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Bon anniversaire l'Euro |
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Trémeau Bernard - mercredi 10 janvier 2007
euro, europe
Le 1er janvier, l’euro a eu 5 ans et un dix-septième État, la Slovénie, entre dans la zone euro. Tandis que des feux d’artifice, des discours politiques ronflants et de grandes manifestations populaires marquent l’entrée de la Slovénie dans l’euro-club, un silence pesant marque l’anniversaire de l’euro à Paris. Cette fantastique, cette incroyable union monétaire, que bien des spécialistes croyaient non viable, ne fait plus recette politiquement en France.
Or l’euro est devenu une monnaie de première qualité. Une monnaie qui est même en train de coiffer au poteau le dollar. De nombreuses banques centrales asiatiques vendent leurs dollars et mettent des euros à la place dans leurs réserves.
Du temps où le franc et le mark existaient, les responsables politiques français regardaient avec envie le mark qui se dévaluait peu, alors qu’ils avaient honte du franc qui perdait rapidement de sa valeur. Mais maintenant qu’un euro solide a pris la place du faible franc, ils ne sont pas contents. Ils se lamentent. Ils accusent l’euro fort de rendre les entreprises françaises non compétitives et de plonger la France dans le chômage. L’euro est devenu pour eux un ennemi qu’il faut combattre. (Il faut cependant noter que malgré l’euro fort, les entreprises allemandes sont parfaitement compétitives et le chômage régresse rapidement en Allemagne).
Ce n’est donc pas l’euro qui est le coupable. Mais on comprend qu’on ne fête pas l’anniversaire d’un méchant, accusé de tous les maux, dont on est soi-même responsable…
Les Français de leur côté n’ont pas une folle sympathie pour l’euro. Ils sont, petit à petit, devenus des déçus de l’euro.
Leurs responsables politiques leur avaient dit qu’avec l’euro, l’économie européenne repartirait, le chômage disparaîtrait et l’Europe rattraperait même les USA. Cinq ans plus tard, l’économie européenne piétine, le chômage ne régresse pas et l’économie des États-Unis progresse deux fois plus rapidement que l’économie européenne.
De plus, depuis que l’euro existe, les Français ont cru qu’il était astucieux de travailler 35 heures payées comme 39. Ils ont donc 11 % de richesses en moins à se partager. Depuis 5 ans leur niveau de vie n’a pratiquement pas augmenté, le chômage n’a pas régressé et il est de plus en plus difficile de trouver un emploi quand on est jeune. Bien des Français ont même actuellement la douloureuse impression que le niveau de vie de leurs enfants sera inférieur au leur. Tout un courant de pensée accuse l’euro d’être responsable de cette régression : la « concurrence sauvage » et « l’ultra-libéralisme » que la monnaie commune engendre sont les coupables désignés.
Enfin, avant l’euro, quand une politique inflationniste était menée, rapidement les spéculateurs indiquaient aux responsables du franc qu’il fallait cesser ou dévaluer. Ce système contraignait d’abord les responsables français à mener une politique pas trop inflationniste. La dévaluation était en effet jugée par l’opinion publique comme un échec. Ce système permettait ensuite de dévaluer, c’est-à-dire de rendre nos entreprises à nouveau compétitives et de réduire le chômage.
Avec l’euro, la spéculation contre le franc n’est plus possible. Les gouvernements français en profitent pour ne pas mettre en place des réformes difficiles à accepter, mais nécessaires pour redonner de la vigueur à notre économie. L’euro est en partie responsable de l’immobilisme de nos dirigeants. De plus, à moins de sortir de l’euro, la dévaluation n’est plus possible. Nous achetons les produits étrangers moins coûteux que les produits français. Notre balance commerciale se creuse. Et nos entreprises sont de moins en moins compétitives. Les investissements se font de plus en plus en dehors de la France. Le chômage progresse.
L’euro apparaît ainsi comme une machinerie dangereuse. Elle pousse nos dirigeants à ne pas faire les réformes indispensables. Elle retire à nos gouvernements la dévaluation, c’est-à-dire une arme efficace contre le chômage. Les Français rendent enfin l’euro responsable de leurs difficultés économiques.
Il ne faut pas changer de monnaie. Il faut changer nos dirigeants.
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Violence
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chiffres significatifs
Nucléaire
Les moyens financiers dévolus au nucléaire militaire français représentent 3 milliards d’euros en investissements chaque année.
Euro
Selon un sondage Sofres-Le Pèlerin, 52 % des Français pensent que l’euro est une « mauvaise chose », 94 % qu’il a aggravé la hausse des prix. 58 % des Allemands reviendraient au Deutsche Mark, s’ils pouvaient choisir.
Gaz
La Biélorussie, dernier État ex-soviétique à bénéficier du gaz russe au tarif préférentiel de 46 dollars les 1 000 mètres cubes, le paiera désormais 100 dollars. Mais elle reste avantagée : les autres le paient 230 dollars.
Irak
Plus de 1,8 millions d’Irakiens ont émigré, pour fuir leur pays, depuis 2003.
Vidéosurveillance
Placé sous surveillance vidéo permanente depuis 6 ans, le quartier des affaires de Johannesburg a vu sa criminalité réduite de 80 %.
Rendement
La valeur des parts du fonds commun de placement (FCP) “Greater China”, géré par la Crédit Agricole, a augmenté de 50,46 % en 2006 (+103,25 sur les 3 dernières années). Le fonds “HSBC GIF Indian Equity A” n’a gagné que 25,97 % en 2006, mais 1 535,75 % depuis 10 ans…
Foie gras
En 20 ans, les ventes de foie gras ont plus que doublé. La France en fabrique 90 %. Elle en consomme 21 700 tonnes. |
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