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Bernard Kouchner, mai 68 aux Affaires Etrangères


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Rouxel Jean - mardi 22 mai 2007

kouchner, legislatives
Tout au long de la campagne présidentielle, Nicolas Sarkozy stigmatisa Mai 68, dont il promit de « liquider » l’héritage. Et voilà qu’il confie un ministère « régalien », celui des Affaires étrangères, à Bernard Kouchner, l’une des personnalités politiques symbolisant l’esprit soixante-huitard. Hubert Védrine venait de refuser le poste. L’entourage de Sarkozy lui avait déconseillé de le lui offrir, le jugeant trop peu malléable.

La nomination de ce prince de l’humanitaire très populaire qu’est Kouchner vise à ratisser l’électorat de Bayrou aux prochaines législatives. Kouchner a rejoint Sarkozy après avoir prôné l’alliance du PS avec le leader centriste, montrant que la troisième voie préconisée par ce dernier est une impasse. Mais sa nomination à la tête du quai d’Orsay pourrait déboussoler certains électeurs de droite.

Son atlantisme, sa bienveillance vis-à-vis d’Israël et son droit-del’hommisme le rapprochent de Sarkozy. En outre, les deux hommes entretiennent de bons rapports depuis longtemps. Mais le passé de Kouchner est idéologiquement chargé. Il commença par militer au Parti communiste, au début des années soixante, prenant la direction de l’Union des Étudiants Communistes. En mai 1968, il se jeta à corps perdu dans la « révolution », aux côtés des trublions d’extrême gauche : Cohn-Bendit, Krivine… Plus tard, au cours des années Mitterrand, il s’installa sous les lambris dorés des Palais nationaux : il fut plusieurs fois secrétaire d’État ou ministre, devenant l’une des figures marquantes de la gauche caviar.

Autre épisode significatif de la vie de Kouchner : son passage au Kosovo, qu’il administra en tant que Haut représentant de l’ONU, de juillet 1999 à janvier 2001, dans le cadre de la résolution 1244 du Conseil de sécurité qui autorisait l’établissement d’une autorité « administrative internationale civile ». Il favorisa la communauté albanophone de cette province serbe, faisant de facto le jeu de l’intégrisme islamiste dans les Balkans.

Védrine explique qu’il a décliné l’offre qui lui était faite parce que Sarkozy ne veut pas d’un ministère des Affaires étrangères fort, afin de le piloter de l’Élysée. Les conceptions de Védrine, très pro-arabes, l’auraient dressé contre le président. Il n’est pas certain que Kouchner, quoique réputé plus souple, reste très longtemps dans ce gouvernement, où son tiers-mondisme et son culte de l’action onusienne pourraient le mettre en porte-à-faux. Sa présence est surtout requise jusqu’aux législatives…

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