Rouxel Jean - mardi 04 octobre 2011
Samedi 1er octobre, le socialiste Jean-Pierre Bel a été logiquement élu à la présidence du Sénat – où la gauche a gagné la majorité absolue lors des élections du 25 septembre dernier.
On notera, au passage, que le candidat socialiste a obtenu plus de voix (179) que le sénat ne compte de sénateurs de gauche (177), alors même que 5 bulletins (probablement venant de la droite) sont blancs ou nuls, et que la centriste Valérie Létard a obtenu 29 voix.
Autrement dit, une nouvelle fois, nous constatons que, malgré les incantations, la droite est incapable de s’unir au moment des élections, au contraire de la gauche.
Mais revenons un moment sur la candidature Létard.
La première chose qui saute aux yeux, c’est que Valérie Létard remercie bien mal la majorité. Alors qu’elle ne pèse pas grand-chose au plan électoral, elle a obtenu un strapontin gouvernemental. Elle a même été désignée comme tête de liste aux dernières régionales, alors qu’elle ne cesse de dire tout le bien qu’elle pense des socialistes. Et, pour ces sénatoriales, son élection a été assurée par l’UMP – à la demande insistante, dit-on, de Gérard Larcher. Le moins que l’on puisse dire, c’est que Mme Létard n’a pas la gratitude facile !
La raison de sa candidature au plateau (en dehors du clin d’œil appuyé à la nouvelle majorité sénatoriale, que tout le monde aura compris) a été ainsi présentée par Mme Létard elle-même : « Porter le message que la vie politique n’est pas bipolaire ».
Or, de toute évidence, aux élections, la vie politique est bel et bien bipolaire. On peut le regretter. On peut préférer le suffrage proportionnel au majoritaire. Mais, on ne peut pas faire comme si, au moment décisif, il n’y avait pas un bloc de gauche contre un bloc de droite. Entre lesquels les centristes sont obligés de choisir.
D’ailleurs, Mme Létard, bien que faisant mine de ne pas choisir, a clairement choisi : elle a fait élire Bel dès le premier tour.
Ironie de l’histoire : au même moment, Jean-Louis Borloo, mentor de Valérie Létard, jetait l’éponge pour les élections présidentielles de 2012, avec ce message : « La dynamique des centres n’est pas suffisante pour être présente au deuxième tour de la présidentielle. »
C’est l’évidence même. Espérons que les autres centristes le comprendront aussi bien que Jean-Louis Borloo. On peut certes avoir des affinités idéologiques démocrates-chrétiennes ou radicales, mais, au moment du vote, la seule question qui compte réellement est : êtes-vous de gauche ou de droite ?
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