "accords d'Evian" du 19 mars 1962 signés par la France et le FLN. La France vit depuis cette date sur un "mensonge" d'Etat, comme l'a si bien qualifié Georges-Marc Benamou dans son livre "Un mensonge français" paru chez Fayard en 2003. Les gouvernements qui ont suivi celui du général De Gaulle ont préféré maintenir ce mensonge. Le candidat Nicolas Sarkozy s'était engagé lors de la campagne électorale à reconnaître la responsabilité de la France, c'est-à-dire du gouvernement d'alors, dans l'abandon et le massacre des Harkis. Il ne l'a pas encore fait et ne le fera probablement pas pour des raisons principalement économiques, semble-t-il. Reconnaître cette responsabilité, c'est être obligé de réparer les préjudices moraux et matériels subis par les Français d'Algérie. C'est aussi rendre les relations économiques entre la France et l'Algérie plus délicates, voire impossibles, car l'Etat algérien se trouvera aussi face à ses propres mensonges fondateurs de sa légitimité.

 La France est prête à reconnaître les génocides arménien et rwandais mais pas le massacre des Harkis ! François Fillon fait plusieurs milliers de kilomètres pour s'incliner devant les monuments des disparus du Chili ou d'Argentine, mais n'a pas encore trouver le temps de venir témoigner sa compassion aux familles de disparus du 19 mars 1962 en Algérie au Quai Branly à Paris à quelques centaines de mètres de Matignon. Depuis 2001, Nicolas Sarkozy n'a jamais assisté à une cérémonie officielle en hommage aux Harkis du 25 septembre ! Il n'est jamais venu depuis 2002 rendre hommage aux victimes civiles et militaires françaises au Quai Branly le 5 décembre alors qu'il est allé avec son homologue algérien, Abelaziz Bouteflika, s'incliner devant le monument aux martyrs de la guerre de libération à Alger ! Un Président algérien qui ne survit que grâce aux soins des médecins militaires français du Val de Grâce, au frais des contribuables français !
 
  Pour sortir du cercle infernal du "mensonge" français dans lequel se trouve la France depuis 1962 et rompre avec toute idée de repentance, il suffit que l'Etat français reconnaisse tout simplement la Vérité des faits historiques et le "crime d'Etat" du 19 mars 1962 sans lequel l'indépendance de l'Algérie était impossible. Comme le disait avec une certaine expérience le Prince de Talleyrand : "Il y a une arme plus terrible que la calomnie, c'est la vérité." Une vérité dont les Français ont bien besoin dans tous les domaines, s'ils veulent encore avoir un avenir de libertés.
 
Il ne me reste qu'à vous remercier de contribuer, par votre hebdomadaire, à l'expression de cette vérité libératrice.

Bernard COLL - Secrétaire général de JPN

Co-auteur du "Livre des Harkis" (JPN -1991) avec Mme Taouès TITRAOUI , rescapée du massacre du 19 mars 1962

animateur depuis 29 ans de Jeune Pied-Noir

 Site : http://pagesperso-orange.fr/jeunepiednoir/

Courriel : jeunepied-noir@wanadoo.fr - Tel : 06 80 21 78 54


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En bref
Insécurité
 En 2009, 2 177 000 personnes âgées de 18 à 75 ans (soit 5,1 % de la population française) ont déclaré avoir subi au moins un acte de violence physique durant les 2 ans précédents. Ce chiffre est en constante augmentation…

Chiffres significatifs
Fumeurs > En 2007, 18 % des adolescents et 16 % des adolescentes fumaient quotidiennement des cigarettes. En 1999, ils étaient 30 % pour les garçons et 33 % pour les filles…

Assurance > On estime que les contrats de protection juridique rapportent 700 millions d’euros de cotisation aux assureurs, alors que ce service est très peu utilisé (seuls 60 000 sinistres sont examinés par les tribunaux chaque année)…

Finance > 92 % des financiers américains ont bénéficié d’un bonus en 2009, contre 72 % en 2008.

Ferroviaire > Après une apogée à 60 000 kilomètres en 1924, le réseau ferroviaire français compte aujourd’hui 29 000 kilomètres de lignes… soit à peine plus qu’en 1880 !

Police > En 2008, la police nationale était plus efficace à Amiens que dans toute autre ville de plus de 100 000 habitants, avec 20,6 faits élucidés par policier. La métropole picarde devançait Poitiers (18,5 faits élucidés par policier), Lyon (17,1), Reims (16,8) et Clermont-Ferrand (16,7). La moyenne nationale s’élevait à 12 faits élucidés par policier…

Halde > En 2007, la funeste Halde (Haute autorité de lutte contre les discriminations) a été saisie de 6 222 réclamations (contre 4 058 en 2006)… dont 4 998 ont été « réorientées » (notamment parce que ces plaintes étaient irrecevables) !




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