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Brice Hortefeux et les bien-pensants


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Menou Pierre - lundi 23 août 2010

violences

Les exaspérations des journalistes du Monde sont parfois plaisantes à lire. Ainsi en est-il des quelques lignes de présentation qui précèdent l'entretien avec Brice Hortefeux, publié dans le numéro du 22 août :

« Son plaidoyer, écrivent nos confrères, sonne comme une réponse à un récent éditorial du Monde (daté 18 août) et aux indignations et mises en garde qui montent dans la presse étrangère, à la Commission européenne et au sein même de la droite française. »

Quelle est cette « presse étrangère », qui accuse le gouvernement français de racisme et de xénophobie ? La presse algérienne, par exemple, aux réactions de laquelle Le Monde a récemment consacré un article, dans lequel il rapporte notamment les émois d'un digne enseignant de la faculté des sciences politiques et de l'information d'Alger, qui affirme qu' « une digue républicaine s'est rompue » en France.

« Heureusement qu'il reste l'Algérie de Bouteflika pour donner au monde affolé l'image d'une vraie démocratie », ironise l'hebdomadaire Minute dans sa livraison du 18 août.

La Commission européenne, quant à elle, peut bien se montrer chagrine des propos tenus à Grenoble par Nicolas Sarkozy, qui s'inscrivent en effet à contre-sens de ses beaux projets, qui prévoient de combler nos vides démographiques par un recours massif à l'immigration.

Pour mémoire, l'ONU, qui a elle aussi condamné les déclarations du président français, estimait dans un pré-rapport publié dans les années 90 que l'Europe aurait besoin de 159 millions d'immigrés supplémentaires d'ici 2025 et la France de 760 000 nouveaux entrants par an...

Le contenu des propos de Brice Hortefeux est bien de nature à énerver les rédacteurs du Monde, tant sur la forme que sur le fond :

« Je vous invite à ne pas confondre le petit milieu politico-médiatique parisien et la réalité de la société française ! », répond le ministre lorsque les journalistes lui demandent si la montée des protestations contre sa politique sécuritaire ne le gêne pas. « La sécurité est l'un des tout premiers droits, poursuit-il. Ceux qui le nient ne sont généralement pas les moins privilégiés. Vous êtes aveuglés par le sentiment dominant des soi-disant bien-pensants, qui, en se gargarisant de leur pensée, renoncent à agir. »

Voilà un discours auquel on applaudit volontiers.

Intifada à la française

La phrase qui suit, hélas, est moins convaincante : « La réalité, dit Brice Hortefeux, c'est que l'action engagée sous l'autorité du président de la République rassemble les Français. »

C'est là que le bât blesse. Car pour l'instant, Nicolas Sarkozy s'en est tenu à des propos ; quant à l'action, on attend d'en voir un peu plus.

« La société bouge, la délinquance évolue », affirme Brice Hortefeux. Mais voilà beau temps que la société bouge et l'évolution de la délinquance se poursuit sur sa lancée, celle de l'échec de l'immigration de masse à laquelle les gouvernements de droite comme de gauche ont souscrit. Pour l'instant, la réponse gouvernementale vise essentiellement les Roms ; c'est viser à côté de la cible principale.

Certes, ces derniers peuvent poser des problèmes et alimenter le sentiment d'insécurité ; mais il s'agit de criminalité, pas de menaces comme en font peser sur la paix civile les voyous des quartiers sensibles et des zones de non-droit. Aussi graves que soient les événements de Mont-Saint-Aignan, qui montrent que l'autorité de l'Etat est partout mise à mal, ils n'ont pas le même caractère de gravité que les émeutes de La Villeneuve, que l'on a pu comparer à l'intifada – une intifada à la française...

Les journalistes du Monde n'ont pas tort de remarquer : « Le « courage des mots », vous le mettez en avant depuis huit ans, depuis que Nicolas Sarkozy a déclaré « la guerre aux voyous ». Mais les « zones de non-droit » existent toujours... »

« Nicolas Sarkozy a rompu avec le temps des renoncements », répond Brice Hortefeux. Depuis quand ? Depuis ce mois d'août ? A la bonne heure ! Mais pour en avoir le coeur net, attendons, puisque le ministre de l'Intérieur affirme avoir « le courage des mots, l'obstination de l'action et l'obligation de résultat », que ces résultats soient au rendez-vous.


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