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Bulgarie, Turquie et Union européenne |
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Courrier - jeudi 18 mars 2010
turquie
Il s’est passé en Bulgarie en juin 1989, dans l’indifférence la plus totale, une petite révolution silencieuse qui a réglé un problème durant depuis un siècle. Ce problème a été résolu grâce à la volonté de la Bulgarie d’intégrer l’Union européenne en tant que nation et peuple occidental de culture chrétienne.
La Bulgarie, devenue indépendante en 1848 sur les décombres de l’empire turc, a hérité d’une importante minorité musulmane composée – ce qui n’est pas sans importance – soit d’anciens colons turcs, soit de Bulgares d’origine slave et européenne islamisés et convertis par l’occupant turc.
L’islam bulgare était très divisé : on y retrouvait la césure entre les sunnites chez les élites et les chiites chez les paysans et les marchands et des sectes soufis, à la fois sunnites et chiites dont les sectes turques (sectateurs de Mevlana et derviches).
Cette minorité n’a jamais voulu s’assimiler à la nation bulgare, de religion orthodoxe, et fut source de troubles qui aboutirent à l’expulsion d’environ un million de Bulgares musulmans, en juin 1989, vers la Turquie qui les a accueillis en leur donnant tout de suite la nationalité turque et un passeport turc.
Il faut reconnaître que cette population a été indemnisée par le gouvernement bulgare mais nous en ignorons les modalités et aucune récrimination n’a été opposée par le gouvernement turc au gouvernement bulgare.
Ce déplacement de population s’est fait dans l’indifférence de l’ensemble des nations, bien qu’il ait été largement financé par l’Union européenne pour une fois bien inspirée.
Quelles n’auraient pas été les protestations si l’État d’Israël avait fait de même en déplaçant en Cisjordanie les Palestiniens de la bande de Gaza !
Les Bulgares ont insisté sur le fait qu’il s’agissait d’expulser, non pas une minorité ethnique, mais une minorité religieuse intolérante et refusant toute assimilation. Il y avait en effet à la fois des Bulgares d’origine ethnique turque, mais aussi des Bulgares slaves islamisés, blonds aux yeux bleus, mais professant un islam intolérant.
Ainsi, le million de Bulgares déplacés et immédiatement accueillis en Turquie étaient non pas des réfugiés ethniques, mais des réfugiés religieux.
Une grande partie des Bulgares musulmans est restée en Bulgarie, en adoptant un islam « apaisé » et tolérant. Mais jusqu‘à quand ?
Je me demande si les Bulgares accepteraient si facilement l’entrée de la Turquie dans l’Europe, avec le risque de revoir revenir le million de réfugiés de 1989 – devenu dorénavant deux millions ou trois millions par la démographie.
À ce propos, il faudrait que la Turquie nous explique à quoi correspondent les treize étoiles qui se trouvent sur le deuxième drapeau turc (celui des forces armées, que l’on ne montre jamais aux étrangers). En accord avec la doctrine du pantouranisme, doctrine officielle du parti de M. Erdogan, elles correspondent aux treize pays reconnus par la Turquie comme faisant partie de la mère patrie : l’Ouzbékistan, le Tadjikistan, le Kirghizstan, l’Azerbaïdjan, le Kazhakstan, l’Albanie, le Kosovo, l’Afghanistan…
Les ressortissants de ces pays, dont on ne saurait dire qu’ils soient particulièrement paisibles, ou qu’ils pratiquent un Islam tolérant et sympathique (y compris en Chine où ils sont très remuants !), bénéficieront ainsi du droit au retour du passeport turc, donc européen, s’ils en font la demande ! C’est l’équivalent du droit au retour pour les Israélites du monde entier qui acquière automatiquement la nationalité israélienne lorsqu’ils immigrent en Israël
En définitive, ce n’est pas une Turquie de 70 millions d’habitants, largement arriérés, qui intégrera l’Europe, mais bien 150 millions de citoyens musulmans, parfois chômeurs, toujours agressifs pour les dhimmis, habitués à l’économie souterraine, qui réclameront leurs droits de citoyens européens ! Le problème démographique va devenir crucial en Europe dans les années à venir. Si la Turquie intègre l’UE, elle sera majoritaire au parlement. N’est-ce pas suicidaire ?
NB: Pour la petite histoire, lors de mon dernier séjour à Istanbul, des hordes de loups se trouvaient à quelques kilomètres de la ville, menaçantes et affamées. Ne serait-ce pas là la raison de l’engouement des écologistes pour l’entrée de ce pays aux mœurs raffinées et à l’économie saine dans l’UE !…
Charles Martin
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