Lance Pierre - dimanche 26 juin 2005
Selon un article de la revue “Commentary”, diffusé par le site israélite “Migdal” le 9 juin 2005, le gouvernement de George W. Bush préparerait une attaque de l’Iran, similaire à celle qu’il effectua contre l’Irak. Le prétexte serait encore un présumé plan iranien d’AMD (armes de destruction massive), mais avec cette fois plus de vraisemblance. La “feuille de route” de ce nouveau projet guerrier aurait été activée après le rejet par les Français et les Hollandais de la Constitution européenne. Voici un extrait de cet article : “L’homme qui dirige la planification de la guerre contre l’Iran est le secrétaire d’État à la Défense, Donald Rumsfeld, et dans une quasi-répétition du premier mandat de George W. Bush, il a œuvré à la construction d’une coalition pour la guerre en excluant la secrétaire d’État, Condoleezza Rice. Il n’y a pas encore de disputes entre eux, comme il y en eut beaucoup entre Rumsfeld et le secrétaire d’État du premier mandat de Bush, Colin Powell, mais les choses pourraient en venir là si la fièvre de la guerre monte. Selon nos services de renseignements, le plan pour attaquer l’Iran prendra de la vitesse après certains débats cruciaux au Congrès en juillet. L’idée de fond est d’y aller avec une autre «coalition des volontaires» contre l’Iran, nombreuse lors de la première, moins lors de la seconde guerre du Golfe, avec une OTAN conduite par les Britanniques comme élément clé de la coalition. De sources diplomatiques, on dit que puisque la constitution de l’Union Européenne a été rejetée par la France et la Hollande, Rumsfeld a planifié de diviser l’OTAN pour la guerre contre l’Iran, et il y réussira. L’OTAN dirigé par les Britanniques n’inclura pas l’Allemagne, et comprendra des États généralement pro USA comme l’Espagne, la Pologne, la Roumanie, le Portugal et la République tchèque. Avec l’exclusion de l’Allemagne, la France ne sera pas en mesure – ou moins qu’auparavant – de mettre des bâtons dans les roues à la préparation de la guerre. Avec l’Union Européenne chancelante, et l’Euro assommé sur les marchés, la résistance française sera faible pour contrer une deuxième guerre au Moyen-Orient en deux ans.”
Un tel scénario est-il crédible ? Avec l’équipe de “va-t-en-guerre” qui entoure “Deubleiou”, tout est possible. Et il ne fait pas de doute que l’actuelle grave crise européenne provoquée par les électeurs français qui ont voté “non” au référendum (Merci bien Messieurs Dames !) et la perte de l’influence française qui en résulte, l’occasion est belle pour les faucons de Washington de lancer une nouvelle opération au Moyen-Orient. En prélude, on notera que Bush a déclaré que les élections iraniennes ne respectaient pas les règles démocratiques et les opposants iraniens réfugiés en Occident avaient donné une consigne de boycott. Il n’en reste pas moins qu’on ne peut pas comparer le régime iranien à celui de Saddam Hussein. Si critiquable qu’il soit à maints égards, le régime iranien n’en a pas moins aligné plusieurs candidats à l’élection présidentielle et la participation des électeurs a été très importante (62%). Néanmoins, un deuxième tour de scrutin sera nécessaire, car le favori, l’ancien président Rafsandjani, qui fut au pouvoir de 1989 à 1997, et qui s’est présenté comme un rempart contre les extrémistes et comme garant du progrès économique et de la détente avec les États-Unis, a obtenu 21,10 % des voix, talonné par l’islamiste intransigeant Ahmadinejab qui en a eu 19,25%, ce qui a fait soupçonner un truquage des votes par des groupes islamistes et les “Gardiens de la Révolution” et soulevé les protestations du troisième candidat, M. Karoubi, religieux modéré, obtenant 17,46% des voix. Le grand perdant est le réformateur Mostafa Moïn (5e avec 13,68 % des voix). Si une intervention en Iran est au programme à Washington, il va sans dire que le résultat final de ces élections pourra être déterminant. Si Rafsandjani est élu et entame aussitôt un rapprochement avec les États-Unis, il sera plus difficile à George Bush de se lancer dans une agression qui semblerait tout à fait injustifiée à l’opinion internationale, et même à l’opinion américaine. En revanche, si c’est l’islamiste radical Ahmadinejab qui est élu, l’hypothèse d’une nouvelle guerre serait à envisager sérieusement. De sorte que si les extrémistes religieux iraniens truquaient le second tour pour qu’Ahmadinejab soit élu, ils feraient peut-être le jeu de Bush, leur grand ennemi. La politique mondiale, ce serait amusant si ça ne faisait pas tant de morts.
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